Ce prix à la pompe que les automobilistes français ne reverront pas avant longtemps selon un économiste

Le diesel repasse sous les 2 €/l, l’essence suit le mouvement, et les automobilistes commencent à souffler. On pourrait presque y croire : le retour du plein à prix humain. Sauf qu’un éditorialiste économie vient de doucher les espoirs les plus optimistes avec un chiffre très précis — et il ne plaira pas à tout le monde.
Pourquoi les prix à la pompe baissent enfin en France
Pour comprendre la tendance, il faut regarder du côté de la géopolitique. Les négociations entre l’Iran et les États-Unis laissent entrevoir un possible accord de paix. Ce rapprochement diplomatique a un effet direct sur les cours du pétrole brut, qui tirent mécaniquement les tarifs des carburants vers le bas.
Résultat concret : selon les données du ministère de la Transition écologique, le diesel s’affiche désormais à 1,9953 €/l en moyenne dans l’Hexagone. C’est une baisse de 1,9 centime sur une semaine. Le symbole est fort : on repasse enfin sous la barre psychologique des 2 euros.
Côté essence, même dynamique. Le SP95-E10 se négocie à 1,9478 €/l, en recul d’un centime tout rond. Le SP95 classique suit le diesel sous les 2 €/l, à 1,9931 €/l. Des chiffres qui n’avaient pas été vus depuis des mois, et qui soulagent les grands rouleurs comme les trajets du quotidien.
Seul le SP98 résiste encore au-dessus du seuil symbolique, à 2,0335 €/l. Mais là aussi, la courbe pointe vers le bas. Le rapprochement inattendu entre Washington et Téhéran change la donne sur les marchés pétroliers. Reste une question : jusqu’où cette baisse peut-elle aller ?
La prédiction de Nicolas Doze : un plancher à 1,80 €/l pour commencer
Nicolas Doze, éditorialiste économie sur LCI, s’est mouillé publiquement sur le sujet. Sa prévision est limpide : oubliez le retour du carburant à 1,50 €/l. Ce n’est pas pour demain, ni pour après-demain.
Son pronostic tient en deux paliers. D’abord, un plancher autour de 1,80 €/l qui devrait devenir « la norme des semaines qui viennent ». Ensuite, dans un second temps, une descente possible vers 1,70 €/l — mais pas avant plusieurs mois.
Pourquoi cette lenteur ? L’économiste l’explique par la mécanique même du marché pétrolier. Il faut que le trafic mondial revienne à la normale, que les États reconstituent leurs réserves stratégiques, et que l’offre retrouve son niveau d’avant-guerre. Tout cela prend du temps.
En clair, la baisse est réelle mais elle sera progressive. Pas de chute spectaculaire, pas de cadeau soudain à la pompe. Les automobilistes qui espéraient retrouver les tarifs d’avant-crise vont devoir ronger leur frein encore un moment. Et ceux qui font des kilomètres chaque jour le savent : même 10 centimes de différence, sur un plein, ça compte.

Le vrai chiffre qui fâche : ce que votre plein coûtera cet été
Entre les taxes et les marges de distribution, le prix affiché à la pompe ne reflète qu’une partie de l’équation. Même avec un baril en baisse, la fiscalité française représente environ 60 % du prix final d’un litre de carburant. Ce ratio, lui, ne bouge pas.
Concrètement, si la prédiction de Nicolas Doze se confirme, un plein de 50 litres de diesel coûtera environ 90 euros cet été. C’est mieux que les 100 euros d’il y a quelques semaines, mais loin des 75 euros que les Français ont connus il y a quelques années. L’écart reste douloureux pour les budgets serrés.
Et puis il y a l’effet psychologique. Quand on a vu le diesel frôler les 2,10 €/l, un prix à 1,80 €/l semble presque acceptable. C’est le piège : on finit par normaliser des tarifs qui auraient semblé aberrants il y a trois ans. Le seuil de tolérance des automobilistes s’est décalé vers le haut, et ça, les pétroliers le savent très bien.
La bonne nouvelle, c’est que la tendance reste baissière. La mauvaise, c’est que le plancher annoncé par l’économiste — 1,70 €/l dans le meilleur des cas — reste 20 centimes au-dessus de ce que beaucoup espéraient.
Bref, les prix baissent, mais pas assez vite et pas assez bas pour qu’on puisse vraiment parler de soulagement. Le plein à prix doux, c’est un souvenir qu’on n’est pas près de retrouver. Et vous, à partir de quel prix au litre vous considérez que c’est redevenu « normal » ?