Aide « grands rouleurs » : les premiers virements de 100 € sont tombés, mais 2 millions de Français n’ont toujours rien demandé
Le gouvernement avait promis 100 euros aux travailleurs qui avalent des kilomètres chaque jour pour aller bosser. Les premiers virements sont arrivés ce mercredi sur les comptes bancaires. Mais sur les trois millions de Français potentiellement éligibles, à peine un sur trois a fait la démarche.
667 832 dossiers déjà payés, et vous ?
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon Capital, près de 900 000 demandes ont été enregistrées par l’administration depuis l’ouverture du formulaire. Sur ce total, 667 832 ont déjà été mises au paiement.

Ça veut dire quoi concrètement ? Que si vous avez rempli le formulaire dans les premiers jours, l’argent est peut-être déjà sur votre compte. En revanche, Bercy prévient : comptez « environ 10 jours après la demande » pour recevoir le virement.
Le problème, c’est que deux millions de personnes éligibles n’ont toujours pas bougé. L’aide ne tombe pas automatiquement — il faut en faire la demande. Et personne ne viendra frapper à votre porte pour vous le rappeler.
Comment toucher ces 100 euros (en deux étapes)
La procédure passe par le site gouvernemental dédié. Première étape : vérifier son éligibilité en renseignant ses informations personnelles. Deuxième étape : valider sa demande pour déclencher le versement.
L’indemnité forfaitaire de 100 euros équivaut à environ 20 centimes par litre pendant six mois. Ce n’est pas une fortune, mais sur un budget carburant qui a explosé ces derniers mois, ça représente un plein et demi offert.

Attention, les conditions sont cumulatives. Il faut remplir des critères de résidence, d’âge, d’activité professionnelle, de ressources et surtout d’usage régulier du véhicule. Si vous faites du télétravail cinq jours sur cinq, ce n’est probablement pas pour vous.
Et pour ceux qui se demandent : oui, le gouvernement maintient l’aide même si les prix à la pompe commencent à baisser. Sébastien Lecornu l’a confirmé en début de semaine. Mais justement, pourquoi cette baisse arrive-t-elle maintenant ?
Le détroit d’Ormuz, la clé de tout
Pour comprendre le prix de votre plein, il faut regarder une carte. Le détroit d’Ormuz, entre l’Iran et Oman, voit transiter près de 20 % du pétrole mondial. Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, ce passage stratégique était partiellement bloqué.
Résultat : les prix à la pompe en France — et dans le monde entier — se sont envolés. Le gazole a frôlé des sommets qui ont poussé certains Français à traverser la frontière espagnole pour faire le plein. Pendant ce temps, TotalEnergies affichait des bénéfices records.
Mais un accord entre les États-Unis et l’Iran se profile à l’approche du week-end. Et les marchés ont déjà commencé à réagir. Le prix du baril n’a jamais été aussi bas depuis mars dernier.
La baisse à la pompe : ne sortez pas le champagne
Jacques Percebois, professeur émérite d’économie à la faculté de Montpellier, tempère l’enthousiasme. « Le prix du brut avait déjà baissé, parce qu’il y avait déjà l’espoir d’un accord », explique-t-il. Mais les marchés restent prudents, « échaudés par les variations de déclarations, notamment celle de Donald Trump ».

Concrètement, la baisse que vous verrez à la pompe dépendra d’un facteur précis : la vitesse à laquelle les distributeurs écouleront leurs stocks achetés au prix fort. Tant qu’ils n’ont pas vidé ces réserves, ne comptez pas sur un miracle.
Le scénario le plus probable ? Un retour progressif vers un baril à 70 dollars. Mais « pas avant plusieurs mois », prévient le professeur. Et si l’offre mondiale augmente rapidement grâce à la réouverture du détroit, on pourrait même passer en dessous de ce seuil.
En attendant, la détente géopolitique devrait quand même faire baisser les prix de 5 à 10 centimes par litre dans les prochains jours. Combiné avec l’aide de 100 euros, ça commence à faire un petit bol d’air. Petit — mais bienvenu.
Pourquoi il faut faire la demande maintenant
Avec un délai de traitement de 10 jours et un afflux de demandes qui continue de monter, les retardataires risquent d’attendre plusieurs semaines. Plus vous tardez, plus la file s’allonge devant vous.
Et surtout, rien ne garantit que cette aide sera prolongée. L’État a rappelé qu’il n’avait « plus de marges » budgétaires. Si les prix continuent de baisser grâce à l’accord iranien, le gouvernement aura un argument tout trouvé pour ne pas renouveler le dispositif.
Depuis le début de la crise, les automobilistes français ont encaissé des hausses successives qui ont pesé lourd sur le budget des ménages. Alors ces 100 euros, même si ça ne résout pas tout, mieux vaut les prendre que les laisser filer. Surtout quand il suffit de deux clics.