Cessez-le-feu avec l’Iran : le prix du carburant va baisser de 5 à 10 centimes en quelques jours
Après 39 jours d’un conflit qui a fait flamber les prix à la pompe, le cessez-le-feu annoncé entre les États-Unis et l’Iran rebat les cartes. Le baril de pétrole a plongé de près de 15 % en quelques heures, et les professionnels du secteur promettent une répercussion rapide. Voici ce que ça change concrètement pour votre portefeuille.
Le détroit d’Ormuz rouvert, le baril sous les 100 dollars

L’accord trouvé entre Washington et Téhéran prévoit un cessez-le-feu de deux semaines, en échange de la réouverture du détroit d’Ormuz. Ce passage maritime stratégique, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, avait été bloqué pendant le conflit, provoquant une envolée historique du prix du diesel et de l’essence.
Dans la foulée de cette annonce, les cours du WTI et du Brent ont dégringolé de près de 15 %. Les deux références mondiales sont retombées sous la barre symbolique des 100 dollars le baril. Un seuil qui n’avait plus été atteint à la baisse depuis le début des hostilités entre les États-Unis et l’Iran.
Les pétroliers annoncent une baisse « dans les jours qui viennent »
Olivier Gantois, président de l’Union française des industries pétrolières (UFIP), n’a pas tardé à réagir. Invité sur France info, il a estimé que si le baril se stabilise autour de 93 à 95 dollars, les prix à la pompe en France baisseront de « 5 à 10 centimes par litre dans les prochains jours ».
C’est un soulagement attendu par des millions d’automobilistes. Depuis le 27 février, veille des premières frappes israélo-américaines sur l’Iran, le gazole a bondi de 65 centimes par litre. Le SP95-E10, l’essence la plus consommée, a lui grimpé de 30 centimes. Autant dire que chaque centime en moins compte.
Les distributeurs promettent des « premiers mouvements » sous 48 heures

Du côté de la grande distribution, même son de cloche. Dominique Schelcher, patron de Coopérative U, a confirmé sur TF1 que les baisses seraient « assez rapides ». Il évoque un délai de 48 heures pour les premiers mouvements visibles en station. Une réactivité bienvenue quand on sait que plus de 1 000 stations étaient récemment à sec en France.
À lire aussi
Rappelons que les enseignes comme Leclerc avaient déjà tenté de baisser les prix de 30 centimes ces dernières semaines, avec des résultats mitigés. Cette fois, c’est le marché mondial qui joue en faveur des consommateurs.
Les prix actuels : un gazole à 2,37 € et un SP95-E10 à 2,02 €
Ce mercredi, selon un calcul de l’AFP basé sur les prix remontés par les stations-service, le gazole se vend en moyenne à 2,375 euros le litre en France. Le SP95-E10 est affiché à 2,021 euros le litre. Des tarifs qui restent bien au-dessus de ce qu’on payait avant le conflit, mais qui pourraient donc reculer dès ce week-end.
Pour ceux qui cherchent à économiser à la pompe, la fenêtre pourrait s’ouvrir rapidement. Avec une baisse de 5 à 10 centimes, un plein de 50 litres coûterait entre 2,50 € et 5 € de moins. Pas négligeable quand les factures s’accumulent.
Prudence malgré tout : les infrastructures pétrolières sont endommagées

Dominique Schelcher tempère cependant l’enthousiasme. Si les annonces nocturnes sont « un soulagement », il rappelle que de nombreuses infrastructures pétrolières ont été endommagées au Moyen-Orient durant le conflit. Raffineries touchées, pipelines fragilisés : la capacité de production n’est pas revenue à la normale.
« Il faut voir comment le marché va se stabiliser. Nous ne faisons que répercuter les prix du marché », a-t-il précisé. En clair, si les tensions reprennent ou si le cessez-le-feu ne tient pas au-delà des deux semaines prévues, les prix pourraient repartir à la hausse. L’AIE avait d’ailleurs prévenu qu’avril serait un mois critique pour l’approvisionnement en gazole.
À lire aussi
Un appel aux pétroliers pour qu’ils « aident les Français »
Le patron de Coopérative U a par ailleurs renouvelé un appel que beaucoup de Français partagent. Il demande aux pétroliers de rogner sur leurs marges pour accélérer la baisse. « Qu’on puisse tous aider les Français », a-t-il lancé, rappelant que la grande distribution, elle, fonctionne déjà avec des marges très faibles sur le carburant.
Un message qui fait écho aux pressions exercées sur le gouvernement ces dernières semaines. Sébastien Lecornu avait promis des aides ciblées pour les automobilistes les plus touchés, notamment les grands rouleurs. Mais pour l’instant, c’est bien le cessez-le-feu qui apporte le premier vrai répit.
Ce qu’il faut retenir
Le baril est passé sous les 100 dollars, les distributeurs et pétroliers promettent une baisse de 5 à 10 centimes par litre sous quelques jours, et les premiers effets pourraient se faire sentir en station dès 48 heures. Mais la prudence reste de mise : le cessez-le-feu n’est prévu que pour deux semaines, et les dégâts sur les infrastructures pétrolières du Moyen-Orient pourraient limiter la chute des prix.
En attendant, si vous avez repoussé votre plein, c’est peut-être le moment de surveiller les tarifs près de chez vous. Et si vous cherchez des alternatives pour alléger la facture sur le long terme, le bioéthanol E85 séduit de plus en plus de Français. À suivre de très près.