« Ce n’est pas moi, c’est la Tesla ! » : flashé à 103 km/h, ce conducteur invoque l’Autopilot devant les policiers

Un excès de vitesse, une voiture connectée, et une défense qu’aucun policier n’avait entendue de cette façon. Dans le Colorado, un automobiliste au volant d’une Tesla a tenté de rejeter la faute sur son véhicule après avoir été flashé bien au-dessus de la limite autorisée.
Sa phrase, presque désarmante de sincérité, a pourtant valu à son auteur une remise à l’ordre cinglante — et un rappel salutaire sur ce que l’Autopilot peut vraiment faire, ou pas.
Un contrôle routier qui tourne à l’absurde
Tout commence sur une route limitée à 45 mph, soit environ 72 km/h. Les forces de l’ordre repèrent une Tesla filant bien plus vite que la moyenne du trafic et décident de l’intercepter. Le radar affiche 64 mph, l’équivalent de 103 km/h : plus de 30 km/h au-dessus de la limite légale, un écart suffisant pour justifier une sanction sérieuse.
Face aux policiers, le conducteur ne nie pas la vitesse. Il change simplement de coupable. Selon lui, le mode Autopilot était activé au moment du contrôle, ce qui reviendrait, dans sa logique, à décharger sa propre responsabilité.
Une défense qui rappelle à quel point la confusion autour des aides à la conduite peut s’installer, même chez des propriétaires expérimentés.
On retrouve d’ailleurs ce type de malentendu technologique dans d’autres secteurs, à l’image de cette expérience où une utilisatrice a confié son agenda à une intelligence artificielle avant de réaliser que la machine ne remplace jamais totalement le jugement humain.
Pendant ce temps, l’industrie automobile continue d’évoluer à toute vitesse, entre l’électrification annoncée des modèles emblématiques et les débats sur la fiabilité réelle des systèmes semi-autonomes déjà en circulation.
L’Autopilot n’a jamais eu de permis de conduire
Le raisonnement de l’automobiliste se heurte à une réalité juridique simple : même activé, l’Autopilot ne retire jamais au conducteur sa responsabilité légale. La loi américaine, comme la loi française, considère que la personne assise derrière le volant reste seule habilitée à répondre de la conduite du véhicule, quelles que soient les fonctions d’assistance en cours.
Concrètement, l’Autopilot de Tesla peut intervenir sur la direction, l’accélération ou le freinage dans certaines situations bien définies. Mais il exige une surveillance constante de la route et une capacité d’intervention immédiate. Ce n’est pas un système de conduite autonome complète : le conducteur doit rester en alerte, mains proches du volant, prêt à reprendre les commandes à tout instant.
C’est précisément ce nom, « Autopilot », qui sème la confusion. Il évoque une autonomie totale, comme le pilotage automatique d’un avion, alors que la technologie reste une assistance avancée, pas un chauffeur virtuel.
Cette ambiguïté sémantique n’est pas propre à Tesla : elle traverse tout le secteur des transports en pleine mutation, qu’il s’agisse des voitures ou même de la nouvelle génération de deux-roues à l’approche technologique différente.
Un point sensible aussi à l’heure où les motorisations thermiques sont progressivement écartées en Europe, laissant place à des véhicules toujours plus connectés, et parfois mal compris par leurs propres utilisateurs.

Le verdict sans appel de la police
Face à cette explication, la réaction des forces de l’ordre a été sans détour. Le message adressé au conducteur a été limpide : l’Autopilot ne peut légalement pas être tenu pour responsable d’une infraction, tout simplement parce qu’il n’a pas de permis de conduire à se voir retirer. Seul l’humain derrière le volant en possède un, et c’est donc lui qui encaisse les points et l’amende.
Cette anecdote, aussi cocasse soit-elle, illustre un vrai enjeu de sécurité routière. Plus les véhicules embarquent des technologies d’assistance sophistiquées, plus certains conducteurs relâchent leur vigilance, convaincus que la voiture « gère » seule la situation. Or aucune Tesla actuellement commercialisée n’est homologuée pour une conduite totalement autonome sans surveillance humaine.
Le secteur automobile évolue vite, entre nouvelles motorisations hybrides comme ce V6 hybride ressuscité par Renault et les futures citadines électriques abordables. Mais tant que la conduite pleinement autonome ne sera pas juridiquement encadrée et techniquement validée, chaque excès de vitesse restera imputable à celui qui tient le volant, Autopilot activé ou non.
La morale de cette histoire tient en une phrase : une voiture n’a jamais de permis à perdre, mais son conducteur, si. Et si l’assistance à la conduite facilite bien des trajets, elle ne dispense personne de garder les yeux sur la route. La prochaine fois qu’un radar flashe, mieux vaut lever le pied que chercher un bouc émissaire électronique.