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Ces 43 vidéos de conducteurs Tesla endormis au volant à 130 km/h affolent le Congrès américain

Publié par Elodie le 14 Sep 2026 à 2:12
Conducteur endormi au volant sur autoroute

S’endormir à 130 km/h en laissant un logiciel gérer sa vie : ce n’est plus une blague de science-fiction. Sur les autoroutes américaines, des propriétaires de Tesla filment fièrement leurs siestes au volant, Autopilot activé. Un phénomène qui vient de faire bondir un élu du Congrès, et la réponse qu’il exige des autorités pourrait tout changer pour des millions de véhicules.

Une mode qui inquiète jusqu’au Congrès américain

Tout part d’une enquête de la chaîne NBC News, qui a recensé 43 vidéos de conducteurs de Tesla profondément endormis pendant que leur véhicule roulait, dont 17 publiées rien que cette année. Des images filmées et partagées sans gêne sur les réseaux, comme un exploit à afficher.

Le problème ne se limite pas à l’inconscience des automobilistes. C’est la facilité avec laquelle ils trompent les caméras censées surveiller leur attention qui alarme. Un billet plié, un chapeau enfoncé, une paire de lunettes de soleil : ces astuces low-tech suffisent parfois à berner un système high-tech.

Une faille qui rappelle que même les innovations les plus poussées peuvent être neutralisées par des gestes tout simples, comme on l’a déjà vu avec certains dispositifs de sécurité numérique pourtant présentés comme infaillibles.

Face à ce constat, le représentant démocrate de l’Illinois, Raja Krishnamoorthi, a adressé le 9 septembre une lettre de mise en demeure au département des Transports américain (DOT) et à son secrétaire Sean Duffy. Une démarche qui vise directement l’efficacité réelle des garde-fous d’Elon Musk.

Un message d’alerte qui frôle l’absurde

Ce qui fait vraiment tiquer l’élu, ce n’est pas seulement les vidéos. C’est un détail technique révélé par la mise à jour logicielle 2025.32.3 de Tesla. Quand le système détecte un conducteur somnolent, un message s’affiche à l’écran : « Somnolence détectée. Restez concentré avec le FSD ».

L’intention paraît louable. Mais dans les faits, elle confine au non-sens. Comment justifier qu’une voiture demande à un humain qu’elle juge fatigué de continuer à s’appuyer sur un système qui exige, lui, une supervision humaine constante ? Krishnamoorthi pointe une logique inversée : au lieu d’imposer un arrêt immédiat sur la bande d’urgence, le véhicule propose de s’en remettre davantage à la machine.

Cette dérive s’ajoute à un climat déjà tendu autour des technologies d’assistance, alors même que l’intelligence artificielle s’invite partout dans notre quotidien, parfois avec des effets aussi imprévus que ceux observés sur ces autoroutes américaines. Le contraste entre la promesse d’un futur automatisé et la réalité de ces scènes filmées interpelle jusque dans les cercles politiques les plus éloignés de la Silicon Valley.

Tableau de bord de voiture avec caméra d'habitacle

Une enquête fédérale déjà lancée sur 3,2 millions de véhicules

Ces vidéos tombent au pire moment pour le constructeur texan. La NHTSA, l’agence fédérale de sécurité routière, mène déjà une enquête portant sur une flotte estimée à 3,2 millions de Model 3, Model Y, Model S, Model X et Cybertruck équipés du FSD.

À l’origine, l’investigation ciblait les défaillances du système face aux conditions de visibilité dégradée : brouillard, fumée, reflets du soleil couchant. Depuis l’abandon des radars au profit des seules caméras, l’Autopilot peinerait à réagir dans ces situations, avec neuf accidents documentés, des blessures graves et un décès à la clé.

C’est dans ce contexte déjà lourd que Krishnamoorthi hausse le ton. Il donne jusqu’au 30 septembre à Sean Duffy pour répondre à cinq questions précises : quelles données ont été réclamées à Tesla depuis le 1er janvier 2024 sur l’assoupissement des conducteurs impliqués dans des crashs, et surtout, quelle est l’efficacité réelle de la caméra d’habitacle censée surveiller le regard du pilote.

La question qui domine désormais : si la NHTSA prouve que ce dispositif est structurellement contournable, un rappel national pourrait être déclenché. Un scénario qui obligerait Tesla à repenser en profondeur la logique de ses véhicules, un peu comme d’autres constructeurs ont dû revoir leurs promesses écologiques après des révélations gênantes sur leurs performances réelles.

Un billet plié dans une caméra, et c’est toute la promesse de la conduite autonome qui vacille. La balle est désormais dans le camp des régulateurs américains, avec une échéance fixée au 30 septembre. Reste à savoir si Tesla devra revoir sa copie, ou si d’autres vidéos de siestes à 130 km/h viendront encore alimenter le dossier avant cette date.

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