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Ces voitures vendues comme écologiques polluent jusqu’à 4,6 fois plus que prévu, révèle une étude sur 920 000 véhicules

Publié par Elsa Lepic le 11 Sep 2026 à 8:30
Câble de recharge branché sur une voiture hybride rechargeable

Tu envisages une hybride rechargeable pour ta prochaine voiture, convaincu de faire un geste pour la planète ? Les chiffres officiels d’homologation, eux, racontent une jolie histoire. La réalité, mesurée sur près d’un million de véhicules européens, est beaucoup moins reluisante. Et l’écart entre la promesse et la route pourrait bien changer ta façon de voir cette technologie.

Le compromis parfait, du moins sur le papier

L’hybride rechargeable a longtemps incarné la solution de transition idéale. Une batterie pour les trajets courts en mode tout électrique, un moteur thermique en renfort pour les longues distances : sur le papier, tout semblait cohérent. En Europe, cette technologie représentait 7 % du marché automobile en 2024, une part passée à 9 % en 2025.

Ce succès commercial s’appuie largement sur des chiffres d’émissions de CO2 très bas, affichés lors de l’homologation. Un argument de poids pour les automobilistes qui hésitent encore entre le passage à l’électrique et le maintien d’un moteur thermique classique.

Mais c’est justement cette promesse chiffrée que l’International Council on Clean Transportation (ICCT) a voulu vérifier. L’organisme a passé au crible les données de 920 000 véhicules immatriculés en Europe entre 2021 et 2023, un échantillon suffisamment large pour dresser un constat solide. Et ce constat, une fois posé, remet sérieusement en cause l’argument écologique mis en avant par les constructeurs, à l’heure où le diesel recule partout sur le territoire.

Un écart qui atteint 4,6 fois les chiffres annoncés

Les résultats de l’ICCT sont sans appel : les émissions réelles des hybrides rechargeables sont 3,5 à 4,6 fois supérieures aux valeurs officielles d’homologation. Un fossé que les véhicules thermiques classiques, eux, ne connaissent pas dans les mêmes proportions, avec un écart limité à environ 20 % entre théorie et pratique.

Certains modèles illustrent l’ampleur du problème de façon frappante. Une voiture homologuée à seulement 29 g de CO2/km peut en réalité en émettre jusqu’à 134 g/km sur la route. Un écart qui ridiculise l’étiquette écologique collée sur ce type de véhicule, et qui pourrait peser lourd dans les futures politiques fiscales, à l’image des débats déjà en cours sur les décrets encadrant la circulation.

La raison de ce fossé ? Les conducteurs n’utilisent tout simplement pas le mode électrique aussi souvent que prévu. Une réalité qui interroge sur la manière dont les émissions sont calculées avant même la mise en vente du véhicule, et sur ce que révèlent vraiment les prix du carburant sur les habitudes des automobilistes.

Tableau de bord affichant jauges batterie et carburant

L’usage réel s’effondre, malgré des batteries plus performantes

En 2021, la part de conduite effectuée en mode électrique atteignait encore 26 % chez les propriétaires d’hybrides rechargeables. Deux ans plus tard, elle chutait à seulement 17 %, alors même que l’autonomie électrique moyenne des modèles étudiés progressait de 58 à 68 kilomètres. Autrement dit, les batteries s’améliorent, mais les conducteurs les utilisent de moins en moins.

Le vrai problème se niche dans les hypothèses de calcul retenues lors de l’homologation. Pour un véhicule affichant 58 km d’autonomie électrique, le système réglementaire estimait que 79 % des trajets seraient effectués sans une goutte de carburant. Dans les faits, l’ICCT n’en a mesuré que 26 %. Pour les modèles plus récents de 2023, l’écart est encore plus vertigineux : 82 % attendus contre 17 % réellement constatés.

Face à ce constat, l’ICCT ne se contente pas de pointer le problème : l’organisme propose une piste concrète. Utiliser les données réelles enregistrées par les dispositifs embarqués de mesure de consommation, déjà présents dans la plupart des véhicules récents, permettrait d’obtenir des chiffres d’homologation bien plus fidèles à la réalité. De quoi rebattre les cartes pour les futurs acheteurs, comme pour les constructeurs eux-mêmes.

La prochaine fois qu’un vendeur brandira un chiffre d’émissions flatteur, garde en tête cet écart de 4,6 fois. Une étiquette écologique ne remplace pas un kilométrage réellement parcouru à l’électrique. Et toi, ferais-tu encore confiance aux chiffres officiels avant d’acheter ta prochaine voiture ?

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