Selon le ministre des Transports, le FSD de Tesla peut rouler jusqu’à 50% au-dessus des limites de vitesse

Le Tesla FSD, cette conduite entièrement automatique supervisée, roule déjà en Belgique, en Lituanie ou en Estonie. Mais en France, la technologie reste bloquée à la porte. Et le ministre des Transports vient de révéler pourquoi, dans une vidéo publiée dans des conditions pour le moins étranges. Ce qu’il décrit sur le comportement réel du système pourrait bien refroidir les plus impatients.
Une annonce officielle mais diffusée dans la confusion la plus totale
Le 22 juillet 2026, le ministre des Transports Philippe Tabarot publie une vidéo-réponse sur la plateforme gouvernementale Agora. Le message est clair : le FSD de Tesla ne sera pas homologué en France en l’état actuel.
Problème : la vidéo circule massivement sur les réseaux sociaux, relayée par tout le monde sauf le ministre lui-même. Ni son compte officiel, où il est pourtant très actif, ni son cabinet n’ont partagé le contenu.
La qualité dégradée et l’absence de source ont même fait douter certains observateurs d’un montage. Contacté, le service de presse du ministère a avoué ne pas être au courant de cette communication. Un couac invraisemblable pour une décision aussi lourde de conséquences pour les propriétaires français de véhicules électriques.
Reste que le fond du message, lui, est bien réel et documenté. Et il pointe deux failles précises que Philippe Tabarot juge encore trop risquées pour circuler sur les routes françaises, comme d’autres restrictions récentes sur certains modèles.
Des excès de vitesse jusqu’à 50% sans que le conducteur ne demande rien
Voici le cœur du problème. En Europe, le conducteur peut fixer une tolérance de vitesse à son Autopilot, par exemple rouler 5% au-dessus de la limite autorisée. Aux États-Unis, ce réglage a disparu au profit de profils adaptatifs aux noms évocateurs : Sloth, Chill, Standard, Hurry, ou encore Mad Max.
Mais ce n’est pas tout. Le manuel d’utilisation officiel de Tesla mentionne aussi une fonction qui ajuste dynamiquement la vitesse maximale « en fonction des indices visuels présents dans l’environnement de conduite ».
Concrètement, si le trafic roule plus vite que la limite légale, le FSD peut accélérer de lui-même. Philippe Tabarot est catégorique : « Dans certains cas, un véhicule peut ainsi aller jusqu’à 50% au-dessus de la limite de vitesse autorisée. » Une marge que même Electrek a documentée récemment, à propos d’un réglage de vitesse retiré après une contravention.
La Suède partage exactement la même inquiétude, et c’est aussi son principal frein à l’homologation. La seconde faille relevée par le ministre concerne la surveillance du conducteur, jugée insuffisante malgré le principe légal selon lequel la personne au volant reste pleinement responsable.

Pourquoi Paris refuse le raccourci pris par ses voisins européens
Plusieurs pays européens ont contourné le problème en s’appuyant sur la reconnaissance mutuelle initiée par les Pays-Bas, via une procédure appelée « réception UE par type ». C’est ainsi que la Belgique, la Lituanie et l’Estonie ont validé le logiciel sans repasser par leur propre processus d’homologation.
La France, elle, refuse ce raccourci. Philippe Tabarot affirme poursuivre des « échanges techniques avec les Pays-Bas et les autres États européens et Tesla pour affiner notre analyse ». Autrement dit, Paris veut ses propres garanties avant de laisser rouler la technologie sur le territoire national.
Du côté de l’Union européenne, un vote pour une homologation à l’échelle continentale est toujours en discussion. Au mieux, une autorisation pourrait tomber début 2027, un calendrier qui rappelle celui d’autres réglementations technologiques qui avancent au ralenti face à l’innovation.
Le ministre voit d’ailleurs plus loin que le seul FSD. Il souhaite « permettre l’arrivée de véhicules autonomes homologués en France dès 2027 », cette fois pour des voitures réellement autonomes, sans surveillance humaine. À l’automne, le gouvernement doit réunir les acteurs français de la conduite autonome pour définir les leviers d’accélération de cette technologie sur les prochaines années.
Entre excès de vitesse automatiques et surveillance jugée trop légère, la France préfère attendre plutôt que suivre ses voisins les yeux fermés. Reste à savoir si Tesla ajustera son logiciel pour convaincre Paris, ou si les Français devront patienter jusqu’en 2027 pour voir le FSD sur leurs routes.