Cette taxe kilométrique que le Royaume-Uni va imposer aux voitures électriques dès 2028 fait déjà trembler la France

Rouler électrique pour économiser, c’était la promesse. Mais outre-Manche, le rêve prend un sacré coup de frein. Le gouvernement britannique vient d’acter une mesure que personne n’attendait vraiment, et qui pourrait bien faire des émules ailleurs en Europe.
Le paradoxe britannique : plus de ventes, mais une nouvelle taxe qui arrive
Depuis des années, les gouvernements poussent les automobilistes vers l’électrique. Aides à l’achat, bonus écologique, malus renforcé sur le thermique : la stratégie fonctionne plutôt bien. En Europe, les ventes de véhicules électriques ont bondi de 42,9 % rien qu’en mai 2026.
Le Royaume-Uni ne fait pas exception à la règle. Selon les chiffres de l’ACEA, les immatriculations de voitures électriques ont grimpé de 24,3 % depuis janvier 2026, avec un pic à 34,2 % pour le seul mois de mai. Un succès qui aurait dû ravir Londres.
Sauf que le gouvernement britannique a choisi une autre voie. Une nouvelle taxe kilométrique vient d’être actée pour les véhicules zéro-émission, et elle entrera en vigueur dès avril 2028. De quoi rappeler que la transition écologique reste, même chez nos voisins, une affaire de gros sous et d’équilibres budgétaires fragiles.
Un scénario qui, sur le papier, pourrait faire réfléchir Bercy. La France a déjà multiplié les ajustements sur le pouvoir d’achat des ménages ces derniers mois. Une taxe kilométrique made in UK, si elle traverse la Manche dans les esprits, ne passerait clairement pas inaperçue.
Combien ça coûte vraiment, et pourquoi cette décision
Le détail de la mesure est issu d’une consultation menée auprès de 5 000 répondants, dont les résultats figurent dans un document officiel récemment publié. Le principe : chaque kilomètre parcouru en voiture électrique sera facturé.
Concrètement, les conducteurs devront payer 3 pence par mile, soit environ 2,2 centimes d’euros par kilomètre. Pour un trajet de 500 kilomètres, cela représente 11 euros. Sur une année, avec une moyenne de 12 200 kilomètres parcourus, la facture grimpe à environ 268 euros.
Les hybrides rechargeables ne sont pas épargnées non plus, mais avec un tarif réduit : 1,5 pence par mile, soit environ 1,1 centime d’euro par kilomètre. L’objectif affiché par Londres est clair : compenser la chute des recettes liées aux taxes sur les carburants, qui s’effondrent à mesure que les ventes de véhicules électriques progressent.
Le gouvernement britannique justifie ainsi sa position : « le principe selon lequel les automobilistes qui conduisent davantage devraient contribuer davantage a reçu un soutien ». Une logique fiscale qui, si elle venait à inspirer d’autres pays, changerait profondément la donne pour des millions d’automobilistes en Europe, y compris en France où les débats sur le financement des routes reviennent régulièrement sur la table.

Ce que la France pourrait copier, et ce qui change dès maintenant outre-Manche
Reste une question qui taraude déjà les observateurs des finances publiques : la France pourrait-elle s’inspirer de ce modèle ? Rien n’indique aujourd’hui qu’un projet similaire soit à l’étude à Paris. Mais l’argument budgétaire britannique, lui, est parfaitement transposable : moins d’essence vendue, c’est moins de taxes carburant collectées, et un manque à gagner qu’il faudra bien combler un jour.
En parallèle de cette nouvelle taxe, le Royaume-Uni maintient malgré tout un solide soutien à l’électrique : une enveloppe de 7,5 milliards de livres sterling, soit environ 8,7 milliards d’euros, reste consacrée aux aides à l’achat. Autre détail notable relayé par Electrive : les voitures électriques et hybrides rechargeables de moins de trois ans seront exemptées de contrôles kilométriques supplémentaires, et ne seront pas soumises au contrôle technique annuel.
Pour calculer la taxe, les automobilistes devront simplement fournir le relevé de leur compteur kilométrique ainsi qu’une estimation de leur kilométrage annuel, au moment du renouvellement de leur taxe sur les véhicules. Un système administratif relativement simple, mais qui ne convainc pas l’industrie automobile britannique.
Cette dernière estime en effet qu’on ne « peut pas faciliter une transition en douceur vers les véhicules électriques en augmentant leur coût d’utilisation ». Un argument qui pourrait tout aussi bien résonner en France, si jamais une mesure comparable venait un jour à être envisagée par nos dirigeants.
La France n’a, à ce jour, annoncé aucune taxe équivalente. Mais l’exemple britannique prouve qu’un pays peut encourager l’achat de voitures électriques d’une main, tout en préparant leur taxation de l’autre. De quoi surveiller de près les prochaines annonces budgétaires françaises, tant le scénario londonien pourrait faire des émules.