Waze et Google Maps rallongent vos trajets en France : la vraie raison derrière ce changement
Vous avez remarqué que votre GPS vous emmène par un chemin bizarre depuis quelques semaines ? Ce n’est pas un bug. C’est une décision politique qui s’applique à votre téléphone sans que personne ne vous ait prévenu.
Waze et Google Maps ont changé leurs recommandations d’itinéraires. Les deux applications mettent désormais en avant les trajets générant le moins d’émissions polluantes, plutôt que les parcours les plus courts, rapporte Le Journal du Geek.
Résultat : le trajet le plus logique n’est plus forcément celui qui s’affiche en premier. Et ça change concrètement votre façon de conduire au quotidien.

Ce texte de loi qui dormait depuis 2022
Ce changement n’a rien d’un réglage ponctuel opéré par une mise à jour technique. Il découle du décret n° 2022-1199, adopté par le gouvernement français en 2022.
Ce texte impose aux plateformes numériques d’assistance aux déplacements de mettre en avant les itinéraires provoquant le moins d’émissions de gaz à effet de serre, selon les explications rapportées par Capital.
Autrement dit, la loi existait depuis quatre ans. Mais elle est restée quasiment invisible jusqu’à ce que les algorithmes l’appliquent réellement.
La règle des 110 km/h que personne n’avait vue venir
Une autre disposition du décret, relayée par Midi Libre, change encore plus concrètement votre parcours.
Si un trajet comporte une portion où la vitesse autorisée atteint ou dépasse 110 km/h, l’application doit désormais proposer une alternative roulant 20 km/h plus lentement.
Concrètement, l’empreinte carbone du trajet s’affiche à l’écran, précise Le Journal du Geek. Vous pouvez comparer plusieurs options avant de choisir, un peu comme on compare des statistiques de consommation de carburant entre plusieurs modèles.

Pourquoi personne ne s’en était rendu compte avant
Certains parcours rapides sont volontairement écartés au profit d’itinéraires plus longs mais moins polluants. Une bascule qui aurait pu passer complètement inaperçue.
Le décret datait de 2022, mais les effets ne sont devenus perceptibles pour les automobilistes que quelques semaines avant le 14 avril 2026. Un délai de mise en œuvre particulièrement long.
Bonne nouvelle pour les nostalgiques du trajet le plus court : rien n’empêche de revenir à l’ancien mode de calcul. Les réglages des deux applications permettent toujours de sélectionner le trajet le plus rapide.
Le précédent des Jeux olympiques qui a tout accéléré
Ce mouvement n’est pas né avec ce décret. Avant les Jeux olympiques de Paris 2024, la région Île-de-France avait déjà sollicité Google Maps pour faire évoluer son fonctionnement.
L’objectif : privilégier des itinéraires alternatifs afin d’éviter une congestion massive du trafic pendant l’événement. L’application Île-de-France Mobilités, elle, ne cherche pas à offrir le trajet le plus court à un automobiliste isolé, mais à fluidifier la circulation dans son ensemble.

« On leur demandera de fermer leur application »
Laurent Probst, directeur général du Syndicat des transports d’Île-de-France, avait mis les choses au clair dans un entretien à Ouest-France, en 2024.
« S’ils ne le font pas, il faudra que l’État prenne les décisions nécessaires. On leur demandera de fermer leur application. C’est un enjeu de sécurité publique », avait-il prévenu.
Une menace loin d’être anodine, venant directement d’un décideur public sur des applications utilisées par des millions de Français chaque jour, au même titre que d’autres alternatives GPS gratuites qui gagnent du terrain.
Le mécontentement des automobilistes grimpe
C’est cette pression, exercée notamment par Île-de-France Mobilités, qui a poussé les plateformes à intégrer réellement ces règles dans leurs algorithmes. Sans elle, le décret serait peut-être resté lettre morte.
Pendant des années, Waze et Google Maps ont bâti leur réputation sur la promesse de faire gagner du temps à leurs utilisateurs. Cette promesse passe désormais au second plan.
Les commentaires en ligne témoignent d’un mécontentement croissant face à des trajets rallongés, un peu comme les automobilistes s’agacent parfois de réglages GPS mal calibrés qui coûtent cher aux péages. Reste, pour qui refuse ce nouveau calcul, la possibilité de revenir au trajet le plus rapide via les paramètres de l’application.