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Naufragé en Jamaïque, Christophe Colomb a menacé de faire disparaître la Lune : ce qui s’est passé ensuite est authentique

Publié par Claire le 10 Août 2026 à 9:48

Imagine la scène : ton bateau est en miettes, tu es coincé sur une île avec une centaine d’hommes affamés, et les habitants du coin viennent de décider qu’ils ne veulent plus rien avoir à faire avec toi. Ça sent le désastre total, non ?

Christophe Colomb sur son lit de mort à Valladolid en 1506

C’est exactement la situation dans laquelle s’est retrouvé Christophe Colomb en 1503, échoué en Jamaïque lors de son quatrième et dernier voyage. Sauf qu’il avait un dernier atout dans sa manche, un truc que personne dans son équipage n’aurait pu imaginer.

Et cet atout, aussi fou que ça puisse paraître, allait littéralement lui sauver la vie.

Un naufrage qui vire au cauchemar

Retour en arrière. En 1492, Christophe Colomb devient une légende vivante et se voit couronné vice-roi des Indes. Mais onze ans plus tard, la situation a bien changé. Son quatrième voyage, entamé avec 140 hommes répartis sur quatre navires déjà fatigués, tourne au fiasco absolu.

Tempêtes, récifs de corail, attaques de javelots : les caravelles encaissent coup sur coup. Une embarcation est abandonnée dans une crique, une autre laissée aux mains d’autochtones hostiles. Il ne reste plus que la Capitana et le Santiago quand l’équipage atteint la Jamaïque, complètement à bout.

Le 25 juin 1503, les navires s’échouent sur la baie de Santa Gloria. Rongée par des mollusques voraces appelés tarets, la coque de la Capitana ressemble à une passoire. Impossible de reprendre la mer.

Un accord est trouvé avec la tribu locale, les Arawaks, qui acceptent de fournir manioc et poisson en échange de babioles. Mais l’entente ne dure pas : des marins maltraitent des femmes du village, les pillages se multiplient, et le contrat vole en éclats.

Comme le raconte cet épisode marquant de l’histoire des grandes explorations, la tension devient extrême, et même l’équipage complote contre son propre capitaine, épuisé par la faim et la peur.

Le bluff qui allait tout changer

Réfugié dans sa cabine, Christophe Colomb sent que la situation lui échappe totalement. Alors il fait quelque chose d’assez inattendu : il ouvre un livre. Pas n’importe lequel, un traité d’astronomie qu’il avait embarqué avec lui, probablement les Éphémérides de l’astronome allemand Regiomontanus.

En feuilletant ces pages, il tombe sur une information capitale : une éclipse lunaire est prévue pour la nuit du 29 février 1504. Et là, un éclair de génie traverse son esprit fatigué.

Le jour venu, il convoque le chef de la tribu. Le ton a changé, il ne négocie plus, il menace. Se présentant comme un messager de Dieu, il annonce que la Lune va disparaître du ciel si les Arawaks ne reprennent pas leur soutien. Les indigènes éclatent de rire face à cette prophétie absurde. Jusqu’à ce que la nuit tombe et que l’astre, effectivement, s’obscurcisse petit à petit sous leurs yeux stupéfaits.

Ce genre de récits où la science côtoie la légende rappelle d’autres histoires vertigineuses, comme celle de cette structure mystérieuse repérée sur Mars qui intrigue encore aujourd’hui les scientifiques.

Livre d'astronomie ancien ouvert avec compas nautique

Panique générale et vivres providentiels

Face à cette Lune couleur sang qui s’efface progressivement du ciel, les Arawaks paniquent. Persuadés d’avoir provoqué la colère divine, ils supplient Christophe Colomb de faire revenir l’astre à sa place. En échange, ils promettent de remplir à nouveau les cales des navires de vivres.

L’explorateur, qui savait pertinemment que le phénomène cesserait naturellement au bout de quelques heures, attend le bon moment pour «faire un geste». La Lune réapparaît, la tribu est soulagée, et les provisions recommencent à affluer vers l’équipage affamé. Un vrai coup de maître scientifique, digne des plus grandes stratégies d’anticipation qu’on retrouve dans l’histoire, un peu comme certaines décisions secrètes qui ont changé le destin de millions de personnes.

Il faudra encore attendre plusieurs mois avant que l’équipage soit véritablement secouru, fin juin 1504, grâce à l’arrivée d’un navire espagnol. De retour en Europe, Christophe Colomb ne connaîtra pourtant pas la gloire qu’il espérait. Ses réclamations financières sont ignorées, sa santé décline, et il finit ses jours dans une relative indifférence, le 20 mai 1506, à l’âge de 54 ans.

Difficile d’imaginer aujourd’hui qu’un simple livre d’astronomie ait littéralement sauvé une centaine de vies. Et pourtant, c’est bien ce qui s’est passé, dans une baie perdue de Jamaïque, il y a plus de cinq siècles. La prochaine fois que tu regarderas la Lune, pense un peu à ce bluff monumental qui a changé le cours d’une expédition.

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