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Selon Jancovici, le gaz pourrait devenir hors de prix cet hiver, et voici pourquoi

Publié par Elsa Fanjul le 07 Sep 2026 à 11:04

Les stocks de gaz européens sont au plus bas, et l’hiver approche. Une partie de l’approvisionnement français transite par le détroit d’Ormuz, aujourd’hui fragilisé par la guerre au Moyen-Orient. Jean-Marc Jancovici tire la sonnette d’alarme sur une facture qui pourrait s’envoler dans les prochains mois.

Un été caniculaire, mais un hiver qui inquiète déjà

La France sort d’un été marqué par des vagues de chaleur intenses, mais l’attention se tourne désormais vers la saison froide. Une large partie des foyers français se chauffe encore au gaz, et c’est justement cette dépendance qui pose problème selon l’expert en énergie.

Le raisonnement de Jancovici part d’un constat géopolitique : depuis que l’Europe a tourné le dos au gaz russe, une portion croissante de nos importations vient du golfe Persique, sous forme de gaz naturel liquéfié transporté par bateau via le détroit d’Ormuz. Or ce passage stratégique est aujourd’hui perturbé par les tensions régionales, ce qui complique directement l’approvisionnement européen.

Cette situation rappelle d’autres épisodes récents de tension sur les prix de l’énergie, comme la hausse du gaz observée en mai ou les fluctuations qui ont suivi une brève accalmie en juin. La question posée aujourd’hui est simple : le chauffage va-t-il coûter plus cher cet hiver, voire manquer ?

Pourquoi les prix pourraient flamber : la mécanique expliquée

Selon Jancovici, deux phénomènes se superposent. D’un côté, un problème conjoncturel : les bateaux de gaz liquéfié ne passent plus, ou plus difficilement, dans le détroit d’Ormuz, ce qui tend l’offre disponible en Europe à court terme.

De l’autre, un problème structurel bien plus profond. Le gaz, comme le pétrole, met des dizaines voire des centaines de millions d’années à se former sous terre à partir de restes de vie ancienne. Il ne s’agit donc pas d’une ressource inépuisable qu’on peut extraire indéfiniment au même rythme.

L’expert évoque un pic de production mondial du gaz vraisemblable aux alentours de 2030-2040. Ce plafond géologique se combine à la crise d’approvisionnement actuelle pour créer un cocktail potentiellement explosif sur les factures des ménages, dans un contexte déjà tendu par la crise énergétique persistante et les incertitudes autour du transport maritime et aérien dans la région.

Pompe à chaleur installée sur un mur extérieur en hiver

La solution que Jancovici met sur la table : remplacer les chaudières

Face à ce double mur, Jancovici ne se contente pas du constat alarmiste : il propose une piste concrète pour sortir progressivement de la dépendance au gaz de chauffage, qui représente plus de la moitié de la consommation nationale de ce combustible.

Sa solution tient en un mot : la pompe à chaleur. L’idée est de remplacer massivement les chaudières à gaz existantes par ce système, plus économe et surtout moins exposé aux soubresauts géopolitiques des marchés fossiles. Ce type d’équipement s’est d’ailleurs révélé utile même en dehors de l’hiver, notamment pour rafraîchir un logement en été sans facture salée.

Pour accélérer cette transition, Jancovici propose une méthode à deux vitesses : une obligation de remplacement pour les ménages qui en ont les moyens, couplée à une aide de la collectivité pour ceux qui n’y parviennent pas seuls. Un mécanisme qui fait écho aux dispositifs déjà en discussion, comme la réforme des aides à la rénovation énergétique prévue à la rentrée.

Le gaz continuera de couler dans les tuyaux cet hiver, mais à quel prix : c’est toute la question que pose l’expert, sans détour. Reste à savoir si les ménages français auront le temps et les moyens de basculer vers d’autres solutions avant que la facture ne devienne insupportable.

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