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Cet arbre absorberait 10 fois plus de CO2 que le chêne et repousse seul après la coupe

Publié par Elsa Fanjul le 16 Sep 2026 à 14:38
Grandes feuilles violettes du Paulownia en pleine lumière

Chaque année, la France perd des millions d’arbres, victimes de la sécheresse, des maladies ou de l’urbanisation. Face à ce constat, botanistes et écologistes cherchent des solutions capables de compenser rapidement ces pertes. Un arbre venu d’Asie affole les compteurs : il capterait dix fois plus de dioxyde de carbone que nos essences européennes classiques.

Pourquoi la course au puits de carbone s’accélère

La lutte contre le réchauffement climatique repose en grande partie sur la capacité des forêts à absorber le CO2 excédentaire. Le problème, c’est que 38 millions d’arbres disparaissent chaque année en France, un rythme que la reforestation classique a du mal à compenser.

Dans ce contexte tendu, où le jour du dépassement arrive de plus en plus tôt, les scientifiques cherchent des essences capables d’absorber massivement le carbone en un minimum de temps. Un arbre traditionnel comme le chêne ou le hêtre capte en moyenne 15 à 25 kg de CO2 par an.

C’est peu, face à l’urgence climatique. Et c’est justement là qu’entre en scène une espèce surnommée « l’arbre de vie », dont le métabolisme défie toutes les logiques botaniques connues.

Le Paulownia, cet arbre qui capte 100 kg de CO2 par an

Cet arbre miracle, c’est le Paulownia, et plus précisément ses hybrides comme le Paulownia tomentosa ou le Paulownia elongata. Originaire d’Asie de l’Est, il est cultivé depuis des siècles pour ses grandes fleurs violettes et sa croissance spectaculaire.

Là où un arbre classique plafonne à 25 kg de CO2 par an, un Paulownia adulte peut en capter jusqu’à 100 kg. Un hectare planté peut absorber jusqu’à 40 tonnes de CO2 par an selon les conditions climatiques, une performance qui intéresse de près les chercheurs impliqués dans les découvertes scientifiques marquantes de ces dernières années.

Le secret se cache dans ses feuilles géantes, qui peuvent atteindre 60 centimètres de large. Elles fonctionnent comme de véritables panneaux solaires naturels, avec une densité de stomates et une concentration de chlorophylle largement supérieures à la moyenne. Cette architecture permet une variante optimisée de la photosynthèse, même par forte chaleur, un atout non négligeable quand on pense à tous ceux qui cherchent des solutions pour économiser l’eau au jardin face aux sécheresses répétées.

Jeunes pousses reverdissant depuis une souche coupée

La régénération qui change tout, et le revers de la médaille

Comme certains aménagements de jardin pensés pour durer, le Paulownia a une particularité qui le distingue de toutes les autres essences : une fois coupé, il repousse directement depuis ses racines, sans qu’il soit nécessaire de replanter quoi que ce soit. Sa croissance atteint 3 à 5 mètres dès la première année, pour une maturité en seulement 7 à 10 ans.

Son bois, ultraléger, résistant au feu et imperméable, lui vaut le surnom d’« aluminium végétal ». Il séduit les fabricants de meubles, d’instruments de musique, de planches de surf et même l’industrie aéronautique. Son système racinaire profond lutte contre l’érosion des sols et filtre les métaux lourds, un peu comme certains cours d’eau français jouent un rôle méconnu dans l’équilibre écologique des territoires qu’ils traversent.

Mais cette vigueur exceptionnelle inquiète aussi les spécialistes de la biodiversité. Extrêmement adaptable, capable de s’installer sur presque tous les sols, le Paulownia peut devenir invasif s’il n’est pas contrôlé ou si les variétés plantées ne sont pas stériles. Utilisé intelligemment en agroforesterie, il reste néanmoins l’un des alliés les plus prometteurs pour rafraîchir les villes.

Un arbre capable de repousser seul, d’absorber dix fois plus de carbone qu’un chêne et de filtrer les sols pollués : le Paulownia a tout d’un allié providentiel, à condition de savoir le cultiver avec discernement. Et si la prochaine grande arme climatique poussait déjà dans nos jardins, sans que personne ne l’ait remarqué ?

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