« C’est un prédateur » : disparue 263 jours, une ado retrouvée chez son ex-professeur

Pendant 263 jours, une famille de l’Ohio a vécu sans la moindre nouvelle de sa fille. Disparue à 17 ans après avoir fui un foyer d’accueil, l’adolescente hantait les recherches de la police comme les groupes Facebook du quartier. Fin août, elle a été retrouvée vivante, cachée à quelques rues de là, chez un homme que ses proches soupçonnaient depuis des mois.
Neuf mois de recherches et un silence assourdissant
Tout commence le 2 décembre 2025. La jeune fille s’échappe d’un foyer d’accueil de Columbus, où elle était hébergée après des difficultés familiales. Personne ne la reverra pendant près de neuf mois.
Sa famille alerte la police, des habitants se relaient sur les réseaux sociaux, des avis de recherche circulent dans tout le quartier. Cette traque interminable rappelle d’autres enquêtes qui s’étirent dans le temps sans jamais aboutir, jusqu’à ce qu’un détail change tout.
Comme dans d’autres affaires impliquant des mineurs, l’attente use les nerfs des proches autant que ceux des enquêteurs. Le 21 août, des policiers de Springfield se présentent enfin dans une maison du quartier de West North Street. L’adolescente y est retrouvée, vivante.
Un ancien professeur déjà visé par des signalements
Le propriétaire de la maison s’appelle Jobe Binkley, 48 ans. Il a été le professeur de sciences de l’adolescente dans le district scolaire de Springfield, il y a deux ans.
Arrêté sur place, il est désormais poursuivi pour « soustraction de mineur ». Il a plaidé non coupable et a été remis en liberté sous caution, dans l’attente de son audience du 30 septembre.
Selon des documents judiciaires cités par plusieurs médias américains, les enquêteurs s’étaient déjà rendus deux fois à cette adresse pendant les recherches. À chaque visite, Jobe Binkley aurait assuré que la jeune fille ne se trouvait pas chez lui, alors qu’il savait qu’elle était activement recherchée.
Une voisine, comme dans d’autres dossiers sensibles où le silence entoure une enquête, a raconté avoir vu circuler des messages orientant les soupçons vers cette maison sans jamais apercevoir l’adolescente.
Cette situation, où des signes précis restent longtemps ignorés, n’est pas sans rappeler d’autres épisodes où le mystère persiste malgré les indices accumulés au fil des mois.

« Ce prédateur a profité de sa vulnérabilité »
Comme dans d’autres affaires où la famille garde longtemps le silence, l’entourage de l’adolescente affirme aujourd’hui qu’il alertait depuis des mois sur ce professeur. Chelsi Warner, qui a elle-même hébergé la jeune fille par le passé, a confié au New York Post que Jobe Binkley aurait commencé à la manipuler dès leur rencontre à l’école.
« Elle a eu des relations conflictuelles avec sa mère et ce prédateur a profité de la vulnérabilité d’une jeune fille en quête d’une figure parentale », a déploré Chelsi Warner. « Elle est tellement manipulée et endoctrinée par cet homme qu’elle ne se rend pas compte de ce qu’il lui a fait. »
L’ancien enseignant n’en était pas à son premier signalement.
Selon le district scolaire, il avait déjà été placé en congé administratif en 2024 puis en 2025 à cause de son comportement avec des élèves, avant d’être finalement licencié en février 2025 pour violation des règles internes liées à l’usage de la technologie.
Ces alertes, comme le rappellent parfois les autorités à propos des signaux qu’il ne faut jamais ignorer, avaient été jugées non fondées à l’époque.
Les autorités n’ont pas précisé la nature exacte de la relation entre l’homme et l’adolescente, et l’enquête se poursuit. Cette affaire a été rapportée notamment par Le Parisien, qui suit également ce dossier dans son édition papier.
Neuf mois de silence, deux visites policières éludées, et une famille qui avait raison depuis le début : cette histoire résume à elle seule la difficulté de croire les signaux faibles avant qu’il ne soit trop tard. Reste une question qui plane sur Springfield : combien d’autres alertes, ailleurs, dorment encore dans un tiroir ?