Affaire Émile : le pyromane de 78 ans affirme connaître « le coupable » et vise la famille

Le petit Émile a disparu il y a bientôt trois ans au Haut-Vernet, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Depuis, chaque rebondissement ravive la douleur d’une affaire que personne ne parvient à résoudre. Le dernier en date est aussi troublant qu’inattendu : l’homme de 78 ans soupçonné d’avoir mis le feu à la maison des grands-parents de l’enfant prétend désormais savoir qui est responsable de sa mort. Et il pointe du doigt la famille.
Émile, 2 ans et demi, volatilisé un 8 juillet 2023 : un village sous le choc
Tout commence le 8 juillet 2023 dans le hameau du Haut-Vernet, un minuscule village des Alpes-de-Haute-Provence perché à plus de 1 000 mètres d’altitude. Émile, deux ans et demi, passe ses vacances chez ses grands-parents. Et puis, en un instant, il n’est plus là. Volatilisé. Les recherches mobilisent des centaines de personnes, des hélicoptères, des chiens pisteurs. Rien.
Il faudra attendre le printemps 2024 pour qu’une randonneuse découvre des ossements appartenant au garçonnet. Une découverte glaçante, mais qui ne répond pas à la question centrale : comment cet enfant est-il mort ? Dans le village et les alentours, les habitants restent sous le choc. Au total, 106 prélèvements ADN ont été effectués sur les résidents et les vacanciers présents cet été-là. Leurs résultats, attendus prochainement, pourraient enfin faire avancer l’enquête.
Un septuagénaire incendie la maison des grands-parents et livre d’étranges confessions
Il y a une dizaine de jours, un homme de 78 ans s’est rendu au Haut-Vernet et a mis le feu au domicile des grands-parents d’Émile. Placé en garde à vue, il a été entendu longuement par les gendarmes. Selon les informations de RTL et BFM TV, ses déclarations oscillent entre confusion et conviction troublante.
Le suspect commence par accuser un présumé frère jumeau, avant d’avouer à demi-mots. Sur ses motivations, il confie aux enquêteurs : « Tout ce qui touche à cette famille me tient à cœur. » Il explique s’être rendu au village « parce que s’est passée l’histoire d’Émile », ajoutant avoir lu « l’historique sur sa famille » et envisagé de prendre rendez-vous avec M. Vedovini, l’avocat de la famille, « par curiosité, pour voir le bonhomme ». Un psychiatre qui l’a examiné l’a pourtant jugé cliniquement « normal ». On est loin d’un simple déséquilibré.
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« Le coupable se trouve dans la famille » : une intuition ou un transfert ?
Les déclarations du septuagénaire ne s’arrêtent pas là. Face aux gendarmes, il lâche une phrase qui résonne comme un coup de tonnerre : « Je souhaite que vous trouviez le coupable et qu’il soit puni, ou les coupables. Ma conviction, c’est que le ou les coupables se trouvent dans la famille. » Une accusation directe, sans preuve tangible, qu’il nuance lui-même aussitôt : « C’est une intuition. Peut-être que je fais un genre de transfert par rapport à l’histoire du petit Grégory. »
L’ombre de l’affaire Grégory, ce drame judiciaire vieux de quarante ans et jamais résolu, plane désormais sur le dossier Émile. Le parallèle est saisissant : un enfant en bas âge, un village rural, une famille soupçonnée, et des décennies de mystère. L’homme sera jugé le 7 juillet prochain pour l’incendie. Mais ses mots, eux, continueront de hanter l’enquête bien au-delà du tribunal.
Un pyromane de 78 ans qui accuse, un village qui doute, des ADN bientôt analysés : l’affaire Émile n’a pas fini de livrer ses zones d’ombre. Trois ans après la disparition, une question refuse de s’éteindre — et si la vérité dormait depuis le début sous le toit familial ?