Affaire Lyhanna : neuf procédures visent désormais Jérôme Barella, et ce que révèle son passé judiciaire glace le sang

Lyhanna avait 11 ans. Son corps a été retrouvé à une quinzaine de kilomètres de l’endroit où elle avait disparu. Depuis, le dossier judiciaire de Jérôme Barella ne cesse de s’alourdir — et ce qu’on y découvre dessine un parcours que personne n’a stoppé à temps.
Neuf procédures et un premier signalement qui remonte à 2017
C’est un chiffre qui fait froid dans le dos. Selon BFMTV, Jérôme Barella est désormais visé dans neuf dossiers judiciaires distincts. Quatre nouvelles procédures ont été ouvertes depuis sa mise en examen pour « enlèvement, séquestration et meurtre d’un mineur de moins de 15 ans ».
Trois plaintes supplémentaires ainsi qu’un signalement de l’ASE (Aide sociale à l’enfance) ont été adressés au parquet. L’une de ces plaintes a été déposée à Saint-Brieuc en avril 2026, pour des faits de viol remontant à 2023. Le mécanisme est toujours le même : des faits anciens refont surface à mesure que l’affaire prend de l’ampleur.
Le premier signalement connu date de 2017. Une mère avait alors porté plainte pour attouchements sexuels sur sa fille de 17 ans. L’adolescente avait déclaré être consentante, et l’affaire n’avait pas abouti. Trois ans plus tard, en 2020, Barella était licencié d’un lycée pour un comportement jugé « inapproprié » avec une élève. Ce schéma de signalements ignorés rappelle hélas d’autres affaires où les alertes existaient mais n’ont jamais été priorisées.
En 2022, une plainte pour viol déposée à Béthune a été classée sans suite. En 2025, la mère de Rosa — prénom modifié — portait plainte à Plaisance-du-Touch, en Haute-Garonne, pour des viols commis sur sa fille entre septembre 2024 et mai 2025, au domicile même du suspect. Dans ce dernier dossier, Jérôme Barella n’avait jamais été entendu par les enquêteurs. Jamais.
70 000 dossiers à reprendre avant le 14 juillet : la réaction du gouvernement
Dimanche 7 juin, le garde des Sceaux Gérald Darmanin a pris la parole. Son annonce a le mérite d’être concrète : il demande aux procureurs généraux de reprendre « l’intégralité des plaintes qui touchent les enfants ». Le volume estimé donne le vertige — environ 70 000 dossiers à examiner d’ici au 14 juillet.
L’objectif est clair : identifier les affaires où un suspect n’a pas été auditionné, où une plainte a été classée trop vite, où un signalement a été enterré. Le cas Barella en est l’illustration brutale. Deux plaintes pour viols sur mineurs existaient avant la disparition de Lyhanna. Deux avaient été classées. La troisième dormait sans audition.
« Manifestement, cette plainte n’a pas été priorisée », a reconnu le ministre. Une phrase sobre qui résume des années de dysfonctionnement au sein de la chaîne pénale. Darmanin assure avoir demandé aux parquets de prioriser les violences faites aux femmes et aux enfants. Reste une question qui brûle : comment des juridictions déjà surchargées vont-elles absorber un tel tsunami de réexamens en cinq semaines ?
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La pression politique est maximale. Mais les grandes figures politiques le savent : entre l’annonce et l’exécution, il y a souvent un fossé que les moyens ne permettent pas de combler.

Le jour où Lyhanna est montée dans cette voiture en sortant du collège
La chronologie des faits reste glaçante dans sa banalité. Le 29 mai, Lyhanna sort de son collège de Fleurance, dans le Gers. Elle monte dans la voiture du suspect. C’est la dernière fois qu’on la voit vivante.
Six jours de recherches, d’espoir fragile, d’appels à témoins. Puis le jeudi 4 juin, son corps est découvert dans la commune de Puycasquier, à une quinzaine de kilomètres de là. La France entière encaisse le choc.
Ce qui rend cette affaire insoutenable, ce n’est pas seulement le drame lui-même. C’est le sentiment, documenté dossier après dossier, que les alertes existaient. Depuis 2017, des signaux étaient là. Un licenciement. Des plaintes. Un signalement de l’ASE. Et pourtant, cet homme circulait librement, à quelques mètres d’un collège.
Jérôme Barella a 41 ans. Il est décrit comme « un monsieur tout-le-monde d’une banalité écœurante ». C’est peut-être ça, le plus terrifiant. Pas le monstre qu’on imagine. Juste un homme que le système a vu passer — et laissé filer.
Neuf procédures, des années de signalements, et une enfant de 11 ans qui ne rentrera jamais chez elle. L’affaire Lyhanna pose une question que 70 000 dossiers en attente rendent urgente : combien d’autres alertes dorment encore dans un tiroir de parquet ? Si cette histoire vous révolte, parlez-en — parce que le silence, ici, a déjà trop duré.