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Bloqué sur un rebord de 15 cm à 3 000 mètres : « le plus dur, c’était les pieds »

Publié par Cassandre le 03 Sep 2026 à 9:28
Corniche rocheuse étroite éclairée de nuit en montagne

Un pied posé, l’autre suspendu dans le vide. C’est ainsi que Rob Martin a passé des heures interminables, cramponné à une corniche large comme une main, au-dessus d’un précipice vertigineux. Ce qui devait être une simple ascension en Sierra Nevada a viré au cauchemar suspendu entre ciel et roche. Le récit de son sauvetage, révélé dans les médias américains, donne le vertige rien qu’à le lire.

Une ascension qui bascule dans l’engrenage

Tout commence le samedi 22 août, vers 13 h 20. L’équipe de recherche et de secours du comté de Mono reçoit l’alerte : un alpiniste est bloqué en haute montagne, quelque part sur les flancs de Laurel Mountain. Rob Martin s’était engagé dans le couloir de Mendenhall, une voie que les secouristes eux-mêmes décrivent comme « un long couloir alpin complexe, caractérisé par des roches instables », dans un message publié sur Facebook.

C’est en s’écartant de cet itinéraire que la situation dérape. L’alpiniste s’enfonce sur un terrain de plus en plus vertical, un terrain devenu « impossible à sécuriser » selon les sauveteurs. Comme d’autres accidents de montagne récents, ce genre d’écart de trajectoire suffit à transformer une randonnée technique en piège mortel.

Il se retrouve finalement coincé sur une corniche de seulement 15 centimètres de large, à environ 3 000 mètres d’altitude. En contrebas : un vide de plus de 730 mètres. À cette hauteur, la moindre glissade ne pardonne pas, comme l’a rappelé un autre accident survenu en montagne où la chute s’est révélée fatale.

Huit heures sur un rebord grand comme une main

Les secours se lancent immédiatement, mais l’intervention tourne au parcours d’obstacles. Pendant plus de deux heures, les équipes ne parviennent pas à localiser l’alpiniste dans ce dédale rocheux. Puis, enfin, une voix se fait entendre au loin, rapporte le New York Times.

Impossible pourtant de l’hélitreuiller : le vent s’y oppose fermement. Pendant ce temps, Rob Martin lutte seul contre l’épuisement et la peur. La corniche est si étroite qu’il ne peut y poser qu’un seul pied à la fois, obligé d’alterner entre sa jambe droite et sa jambe gauche pour tenir debout, minute après minute.

Il confie ensuite à NBC : « Beaucoup de pensées angoissantes et solitaires. J’avais des crampes aux mains. Le plus difficile, c’était les pieds : ils étaient sur seulement la moitié du rebord ». Une épreuve qui rappelle d’autres situations extrêmes, comme cet homme resté bloqué 14 heures sur une tyrolienne dans le Tarn, condamné lui aussi à tenir malgré le froid.

Visage d'un alpiniste épuisé après son sauvetage nocturne

Une course contre la nuit qui vire au sauvetage in extremis

Les sauveteurs du comté de Mono savent qu’ils n’ont pas le droit à l’erreur. « Sans intervention, une chute mortelle était de plus en plus probable si la personne restait sur place pendant la nuit », expliqueront-ils plus tard. Malgré la tombée du jour et la visibilité qui s’effondre, l’opération continue.

Quatre sauveteurs se relaient alors, encordés, lampes frontales allumées pour se repérer dans l’obscurité totale de la montagne. Une progression lente, méticuleuse, où chaque mètre gagné compte. Cette ténacité rappelle celle déployée lors d’autres opérations de sauvetage risquées, à l’image du sherpa retrouvé après 48 heures dans la zone de la mort de l’Annapurna.

Après plus de 8 heures passées suspendu sur cette corniche, les secouristes parviennent enfin à atteindre Rob Martin et à le hisser en sécurité. Le sauvetage s’achève vers 4 h 30 du matin, le dimanche, soit plus de 15 heures après le début de son calvaire sur cette paroi de Sierra Nevada.

Une nuit entière suspendue entre la vie et le vide, résumée en une phrase qui dit tout : le plus dur, ce n’était pas la peur, c’était de tenir sur un demi-pied. Combien d’alpinistes prennent encore cette voie sans savoir qu’elle peut se refermer aussi vite qu’elle s’ouvre ?

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