« J’ai vu du sang partout » : mordue par un barracuda en faisant le poirier, une ado de 13 ans témoigne
Un premier jour de vacances qui vire au cauchemar. Claire Macdonel, 13 ans, venait tout juste de souffler ses bougies d’anniversaire quand elle a posé pied dans les eaux turquoise des îles Turques-et-Caïques, au sud des Bahamas.
Personne ne pouvait imaginer qu’un simple poirier dans l’eau allait tourner à la scène de film d’horreur. Un mois après les faits, l’adolescente a accepté de raconter ce qu’elle a vécu.

Un poirier qui tourne au cauchemar

« J’ai fait le poirier, dans environ 1,20 à 1,50 mètre d’eau, et au milieu du mouvement, j’ai simplement ressenti une forte pression », raconte Claire à ABC News. Une eau peu profonde, un mouvement banal de gamine en vacances. Rien ne laissait présager l’attaque.
« J’ai regardé ma main et j’ai vu du sang partout. Il coulait le long de tout mon bras », confie-t-elle. Son premier réflexe : penser à un requin.
« Quand il m’a lâchée, j’ai regardé derrière moi. J’ai simplement aperçu une grande queue argentée », précise Claire, rapporte KHOU11. Un barracuda, donc, pas le prédateur qu’on redoute le plus sur les plages.
Ce genre de confusion n’a rien d’étonnant : la peur des attaques de requins domine largement l’imaginaire collectif, alors que d’autres espèces marines peuvent tout autant surprendre les baigneurs en eaux peu profondes.
La course contre le saignement
Sa mère, Jen MacDonel, s’est précipitée dans l’eau pour extraire sa fille avant que la situation n’empire. Retour précipité vers le sable, chaque seconde comptait.
Sur la plage, une inconnue s’est présentée comme infirmière et a immédiatement proposé son aide. « Je me suis écartée et elle a confectionné un garrot pour arrêter le saignement pendant que nous attendions l’ambulance », raconte Jen MacDonel.
Ce genre de geste réflexe, appris ou instinctif, a probablement évité le pire. Les photos prises juste après montrent l’ampleur des dégâts sur la main gauche de l’adolescente.
Plusieurs lacérations profondes, des plaies béantes : le bilan médical s’annonçait lourd avant même l’arrivée à l’hôpital.
Un nerf et des tendons sectionnés
Le diagnostic est tombé, sans détour. Un nerf, plusieurs tendons et un ligament de la main gauche avaient été sectionnés par la morsure.
« Ma plus grande peur était de perdre ma main », a confié Claire. Une phrase simple, qui dit tout de l’angoisse traversée en quelques secondes dans l’eau.
Une opération est désormais programmée pour tenter de réparer les dégâts. La récupération complète de la mobilité reste incertaine à ce stade.
Les morsures d’animaux marins, même rares, peuvent causer des blessures aussi graves que celles causées par des espèces bien plus redoutées, comme le montrent d’autres attaques survenues lors de séjours à l’étranger.
Ce que l’attaque n’a pas réussi à briser
Malgré la douleur et la peur, Claire n’a rien renié de son rêve d’enfant : devenir biologiste marine. Une passion intacte, presque inébranlable.
« Ce n’est pas parce que j’ai été mordue une fois que cela change le fait que j’aime les animaux et que je veux les étudier », a-t-elle affirmé sans hésiter.

Elle a même trouvé la force de plaisanter en donnant un nom à l’animal responsable de sa blessure. « Elle a appelé le barracuda Suzie », raconte sa mère.
« Je ne suis pas en colère contre l’océan. Je suis un peu en colère contre Suzie, mais ça va passer », aurait confié l’adolescente à sa mère. Une résilience qui tranche avec la violence du moment vécu dans l’eau.
Ce genre de récit rappelle que les rencontres marines inattendues, même traumatisantes, ne détournent pas toujours les passionnés de leur vocation, comme en témoignent d’autres jeunes ayant vécu des expériences similaires aux Bahamas.