Angleterre : un bébé de 13 semaines tué par un chien de type « pocket bully » — trois arrestations

Elle s’appelait Maggie-May Ann Moody. Elle avait 13 semaines. Un jour à peine avant de fêter ses trois mois de vie, cette petite fille a été mortellement attaquée par un chien de type « pocket bully » dans une maison du nord-est de l’Angleterre. Sa famille, effondrée, a publié un hommage poignant. Trois personnes ont été interpellées. Aucune n’est liée aux proches du bébé.
Le drame de Dormanstown
Les faits remontent au 9 avril 2025. Ce jour-là, dans une maison mitoyenne de Dormanstown, une petite commune située près de Redcar, dans le comté de Cleveland, Maggie-May est attaquée par un chien décrit par la police comme étant de type « pocket bully ». L’animal cause des blessures fatales au nourrisson, qui décède sur place.
L’enquête judiciaire a été ouverte mardi dernier au tribunal du coroner de Teesside. Les magistrats ont confirmé que la petite fille se trouvait à un seul jour de son cap des trois mois au moment du drame. Ce type de tragédie, impliquant des chiens et de jeunes enfants, soulève à chaque fois une vague d’émotion au Royaume-Uni, où la législation sur les races dangereuses fait régulièrement débat.
Des gerbes de fleurs ont été déposées devant la maison où Maggie-May a perdu la vie. Les voisins, sous le choc, décrivent un quartier résidentiel calme, loin d’imaginer qu’un tel drame puisse s’y produire. Mais derrière les façades tranquilles, une enquête complexe se met en place.
Trois arrestations en quelques jours
Le jour même du drame, un homme de 45 ans a été arrêté. Le motif : suspicion d’être responsable d’un chien dangereusement hors de contrôle ayant causé un décès. Il a été placé en liberté sous caution conditionnelle après interrogatoire.

Quatre jours plus tard, le lundi 13 avril, deux nouvelles interpellations ont eu lieu. Une femme de 31 ans a été arrêtée pour suspicion de négligence envers un enfant et pour être responsable d’un chien dangereusement hors de contrôle ayant entraîné la mort. Un homme de 36 ans a également été interpellé pour le même chef d’accusation lié au chien. Tous deux ont été remis en liberté sous caution.
Détail crucial communiqué par la police de Cleveland : aucune des trois personnes arrêtées n’a de lien familial avec Maggie-May. Cette précision soulève de nombreuses questions sur les circonstances exactes dans lesquelles le bébé se trouvait au moment de l’attaque. Qui gardait l’enfant ? À qui appartenait le chien ? L’enquête devra répondre à ces interrogations, et la suite des audiences au tribunal du coroner s’annonce déterminante.
Ce type de drame rappelle d’autres affaires tragiques, comme celle de cette fillette attaquée par un rottweiler en France, ou encore ces cas où des pitbulls ont attaqué des adultes avec une violence extrême.
« On nous a volé une vie entière avec elle »
Dans un avis publié à l’occasion des funérailles de Maggie-May, sa famille a livré des mots d’une intensité rare. « Notre magnifique petite fille, Maggie-May Ann Moody, apportait du soleil même les jours de pluie », écrivent ses proches. « Bien que son temps parmi nous ait été bien trop court, elle a rempli chaque instant d’amour, de caractère, et de sa propre petite étincelle. »
Le texte poursuit : « Parfaite en tout point, Maggie-May savait déjà ce qu’elle aimait et s’assurait que tout le monde sache ce qu’elle n’aimait pas. » Derrière ces mots, on devine une personnalité naissante, un bébé plein de vie dont les expressions et les réactions faisaient déjà le bonheur de tout son entourage.
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« Elle a apporté des sourires, des rires, et une chaleur qui restera avec nous pour toujours », continue la famille. « Chérie et profondément aimée par sa maman, son papa, son frère et sa sœur, ses grands-parents, ses oncles et tantes, et son grand-oncle et sa grande-tante. Elle était le cœur de notre famille, et sa perte laisse un vide qui ne pourra jamais être comblé. »
La dernière phrase de cet hommage résume toute la douleur d’une famille brisée : « On nous a volé une vie entière avec elle, mais nous la porterons dans nos cœurs pour toujours. Son souvenir vivra dans chaque sourire, chaque moment d’amour, et dans la famille qui l’adorera pour l’éternité. » Des mots qui rappellent la détresse de ces familles confrontées à la perte brutale d’un nourrisson.
Les « pocket bullies » dans le viseur
Le chien impliqué dans l’attaque est décrit comme étant de type « pocket bully ». Cette variante compacte de l’American Bully mesure généralement entre 33 et 43 centimètres au garrot. Malgré sa petite taille, l’animal possède une musculature dense, une mâchoire puissante et un poids pouvant atteindre 25 kilos. Face à un nourrisson de 13 semaines, le déséquilibre physique est total.
Au Royaume-Uni, les XL Bullies — la version grande taille de la même race — ont été interdits depuis février 2024 après une série d’attaques mortelles qui avaient choqué le pays. Mais les « pocket bullies », plus petits, ne sont pas visés par cette interdiction. Ce drame relance le débat sur l’extension de cette législation à d’autres variantes de la race. Plusieurs associations de protection de l’enfance demandent un durcissement immédiat.
La question de la dangerosité des chiens ne se résume jamais à la seule race. L’environnement, l’éducation de l’animal, la surveillance des enfants : tous ces facteurs entrent en jeu. Mais quand un bébé de moins de trois mois est tué, la marge de nuance se réduit considérablement dans l’opinion publique.
Un débat qui dépasse les frontières
Ce drame fait écho à des situations similaires observées dans plusieurs pays européens. En France, la réglementation classe certaines races en catégories 1 et 2, imposant des obligations spécifiques à leurs propriétaires : déclaration en mairie, assurance responsabilité civile, évaluation comportementale. Les American Bullies ne figurent pas explicitement dans cette classification, ce qui crée un flou juridique exploité par certains éleveurs.
En Angleterre, la loi « Dangerous Dogs Act » de 1991 a été renforcée plusieurs fois, mais les tragédies continuent. Le cas de cette jeune femme de 19 ans tuée par son propre chien dans l’Essex avait déjà provoqué une onde de choc. Celui de Maggie-May pourrait accélérer de nouvelles mesures législatives.
Les accidents domestiques impliquant des animaux restent statistiquement rares, mais leur gravité, surtout quand de très jeunes enfants sont concernés, en fait des événements médiatiquement explosifs. Le procureur de Teesside a indiqué que l’enquête était toujours en cours et que d’autres interpellations n’étaient pas exclues.
Pour la famille de Maggie-May, le temps judiciaire ne changera rien à l’essentiel. Leur petite fille avait 13 semaines. Elle n’a jamais fêté ses trois mois. Et les mots de son avis de décès, d’une simplicité déchirante, resteront longtemps gravés : « Elle était le cœur de notre famille. »
- 24/04/2026 à 10:06J'espère qu'il vont retrouver le propriétaire du chien 🐶
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