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Vers, mouches, 35 °C… ces habitants de Villejuif ont vécu 5 jours avec un cadavre derrière la porte

Publié par Cassandre le 03 Juin 2026 à 16:49

Couloir sombre d'un immeuble social avec torchons sous une porte

Une odeur d’abord diffuse, puis insoutenable. Des vers qui s’infiltrent sous une porte malgré les torchons plaqués au sol. Et 35 °C dehors, sans possibilité d’ouvrir les fenêtres. Pendant près d’une semaine, les habitants d’un immeuble de Villejuif ont vécu un cauchemar que personne n’aurait imaginé dans une résidence sociale du Val-de-Marne. Voici comment une pénurie administrative a transformé un drame intime en calvaire collectif.

Villejuif, 27 mai : quand l’odeur envahit tout l’immeuble

Tout commence un mercredi. Dans cette résidence du Val-de-Marne, un relent inhabituel flotte dans la cage d’escalier. Les voisins mettent peu de temps à localiser sa source : l’appartement d’une femme de 62 ans, atteinte d’un cancer avancé, que plus personne n’a croisée depuis plusieurs jours.

L’Île-de-France suffoque alors sous une vague de chaleur. La température dépasse les 35 °C, et la décomposition s’accélère de manière brutale. Trois jours passent avant que les résidents se décident à appeler les pompiers, le 30 mai.

Les secours forcent la porte. À l’intérieur, le corps de la sexagénaire est déjà dans un état de décomposition avancée, selon Le Parisien. On pourrait croire que le pire est passé. Il ne fait que commencer. Car une urgence sanitaire de ce type exige un document bien précis — et personne n’est disponible pour le signer.

Pas de médecin, pas de certificat : le corps reste sur place plus de 48 heures

C’est là que la situation bascule dans l’absurde. Pour que les pompes funèbres puissent intervenir, un certificat de décès doit être établi par un médecin habilité. Or aucun praticien n’est joignable dans l’immédiat, rapporte Actu.fr.

Résultat : le corps reste dans l’appartement. Les heures deviennent des jours. Les vers franchissent le seuil de la porte malgré les torchons posés au sol par les habitants, et se répandent dans les escaliers. Des nuées de mouches envahissent les parties communes.

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« On ne réussit plus à manger, on ne peut plus rester chez nous », confie une résidente. La coïncidence avec la finale de Ligue des champions remportée par le PSG aggrave encore les choses : les policiers présents sur place quittent l’immeuble, rappelés pour d’autres priorités. Les habitants se retrouvent seuls face à une situation de crise que personne ne gère.

Certificat médical et stéthoscope posés sur un bureau

Lundi 1ᵉʳ juin : 5 jours plus tard, le corps est enfin évacué

Quand le système de santé finit par répondre, on est déjà lundi. Un médecin constate officiellement le décès, et les pompes funèbres peuvent enfin procéder à l’évacuation du corps. Cinq jours se sont écoulés depuis les premières alertes des voisins.

La mairie de Villejuif réagit par un communiqué cinglant, qualifiant la situation d’« inacceptable ». Elle pointe directement la pénurie de médecins habilités à délivrer des certificats de décès, un problème structurel qui ne date pas d’hier.

Le bailleur social Valdevy assure de son côté avoir lancé des opérations de désinfection et un traitement contre les nuisibles dans l’immeuble. Mais pour les résidents, le traumatisme est déjà ancré. Cinq jours de canicule, d’odeurs, de vers et d’impuissance — parce qu’il manquait une signature sur un document.

Un corps abandonné dans un appartement pendant presque une semaine, au cœur de l’Île-de-France, en 2026. Cette histoire dit quelque chose de très concret sur l’état de notre système médical. Et elle pose une question simple : combien de personnes âgées isolées vivent aujourd’hui à un étage de chez vous sans que personne ne s’en inquiète ?

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