Trois marches arrière, un extincteur et une vitre fermée : le casse raté d’un Netto en Essonne

Il est 4 h 30 du matin, un monospace volé recule vers le rideau de fer d’un supermarché Netto en Essonne. Sur le papier, le plan est simple. En réalité, il va tourner à la farce, avec un extincteur, une vitre qui refuse de s’ouvrir et un verdict qui a surpris jusqu’à la salle d’audience. Et l’un des deux hommes a écopé d’une peine à laquelle il ne s’attendait sans doute pas.
4 h 30 du matin, un monospace volé et un plan qui n’en était pas un
Nous sommes le lundi 8 juin 2026, à Saint-Germain-lès-Arpajon, sur la route nationale 20. Selon Actu Essonne, un Citroën C8 dérobé quelques jours plus tôt dans un parking d’Arcueil se place en marche arrière devant le rideau de fer du magasin Netto.
L’idée : l’enfoncer comme un bélier, entrer dans la galerie marchande et arracher le distributeur automatique à l’aide de sangles. Du classique, en somme, que l’on voit parfois dans des affaires plus spectaculaires comme le braquage filmé d’une boutique de luxe à la voiture bélier.
Sauf qu’ici, rien ne ressemble à un coup de maître. Les deux hommes ont comparu jeudi 1er octobre 2026 devant le tribunal d’Évry-Courcouronnes, après deux mois de détention provisoire, pour avoir volé deux véhicules afin de forcer l’entrée.
Les enquêteurs de la police judiciaire n’ont pas eu à fournir d’efforts surhumains. Les erreurs de débutants, presque risibles, se sont accumulées du début à la fin.
Le premier tentait déjà de se faire discret avec un masque, le second, lui, ne cachait même pas son visage. Et ce n’était que le début des ennuis. Que s’est-il passé quand le monospace a enfin touché le rideau ?
Un rideau de fer qui ne bouge pas, un véhicule en ruine et une panique à bord
Les images de vidéosurveillance ont tout enregistré. Nino, un masque sur les yeux, et son acolyte à visage découvert reculent à trois reprises dans le volet métallique. Trois tentatives, zéro succès.
Le véhicule, lui, n’y survit pas. Il finit en ruine, coincé dans la vitrine du magasin, sans que le rideau de fer ait cédé.
C’est là que la panique s’installe. Nino saisit un extincteur et arrose l’habitacle, alors que son compère se trouve toujours à l’intérieur du véhicule. L’air devient irrespirable.
Gérard est alors, selon la source, à la limite de l’asphyxie. Il tente de s’échapper par la vitre côté passager, avec l’énergie du désespoir. Un détail lui échappe pourtant, et il le découvre à ses dépens.
Les voleurs maladroits laissent souvent des traces, et les gestes que les vigiles repèrent toujours en rayon montrent combien un supermarché est un terrain surveillé. Ici, la caméra n’a même pas eu besoin d’être maligne.
Gérard fonce donc sur la vitre passager, qui est fermée. Il s’écrase le nez sur le carreau. Les deux hommes détalent ensuite en courant et se perdent dans la nature, persuadés peut-être d’avoir échappé à tout.
Ils se trompaient lourdement. Car ils venaient de laisser derrière eux bien plus qu’un monospace cabossé.

L’ADN sur les sangles, les téléphones bornés : la police n’a eu qu’à suivre les traces
Dans l’affaire du faux médecin comme dans celle d’un petit casse raté, l’Essonne a l’habitude des faits divers qui font du bruit. Celui-ci s’est résolu très vite.
La brigade de répression du banditisme de l’Essonne identifie rapidement les deux hommes. Leur ADN est retrouvé sur les sangles qui devaient servir à arracher le distributeur dans la galerie marchande.
Le bornage de leurs téléphones portables les place précisément sur les lieux au moment des faits. Autrement dit, ils n’avaient pensé ni aux gants, ni à laisser leurs mobiles chez eux.
Quelques jours plus tard, ils sont placés en garde à vue. Devant l’évidence, ils avouent intégralement leur participation à cette tentative de vol aggravée avortée. Et ils reconnaîtront de nouveau les faits devant leurs juges.
À l’audience, Nino, 47 ans, père de famille, lâche : « Je ne sais pas ce qui m’est passé par la tête. » Il avait déjà été condamné à quatre ans de prison ferme en première instance pour deux braquages d’enseignes discount à Longpont-sur-Orge, en mai, le visage masqué par un passe-montagne.
Gérard, 26 ans, dit lui aussi avoir « fait n’importe quoi ». Et pour cause : il a participé à cette tentative avec un bracelet électronique à la cheville.
Le procureur de la République, avec une pointe d’ironie, souligne l’amateurisme des deux prévenus. Il requiert tout de même trois ans d’emprisonnement, dont un an avec sursis. Le tribunal a rendu une décision différente.
Ce que le tribunal a décidé, et pourquoi Gérard a écopé plus lourd que prévu
Nino a été condamné à 18 mois de prison, avec maintien en détention. Une peine inférieure aux réquisitions pour lui, même si elle s’ajoute à son passif judiciaire.
Pour Gérard, le sort est tout autre. Comme il portait un bracelet électronique au moment des faits, il a été considéré comme auteur d’une tentative d’évasion, selon Actu Essonne. Verdict : il sera incarcéré à la maison d’arrêt de Fresnes pendant 23 mois.
Le plus jeune des deux prend donc davantage que son complice plus âgé. L’explication tient à son bracelet, qui change la nature du dossier. Le casse raté ne se résume plus à un simple vol.
Dans la salle d’audience, plusieurs membres de leur communauté étaient venus les soutenir. À la sortie, ils ont résumé la situation d’une phrase, reprise en chœur : « Ils ont pété un câble. »
La formule n’excuse rien, mais elle dit la stupeur de leurs proches. Un père de famille de 47 ans et un jeune homme de 26 ans, déjà sous surveillance, ont choisi un rideau de fer pour jouer leur va-tout. Le résultat tient en trois mots : nez cassé, prison, regrets.
Pourquoi cette affaire va continuer de faire parler dans les prochains mois
Reste la suite judiciaire. Nino avait déjà été condamné en première instance à quatre ans ferme pour les deux braquages de mai, et cette nouvelle peine de 18 mois vient s’ajouter à un dossier déjà lourd. La source ne précise pas si un appel est prévu.
Ce qui frappe, c’est la répétition. Les faits de juin interviennent quelques semaines après les braquages, et Gérard était déjà sous bracelet. Le tribunal a donc visiblement refusé de traiter l’affaire comme une simple bêtise.
L’enquête, elle, a été menée en quelques jours. Traces ADN, téléphones, vidéosurveillance : tout concordait. Aucune des deux défenses n’a contesté.
Les supermarchés restent des cibles régulières. Derrière les rideaux de fer, les distributeurs, les caisses et les stocks attirent. Une fois de plus, les petites habitudes du quotidien en magasin rappellent à quel point ces lieux sont à la fois banals et sous surveillance.
Côté enseigne, la limite entre voleur et victime est parfois plus ambiguë que prévu. Un autre dossier a d’ailleurs secoué l’opinion : celui d’un employé licencié après avoir arrêté un voleur.
Dans l’Essonne, on retiendra surtout l’image du monospace coincé dans la vitrine. Les hommes de loi ont parlé d’amateurisme, les proches d’un coup de folie. Reste un fait : le rideau de fer n’a jamais bougé.
Un cambriolage mal préparé peut coûter plus cher qu’un casse réussi : 18 mois pour l’un, 23 pour l’autre, et pas un euro dans la poche. Et si vous pensiez que ce fiasco était le plus absurde du genre, le faux médecin de 25 ans aux 44 000 arrêts maladie vendus en ligne vous réserve une autre histoire. Quant aux plantes oubliées, celle que les anciens cultivaient près des rivières revient en force, et pas par hasard.