Cédric Jubillar de nouveau entendu : ce qu’une juge veut lui faire préciser sur la nuit du drame
Deux mois. C’est le temps qui s’est écoulé depuis que Cédric Jubillar a fait ses aveux devant la cour d’assises du Tarn. Depuis, l’enquête ne s’est pas arrêtée : elle vient de basculer dans une nouvelle phase, plus minutieuse, plus technique.

Ce vendredi matin, l’artisan plaquiste de 39 ans doit à nouveau s’expliquer, cette fois devant une juge. L’enjeu : combler les zones d’ombre qui subsistent avant un rendez-vous judiciaire capital, prévu au printemps 2027.
Pourquoi cette nouvelle audition, deux mois après les aveux
Cédric Jubillar est attendu ce vendredi 18 septembre au tribunal judiciaire de Toulouse. L’audition, programmée à 10 heures, doit durer plusieurs heures selon les informations disponibles.
Elle intervient dans un contexte particulier : la justice française avance parfois lentement, mais ici, une échéance précise impose le rythme. Le procès en appel devant la cour d’assises de Haute-Garonne est fixé du 30 avril au 14 mai 2027.
Cette date butoir change tout. Les enquêteurs et la magistrature n’ont plus le luxe du temps infini : chaque élément du récit de l’accusé doit être vérifié, recoupé, consolidé avant l’audience. C’est cette urgence méthodique qui explique pourquoi Cédric Jubillar est de nouveau convoqué si peu de temps après ses révélations initiales.
Une reconstitution judiciaire est également programmée le 2 octobre, dans la maison familiale de Cagnac-les-Mines et sur le site de Mailhoc. Deux étapes qui se répondent : l’audition d’aujourd’hui doit préparer le terrain pour cette reconstitution grandeur réelle, où chaque geste du 15 décembre 2020 sera rejoué.
Ce que la juge veut faire préciser sur la nuit du drame
Le 15 juillet dernier, devant la présidente Valérie Noël, Cédric Jubillar avait livré des aveux spontanés. Il racontait avoir étranglé son épouse dans la cuisine de leur maison, vers 1h30 du matin, après une dispute conjugale qui aurait mal tourné.
Ces déclarations n’étaient pas restées sans effet. Le lendemain même, deux fémurs appartenant à Delphine Jubillar avaient été retrouvés dans un champ agricole de Mailhoc, à une quinzaine de kilomètres du domicile familial.
L’audition de ce vendredi vise précisément à approfondir ce récit encore incomplet. Il s’agit de reconstituer, minute par minute, le déroulé de cette nuit : de la dispute initiale au transport du corps, jusqu’à son enfouissement dans un monticule de terreau agricole. La justice cherche ici un niveau de détail que les premiers aveux, encore fragmentaires, n’avaient pas apporté.
Delphine Jubillar, infirmière tarnaise de 33 ans et mère de deux enfants, avait disparu dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Pendant près de cinq ans, son corps est resté introuvable, transformant cette affaire en l’une des disparitions les plus médiatisées de ces dernières années.

Le poids de la date butoir de 2027 sur l’enquête
Cédric Jubillar sera assisté ce matin par l’un de ses avocats, Me Pierre Debuisson. Sa présence n’est pas anodine : chaque déclaration désormais faite par son client pourra être utilisée, contredite ou confirmée lors du procès d’appel.
Car le contexte a radicalement changé depuis octobre 2025. À cette époque, la cour d’assises du Tarn l’avait condamné à 30 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son épouse. Il clamait alors son innocence, et le corps de Delphine demeurait introuvable.
Aujourd’hui, les aveux ont renversé la donne judiciaire. L’audition de ce vendredi et la reconstitution du 2 octobre doivent permettre de bâtir un dossier plus solide, cohérent, exploitable devant la cour d’assises de Haute-Garonne. C’est tout l’enjeu de ces semaines : transformer un récit encore lacunaire en une reconstitution suffisamment précise pour être présentée aux jurés en 2027.
Aucune fuite précise n’a filtré sur le contenu exact de cette audition. Mais selon La Dépêche, elle devrait permettre d’entrer un peu plus dans les détails de cette nuit tragique, sans que l’on sache encore quels éléments nouveaux pourraient en émerger.
Rien ne garantit que cette étape suffise à clore toutes les zones d’ombre du dossier. Mais elle rapproche, un peu plus, la justice de la reconstitution du 2 octobre — et de l’échéance de 2027 qui, désormais, dicte le calendrier de toute l’affaire.