« Je suis prêt à révéler où se trouve le corps » : Cédric Jubillar va t-il donner cette information cruciale à la justice ?
Cinq ans qu’on cherche Delphine Jubillar. Cinq ans que son mari clame son innocence, procès après procès, interrogatoire après interrogatoire. Et puis, coup de théâtre : une lettre manuscrite vient de tout changer, deux mois avant l’ouverture de son procès en appel.

Une affaire vieille de cinq ans qui bascule enfin
Tout commence dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn. Delphine Jubillar, infirmière et mère de deux enfants, disparaît sans laisser de trace. Son mari, Cédric Jubillar, peintre-plaquiste, donne l’alerte au petit matin. Le couple traversait alors une séparation douloureuse : Delphine avait entamé une nouvelle relation et envisageait de quitter le domicile conjugal pour de bon.
Les enquêteurs s’intéressent très vite à Cédric. Ses déclarations paraissent contradictoires, son téléphone et celui de Delphine sont passés au crible, la nuit du drame reconstituée minute par minute. Une enquête tentaculaire qui n’aboutit jamais à la découverte du corps, malgré des recherches acharnées dans toute la région.
En juin 2021, il est mis en examen pour meurtre sur conjoint et placé en détention provisoire, où il reste depuis. Condamné à 30 ans de réclusion criminelle en 2025 en première instance, il a toujours clamé son innocence. Jusqu’à cette lettre, qui rebat toutes les cartes à l’approche du procès en appel prévu en septembre.
Ce que révèle précisément la lettre d’aveux
C’est la Dépêche du Midi qui révèle l’information en premier. Dans un courrier manuscrit remis ces dernières semaines à son avocat Pierre Debuisson, Cédric Jubillar reconnaîtrait « formellement son entière responsabilité dans la disparition de sa femme ».
« Il m’a remis un écrit détaillé en formulant des aveux de culpabilité », a confirmé son avocat. Sollicité par l’AFP, Me Debuisson a évoqué « des aveux » et « son souhait de reconnaître sa culpabilité dans la disparition de sa femme Delphine ». Une conférence de presse était prévue lundi à 13h00 pour détailler cette bascule spectaculaire.
Dans sa lettre, Cédric Jubillar livre quelques détails sur le déroulé de cette nuit fatale. Une dispute aurait éclaté entre les époux, dégénérant rapidement, avec des insultes échangées. Il aurait aussi confirmé qu’une Peugeot 207 bleue, véhicule au cœur des débats lors du premier procès, a bien servi à transporter le corps de Delphine. Une pièce qui pourrait relancer les débats, tout comme d’autres révélations sur des preuves numériques déjà évoquées dans le dossier.
Son avocat précise que ces aveux se sont construits « de manière progressive » ces dernières semaines. « J’ai senti un homme affaibli mais qui avait besoin de parler », confie Me Debuisson. Le sujet aurait d’abord été abordé au parloir, avant que Cédric Jubillar ne couche ses aveux sur le papier.

Le lieu du corps : la promesse la plus attendue
Au-delà du choc de ces aveux tardifs, un détail concentre toutes les attentions : Cédric Jubillar se dirait désormais prêt à indiquer l’endroit où il aurait dissimulé le corps de sa femme. Une information capitale pour une famille qui attend depuis cinq ans de pouvoir faire son deuil.
Selon les informations relayées, il souhaiterait également offrir une sépulture à Delphine. Une démarche qui, si elle apporte enfin une réponse à ceux qui la cherchaient, intervient aussi dans un contexte particulier : celui d’une possible amélioration de ses conditions de détention, sujet déjà évoqué par son nouveau conseil.
Ce revirement de stratégie fait justement suite à un changement d’avocat.
« M. Jubillar a envoyé une lettre à M. Berton pour lui dire qu’il ne souhaitait plus de lui comme avocat, non pas en raison d’un conflit, mais compte tenu de la distance, du fait qu’il n’était pas certain qu’il puisse être présent pendant tout le procès », avait expliqué début juillet Pierre Debuisson.
Lors du premier procès, Cédric Jubillar était défendu par les avocats toulousains Emmanuelle Franck et Alexandre Martin.
L’avocat a assuré que son client poursuivra ses révélations lorsqu’il sera entendu par la justice. Reste à savoir si ces aveux, aussi tardifs soient-ils, permettront enfin de localiser le corps de Delphine avant l’ouverture du procès en appel, en septembre.
Cinq années de silence, une lettre, et peut-être enfin une réponse pour une famille en quête de vérité. L’affaire Jubillar, déjà l’un des dossiers criminels les plus médiatisés de la décennie, s’apprête à connaître son chapitre le plus attendu.