Delphine Jubillar : Cédric Jubillar aurait désigné avec précision l’endroit où repose le corps
Cinq ans et demi de silence, puis un revirement total. Cédric Jubillar, condamné en octobre 2025 pour le meurtre de son épouse Delphine, a fini par avouer. Depuis, l’enquête s’accélère à une vitesse folle dans le Tarn. Ce jeudi, plus d’une centaine de gendarmes fouillent un secteur précis, et un détail donné par l’accusé lui-même pourrait enfin mettre fin à cinq années de recherches infructueuses.

Un dispositif hors norme mobilisé dans le Tarn
Impossible de rater le déploiement. Selon la gendarmerie nationale, 100 militaires sont mobilisés ce jeudi pour tenter de retrouver le corps de Delphine Jubillar, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn. Un escadron de gendarmerie mobile, le groupement local, la section de recherches de Toulouse, l’Institut de recherches criminelles de la gendarmerie nationale et cinq équipes cynophiles spécialisées dans la détection de restes humains sont sur le terrain.
La route départementale 600 a été coupée dans les deux sens au lieu-dit le Régalieur, une douzaine de militaires filtrent les accès, et une mini-pelleteuse a été acheminée près d’un espace boisé peu après 10 heures.
Des fouilles similaires se déroulent aussi du côté de Villeneuve-sur-Vère, à une dizaine de kilomètres. Cette affaire rappelle, par sa longueur et son intensité médiatique, d’autres dossiers qui ont tenu la France en haleine, comme l’affaire Émile, où chaque indice technique a fini par compter.
Extrait de prison pour guider les enquêteurs
C’est là que tout bascule. Cédric Jubillar a été extrait mercredi de sa cellule de la prison de Seysses, où il est incarcéré à l’isolement, pour être entendu à la cour d’appel de Toulouse. Il a été extrait à nouveau jeudi matin, cette fois pour participer directement aux fouilles et orienter les militaires sur le terrain.
Le procureur général de Toulouse, Nicolas Jacquet, a confirmé les faits dans un communiqué : cette audition faisait suite à la conférence de presse de ses avocats du 6 juillet 2026, puis à un courrier envoyé le lendemain à la cour d’assises, faisant état de la reconnaissance par leur client de son implication dans la mort de Delphine Aussaguel.
« Lors de cet interrogatoire, Cédric Jubillar a reconnu être à l’origine de la mort de Delphine Aussaguel et indiqué pouvoir orienter les enquêteurs pour localiser le corps », précise le magistrat.
Une volte-face aussi soudaine qu’inattendue pour cet ancien peintre-plaquiste qui avait toujours clamé son innocence, y compris pendant son procès de septembre 2025.

Des ossements découverts, l’espoir d’un dénouement
Selon les informations de plusieurs médias, dont RTL et BFMTV, Cédric Jubillar aurait indiqué « précisément le lieu où a été déposé le corps ». Des ossements ont effectivement été retrouvés ce matin, à une quinzaine de kilomètres de Cagnac-les-Mines, mais leur identité reste à déterminer à cette heure. Le parquet général de Toulouse a confirmé que des recherches diligentées par la gendarmerie nationale pour localiser le corps de Delphine Aussaguel étaient actuellement en cours.
Rappel des faits : disparue à 33 ans, mère de deux enfants, infirmière de profession, Delphine Jubillar s’était volatilisée alors que le couple traversait une séparation houleuse. Malgré d’immenses battues menées dès 2020, aucune trace de son corps n’avait jamais été retrouvée. Son mari, condamné à trente ans de réclusion criminelle le 17 octobre 2025, avait fait appel et devait être rejugé à Toulouse à l’automne 2026, avant que ses aveux ne changent totalement la donne.
Si l’identification des ossements confirme qu’il s’agit bien de Delphine, ce sera la première fois en cinq ans et demi que la justice touche enfin au but. Un dénouement que personne n’osait plus espérer, y compris les enquêteurs les plus chevronnés du dossier.
Cinq ans de silence, dix jours d’aveux, et peut-être quelques heures avant la vérité définitive. L’enquête continue d’avancer minute par minute sur le terrain tarnais.