Château gonflable emporté par le vent : une fillette de 3 ans meurt, 11 blessés


Un après-midi de fête, des enfants qui jouent, un château gonflable coloré. Et puis une rafale. En quelques secondes, la structure s’envole dans le ciel de Montréal, emportant avec elle l’insouciance d’une journée ordinaire.
Une fillette de 3 ans est décédée. Onze personnes ont été blessées. Ce drame, survenu le 31 mai au parc Ouellet, relance un débat que l’on croyait réglé : ces structures sont-elles vraiment sûres quand le vent se lève ?
Parc Ouellet, Montréal : la fête vire au cauchemar en quelques secondes
C’était une fête organisée par une église locale, dans le quartier de LaSalle, au sud-ouest de Montréal. Des familles, des enfants, un château gonflable installé dans le parc Ouellet. Rien d’inhabituel, jusqu’à ce que le vent monte.
Les rafales ont atteint 50 km/h ce dimanche après-midi. Suffisant pour arracher la structure du sol et la projeter dans les airs, avec des enfants encore dessus. Une tente adjacente a elle aussi été soulevée par la bourrasque.
Bilan : 11 blessés, dont 6 hospitalisés. Et une fillette de 3 ans qui n’a pas survécu à ses blessures. Sur place, des témoins ont décrit une scène de sidération absolue, des parents courant dans tous les sens, des cris.
La coroner Martine Lachance a été désignée pour enquêter sur les causes et les circonstances exactes du décès.
Australie, Espagne… ces drames à répétition que personne ne retient
Ce qui glace le sang, c’est que ce type d’accident se répète. Encore et encore. En 2021, en Tasmanie, six enfants sont morts lorsqu’un château gonflable s’est élevé à 10 mètres du sol lors d’une fête de fin d’année à l’école primaire de Hillcrest, à Devonport.
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En 2022, à Mislata, près de Valence en Espagne, une fillette de 8 ans a succombé à ses blessures après l’envol d’un gonflable lors d’une foire. Huit autres enfants avaient été blessés. L’année 2017 avait déjà été marquée par la mort d’une enfant de 6 ans à Caldes de Malavella, en Catalogne, dans des circonstances quasi identiques.
Cathy Denis, propriétaire d’une entreprise de location de châteaux gonflables au Québec, est formelle : elle refuse d’installer ses structures dès que les prévisions annoncent des vents supérieurs à 38 km/h. « Même correctement ancrés, ces gonflables offrent une surface de prise au vent énorme », explique-t-elle. Une rafale soudaine suffit à tout faire basculer.

38 km/h : le seuil critique que beaucoup ignorent encore
Sommes-nous vraiment préparés face à ce risque ? Au Royaume-Uni, le Health and Safety Executive interdit l’utilisation de tout gonflable au-delà de 38 km/h. L’organisme exige même l’usage d’un anémomètre pour mesurer la vitesse du vent à intervalles réguliers. Sans cet outil, pas d’utilisation en extérieur. Point.
Au Canada, Santé Canada recommande un ancrage solide au sol pour empêcher tout basculement ou envol. Mais entre la recommandation et la réalité du terrain, l’écart reste immense. Une étude publiée en 2013 par l’Agence de santé publique du Canada avait identifié 674 blessures liées aux structures gonflables entre 1990 et 2009.
Les enfants de 2 à 9 ans représentaient la part la plus importante des victimes. Les fractures comptaient pour plus d’un tiers des cas. Des chiffres qui datent de plus de dix ans, et qui n’ont manifestement pas suffi à changer les pratiques.
Le problème, au fond, est simple. Ces structures sont pensées pour la joie. Mais le vent, lui, ne prévient pas toujours.
Chaque été, des milliers de châteaux gonflables sont installés dans des parcs, des jardins, des fêtes de village à travers le monde. La question qui revient après chaque drame est toujours la même : faudra-t-il combien de victimes de plus pour qu’on impose enfin des normes contraignantes partout ?