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Chirurgien accusé de viols au Mans : une trentaine d’anciennes patientes contactent l’avocat, inquiètes

Publié par Cassandre le 28 Juil 2026 à 8:26

Un coup de fil, puis dix, puis trente. Depuis l’annonce de la mise en accusation d’un chirurgien du Mans pour viols sur patientes endormies, le téléphone d’un avocat sarthois n’arrête plus de sonner.

À l’autre bout du fil, des femmes. Certaines opérées par ce même médecin il y a des années, aujourd’hui rongées par une seule question : ai-je moi aussi été une victime ?

Femme inquiète tenant son téléphone dans un salon

Une plainte qui ouvre une brèche

Tout part d’une patiente qui a franchi la porte d’un commissariat du Mans. Elle accuse ce chirurgien de l’avoir violée alors qu’elle était endormie, mais aussi d’avoir photographié ses parties intimes pendant l’intervention.

Son témoignage n’est pas resté isolé. D’après les éléments recueillis, ce médecin est suspecté d’avoir agi de la même façon sur quatre patientes différentes, toutes plongées sous anesthésie au moment des faits.

Ce type de dossier n’est malheureusement pas un cas isolé en France : un autre chirurgien du Mans avait déjà été accusé d’avoir violé des patientes endormies au bloc opératoire, un dossier qui avait fait grand bruit dans la région.

« Est-ce que je suis dans le dossier ? »

C’est la phrase que Me Jonathan Proust, l’avocat de la plaignante, entend en boucle depuis plusieurs jours. Il l’a confiée au micro d’Ici Maine, avant de la confirmer à nos confrères d’Actu Le Mans.

« On a reçu beaucoup d’appels, de messages, de mails de femmes apeurées nous demandant : est-ce que je suis dans le dossier, est-ce que je dois craindre pour mon intégrité ? », résume l’avocat.

Une trentaine de sollicitations en tout, selon lui. Des femmes, mais aussi des proches inquiets à leur place.

« J’ai même eu le mari d’une femme qui m’a contacté, en disant que son épouse n’osait pas m’appeler », raconte encore Me Proust. Un détail qui donne la mesure du malaise provoqué par cette affaire dans la région mancelle.

Bureau d'avocat avec téléphone sonnant et dossiers

Ce que l’enquête peut encore révéler, ou pas

Sauf que la situation judiciaire freine tout espoir de réponse immédiate. L’avocat le confirme lui-même : l’enquête est aujourd’hui clôturée.

Concrètement, cela signifie qu’il n’est plus possible d’ajouter formellement d’autres victimes à ce dossier précis, même si de nouveaux témoignages venaient à émerger dans les prochains jours.

Cette angoisse de « savoir » rappelle d’autres affaires médicales retentissantes, comme celle du chirurgien pédocriminel Joël Le Scouarnec, où une lettre avait révélé que son ex-femme était au courant depuis longtemps. Des dossiers qui interrogent la même chose : comment un praticien a-t-il pu agir si longtemps sans être inquiété ?

Reste que pour les femmes qui ont appelé le cabinet de Me Proust, l’incertitude persiste. Beaucoup devront vivre avec le doute, sans réponse officielle à attendre de cette procédure.

Ce que risque le chirurgien

Le 12 juin 2026, le juge d’instruction a rendu son ordonnance. Elle renvoie ce médecin devant la cour criminelle départementale.

Les faits retenus sont lourds : viols commis sur personnes vulnérables, mais aussi atteinte à l’intimité de la vie privée par fixation d’images à caractère sexuel, utilisation et conservation de ces mêmes images.

C’est la procureure de la République, Carine Haley, qui a détaillé ces qualifications dans un communiqué officiel.

Face à d’autres accusations de viols sous anesthésie, certains patients gardent aussi le souvenir de gestes déplacés pendant des soins, comme cette femme qui affirme avoir observé des touchers vaginaux pendant des anesthésies à l’hôpital, un témoignage qui avait relancé le débat sur le consentement en milieu médical.

Façade d'un palais de justice français au crépuscule

Un appel qui pourrait tout changer

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Le chirurgien, qui reste présumé innocent à ce stade de la procédure, a fait appel de cette décision.

C’est désormais la chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Angers qui doit trancher. Elle décidera s’il doit ou non être jugé devant la cour criminelle départementale.

L’audience est déjà fixée : ce sera le mercredi 9 septembre 2026. D’ici là, ni les victimes présumées, ni les femmes inquiètes qui ont appelé Me Proust n’auront de certitude.

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