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Mis en examen pour avoir drogué près de 250 femmes, cet ex-DRH exerce toujours sous un faux nom

Publié par Cassandre le 05 Sep 2026 à 12:55
Homme en costume assis lors d'un entretien d'embauche

Un scandale qui remonte à 2018, une plainte qui a fait trembler le ministère de la Culture. Puis un silence, huit ans durant, pendant lequel l’homme accusé aurait continué sa carrière comme si de rien n’était. Sauf que sous un autre nom, dans un tout autre bureau, il donnait encore des conseils en ressources humaines.

Un scandale qui avait secoué le ministère de la Culture

Christian Nègre, ancien directeur régional des affaires culturelles pour le Grand Est, avait été démasqué en 2018. Une sous-préfète l’avait surpris en train de la photographier discrètement sous la table, lors d’un entretien professionnel. Elle avait porté plainte, ouvrant une affaire que l’ex-ministre Franck Riester avait qualifiée de « complètement folle, d’un pervers ».

Depuis, l’enquête a pris une ampleur vertigineuse. Christian Nègre est mis en examen pour avoir drogué avec un diurétique près de 250 femmes, sous couvert d’entretiens d’embauche, afin de les forcer à uriner devant lui. Un dossier tentaculaire qui interroge aussi sur les métiers des ressources humaines et sur la manière dont un tel comportement a pu passer inaperçu si longtemps.

Selon son avocate, Iris Biehler, qui représente une des plaignantes, l’homme est présumé innocent et n’a aucune interdiction de travailler dans le cadre de son contrôle judiciaire. Une situation qui, huit ans après les faits, continue de nourrir l’inquiétude de plusieurs victimes, alors même que certaines carrières en ressources humaines se poursuivent sans encombre ailleurs.

Toujours en poste, mais sous un pseudonyme

C’est là que l’histoire prend un tour presque vertigineux. Selon franceinfo, qui confirme une information du Dauphiné Libéré et de RTL, Christian Nègre exerce toujours dans le secteur, sous le prénom « Bernard ».

Son profil est même consultable sur le site du cabinet parisien 3R Consultants. Sur son CV, il se présente comme « coach de dirigeants et consultant en ressources humaines, management et organisation », sans mentionner ni le ministère de la Culture ni la Drac Grand Est.

Ce n’est pas la première fois que ce nom d’emprunt refait surface. En octobre 2025, Ouest-France révélait qu’il enseignait dans les écoles de commerce MBway et Ecofac, à Caen et Colombelles, sous le patronyme « Bernard Genre » — une anagramme presque transparente de son vrai nom. Un article sur les débuts professionnels compliqués montre à quel point un CV peut cacher bien des zones d’ombre.

CV et documents professionnels posés sur un bureau

Une avocate dénonce une « volonté de dissimulation »

Dès 2019, le site ICI Grand Est évoquait déjà une reconversion de Christian Nègre comme coach professionnel après sa révocation. Pour Maître Iris Biehler, l’usage répété d’un pseudonyme relève d’une « volonté de dissimulation », signalée aux deux juges d’instruction en charge du dossier pour réclamer de nouvelles investigations.

« Il prodigue des cours et des accompagnements dans le même secteur d’activité, cela pose des difficultés », alerte l’avocate, qui redoute une « réitération des faits reprochés ». Le fondateur du cabinet 3R Consultants, Willem Royaards, assure de son côté n’avoir jamais connu la véritable identité de ce formateur. Il affirme avoir retiré son profil « par mesure de précaution » — pourtant toujours visible en ligne vendredi.

Le calendrier judiciaire, lui, s’étire. La procureure de Paris Laure Beccuau a annoncé que la clôture des investigations n’est attendue qu’à la fin de l’année 2026, et appelle toute victime non identifiée à se manifester auprès de l’OCRVP.

Une réunion entre juges d’instruction et parties civiles est prévue le 10 septembre au tribunal judiciaire de Paris, pour faire le point sur une procédure dont l’ampleur — comme certaines affaires à multiples plaintes — continue de s’élargir mois après mois, à l’image d’autres dossiers judiciaires où la lenteur de la justice frustre les victimes.

Un nom d’emprunt, un CV amputé de son passé, et un secteur professionnel qui n’a rien vu venir : voilà comment un mis en examen continue, huit ans après, à évoluer dans les bureaux des ressources humaines. Reste une question qui dérange : combien d’autres profils similaires passent aujourd’hui sous les radars des recruteurs ?

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