Répulsif anti-insectes, perte d’équilibre, 30 mètres de vide… le récit glaçant de cette randonnée qui a viré au drame au Brésil


Le Brésil vit un week-end cauchemar. Deux femmes sont mortes en moins de 24 heures dans des chutes vertigineuses, dans des circonstances radicalement différentes. La seconde tragédie est peut-être la plus troublante : un geste du quotidien, un sentier escarpé, et 30 mètres de vide sous les yeux du guide.
Deux drames en 24 heures : le Brésil sous le choc
Le samedi 13 juin 2026, une étudiante de 21 ans perdait la vie lors d’un saut à l’élastique. Les employés de la plateforme avaient tout simplement oublié de l’attacher avant de la pousser dans le vide. Une chute libre de 40 mètres, fatale. L’affaire a provoqué une onde de choc dans tout le pays.
Mais le lendemain, dimanche 14 juin, un autre drame venait s’ajouter à l’horreur. Cette fois, pas de négligence d’opérateur ni de sport extrême. Juste une randonnée en groupe, un sentier rocheux et un instant d’inattention. La victime s’appelait Rosemary Suzart Garcia, elle avait 59 ans.
Les deux incidents n’ont aucun lien direct entre eux. Pourtant, leur proximité temporelle a plongé le Brésil dans un débat national sur la sécurité des activités de plein air. Sur les réseaux sociaux, les témoignages de randonneurs et d’amateurs de sensations fortes se multiplient, entre colère et sidération. Le pays tout entier retient son souffle face à cette série noire que personne n’avait vu venir.
Un geste anodin, puis le vide : ce qui s’est passé sur le sentier des Grutas do Spar
Ce dimanche matin, Rosemary participe à une sortie organisée aux Grutas do Spar, un site naturel situé à Maricá, dans l’État de Rio de Janeiro. Le groupe est nombreux, l’ambiance conviviale. Le sentier, lui, est escarpé. Des parois rocheuses, des passages étroits, une végétation dense.
À un moment de la progression, Rosemary s’arrête. Elle sort un flacon de répulsif contre les insectes et commence à s’en appliquer. Un geste banal, presque machinal. Sauf que le terrain est traître. En manipulant le produit, elle perd l’équilibre et bascule dans le vide. 30 mètres plus bas, le sol rocheux ne pardonne pas.
Le guide de randonnée a tout vu. Selon le média brésilien Globo, il s’est jeté vers elle au moment où elle basculait pour tenter de la rattraper. En vain. Il a même failli être entraîné dans la chute. Un réflexe héroïque qui aurait pu coûter deux vies au lieu d’une.
Les secours ont retrouvé le corps de Rosemary en contrebas. Elle était déjà décédée. D’après les autorités locales, toutes les conditions de sécurité étaient pourtant réunies ce jour-là.

Équipée mais pas protégée de l’imprévisible : l’enquête est ouverte
C’est le détail qui rend ce drame encore plus cruel. Rosemary n’avait rien laissé au hasard. Elle portait un casque, des gants, des équipements de protection adaptés au terrain. Contrairement à l’étudiante morte la veille à cause d’une erreur humaine flagrante, ici aucune faute d’un tiers ne semble en cause.
Un simple geste d’hygiène — s’appliquer du répulsif — a suffi à provoquer la catastrophe. Le terrain instable, la hauteur vertigineuse et l’absence de barrière naturelle ont fait le reste. La police civile de Maricá a ouvert une enquête pour déterminer les circonstances exactes de la chute.
Les enquêteurs chercheront notamment à savoir si le parcours était correctement balisé et si des avertissements avaient été donnés aux randonneurs sur les zones à risque. Le guide, témoin direct de la scène, sera entendu. Sur les réseaux sociaux brésiliens, des habitués du site décrivent un passage connu pour être particulièrement dangereux par temps humide, même pour les marcheurs expérimentés.
L’affaire relance un débat qui dépasse largement le Brésil : jusqu’où peut-on sécuriser un sentier naturel sans le dénaturer ? Et quand la montagne frappe, même les mieux équipés ne sont jamais à l’abri.
Deux femmes, deux chutes, deux jours consécutifs. Le Brésil pleure et s’interroge. Parfois, le danger ne vient pas de l’extrême — il vient d’un flacon de répulsif sorti au mauvais endroit. Et vous, avez-vous déjà eu un moment de frayeur sur un sentier de randonnée ?