Landes : le cirque Zavatta force le passage à Vieux-Boucau malgré le refus de la mairie en 2026

Vieux-Boucau, petite station balnéaire des Landes, avait été claire avec ses habitants : pas de cirque Zavatta cette année. La mairie avait refusé officiellement l’installation sur son territoire. Mais vendredi 10 juillet 2026, un convoi impressionnant a tout de même déboulé dans la commune, ignorant purement et simplement l’interdiction.
Un refus municipal balayé par un convoi de 40 poids lourds
La scène s’est déroulée dans la plus petite commune du littoral aquitain. Malgré un refus clairement notifié, le cirque Zavatta a fait son entrée à Vieux-Boucau avec un convoi d’environ quarante semi-remorques. Un déploiement logistique qui n’a rien laissé au hasard, sinon l’accord de la municipalité.
Sur ses réseaux sociaux, la mairie a expliqué que le cirque était « passé en force par la déchetterie pour s’installer dans la coulée verte ». Une formulation sobre pour désigner ce qui ressemble, dans les faits, à un contournement délibéré des refus opposés en amont.
La commune, connue pour son cadre naturel préservé et prisée l’été comme d’autres plages françaises encore tranquilles début juillet, tenait justement à ce terrain pour d’autres raisons. Une situation qui interroge sur la marge de manœuvre réelle des petites municipalités face à ce type d’installation.
Un terrain sanctuarisé depuis dix ans et des riverains proches
Le choix du lieu n’a rien d’anodin. La coulée verte investie par le cirque est un terrain que la ville de Vieux-Boucau cherche à protéger depuis une dizaine d’années, dans une logique de préservation de la biodiversité locale. Le sol y a déjà subi des dégradations par le passé.
À cela s’ajoute la proximité immédiate d’habitations, un facteur qui inquiète les riverains autant que les élus. La mairie a d’ailleurs rappelé, dans sa communication, sa position de fond : elle ne souhaite pas accueillir de cirques présentant des animaux, une orientation qui dépasse le seul cas Zavatta.
Des tentatives de négociation ont bien eu lieu, en présence de la gendarmerie. Deux emplacements alternatifs ont été proposés au cirque, le parking du Moïsan et celui du marché. Problème : ces sites s’avéraient incompatibles avec l’affluence touristique de la haute saison, période où Vieux-Boucau, comme d’autres localités qui accueillent de grands rassemblements estivaux à l’image de certains villages devenus incontournables l’été, voit sa fréquentation exploser.

Un festival perturbé malgré les engagements promis
La mairie avait pourtant obtenu, en théorie, des garanties de la part des organisateurs. Elle avait demandé la suspension des annonces sonores le temps du week-end, précisément pour ne pas gêner le déroulement du festival Essenti’elles, un événement local que la commune tenait à protéger de toute nuisance.
Cet engagement n’a pas été respecté, tout comme celui portant sur la limitation de l’affichage publicitaire dans la commune. Deux promesses non tenues qui s’ajoutent à l’installation forcée, et qui expliquent le ton pour le moins agacé de la communication municipale.
La mairie a néanmoins tenu à nuancer sa position : « Elle n’a rien contre l’activité circassienne et reconnaît son apport culturel », précise-t-elle. « Ce n’est donc pas une question de principe, mais de réalité territoriale. » Pour la commune, ce type d’arrivée devrait plutôt être géré à l’échelle intercommunale, via la communauté de communes Maremne Adour Côte-Sud (MACS), plutôt que commune par commune.
Contactés par Actu Landes, les organisateurs du spectacle Zavatta n’ont pour l’instant pas donné suite. L’affaire reste donc en suspens, sans réponse officielle du côté du cirque.
Un bras de fer silencieux entre une commune littorale soucieuse de son cadre de vie et un cirque itinérant peu enclin à revoir sa feuille de route. Reste à savoir si Vieux-Boucau obtiendra un jour des explications, ou si ce type de passage en force restera sans conséquence pour les prochaines tournées.