Expulsé trois fois, ce clandestin accusé d’avoir poignardé un bébé de 2 semaines sourit au tribunal

Un homme de 28 ans, expulsé à trois reprises des États-Unis, comparaît pour le meurtre au couteau d’une jeune mère, d’une grand-mère et d’un nourrisson de deux semaines. Face à onze proches en larmes dans le tribunal de Modesto, en Californie, l’accusé a affiché un sourire provocateur qui a glacé l’assistance. Retour sur un drame familial dont les ramifications politiques secouent déjà tout le pays.
Triple meurtre à Modesto : ce qui s’est passé le matin du drame
Jeudi matin, la police de Modesto reçoit un appel au 911 signalant une violente dispute domestique dans une maison située près de Monterey et Thrasher Avenues. À leur arrivée, les agents découvrent un carnage. Fabiola Gonzalez, 23 ans, décrite comme une « mère dévouée », gît sans vie, le corps criblé de coups de couteau.
Plus loin dans la maison, les policiers trouvent Silvia Nuñez, 54 ans, la grand-mère « aimante », et le petit Mateo Gonzalez, un nourrisson de seulement 14 jours. Tous les deux poignardés à mort. Un autre enfant en bas âge, fils de l’accusé et de Fabiola, a été retrouvé vivant sur place. Les services de protection de l’enfance l’ont immédiatement pris en charge. Les enquêteurs, à ce stade, n’ont identifié aucun mobile pour expliquer cette tuerie.
Joaquin Escoto : barbe, tatouages et sourire glaçant à l’audience
Lundi, le tribunal du comté de Stanislaus a accueilli la première comparution de Joaquin Escoto. Barbu, menotté, vêtu d’une combinaison orange et blanc, il est entré dans la salle où l’attendaient onze membres des familles des victimes. Son bras droit couvert de tatouages et une croix encrée sur le cou, il s’est assis à côté de son avocat. Puis il a souri.
Un rictus arrogant, décrit par les témoins comme « écœurant ». Escoto a eu recours à un interprète espagnol pendant toute l’audience. Il n’a pas plaidé. Sa prochaine comparution est fixée au 28 juin. Inculpé de trois chefs de meurtre, il est maintenu en détention sans possibilité de libération sous caution. À la sortie, Sonja et Sophia Nuñez, les sœurs de Silvia, étaient effondrées. Difficile d’imaginer un niveau d’horreur comparable, même pour ceux qui suivent les faits divers les plus sombres.
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Expulsé 3 fois, arrêté 2 fois pour conduite en état d’ivresse : la loi « sanctuaire » en question
Les tensions géopolitiques ne sont pas le seul sujet qui divise l’Amérique. Cette affaire relance un débat brûlant sur l’immigration. Joaquin Escoto, ressortissant mexicain né à Jalisco, avait déjà été expulsé des États-Unis à trois reprises. Il avait aussi été interpellé une première fois pour conduite en état d’ivresse, avant une seconde arrestation pour le même motif en juin dernier.
Comment un individu expulsé trois fois a-t-il pu rester sur le sol américain assez longtemps pour commettre ces meurtres ? Selon des sources policières, la controversée loi « sanctuaire » de Californie a empêché les autorités fédérales de procéder à son éloignement. Cette législation interdit aux forces de l’ordre locales de coopérer avec les agents fédéraux de l’immigration dans la plupart des cas. Un mécanisme de protection qui, dans ce dossier précis, alimente une colère immense.
Un bébé de deux semaines. Une mère de 23 ans. Une grand-mère de 54 ans. Trois vies fauchées au couteau, et un accusé qui sourit devant ceux qui restent. L’affaire Escoto dépasse le fait divers : elle pose une question que personne en Californie ne peut plus esquiver. Quand une loi censée protéger finit par laisser un homme expulsé trois fois commettre l’irréparable, qui est vraiment responsable ?