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« Notre Père » dans le cockpit, 20 000 pieds par minute : le dernier vol du pilote du Learjet en Floride

Publié par Cassandre Jolivet le 03 Nov 2026 à 17:20
Personne recueillie devant un hommage aux bougies en Floride

Dimanche après-midi, un jet privé s’est écrasé près de West Palm Beach, en Floride, tuant les neuf personnes à bord. Dans l’enregistrement du cockpit, une voix récite une prière pendant que l’appareil chute. Cette voix a désormais un visage, une histoire et des proches qui parlent. Et l’enquête commence à pointer des pistes que peu de gens avaient imaginées.

Le pilote qui priait : qui était vraiment Jeffrey Gregory ?

Aux commandes du Learjet 60, il y avait Jeffrey Gregory, 55 ans, originaire de Gilbertsville, en Pennsylvanie. Père de trois enfants adultes, il était décrit lundi comme un chrétien fervent. La chapelle de Limerick, où il a grandi, a écrit qu’il « est rentré auprès du Seigneur ».

Un vieil ami et ancien voisin, David Peters, l’a décrit au US Sun comme « très appliqué et fiable ». Il se souvient d’un garçon qui rêvait de devenir pilote très jeune et qui « adorait porter son blouson d’aviateur en cuir ».

Côté carrière, les registres de la Federal Aviation Administration, cités par le Daily Mail, indiquent qu’il avait obtenu un certificat de pilote de ligne le 1er octobre 2021, avec des qualifications sur plusieurs jets, dont le Learjet 60. Il détenait aussi un certificat médical de première classe daté de juin 2026.

Sa page LinkedIn mentionne un passage chez East Coast Aviation, à Allentown, en 2016 et 2017, et plusieurs décennies d’expérience comme instructeur de vol. Un profil solide, donc.

Pourtant, c’est un autre détail de ce cockpit qui a glacé les premiers à écouter l’audio, et il concerne la personne assise à côté de lui.

Pour mesurer l’ampleur du drame, il faut aussi revenir sur le choc des premières images, comme dans le récit du crash à West Palm Beach, à quelques kilomètres de Mar-a-Lago.

Une copilote de 20 ans, de la glace et un avion qui bascule

À droite du pilote, Nathalia Gadelha Filgueiras, 20 ans, occupait le siège de copilote. Dans l’enregistrement diffusé, on l’entend alerter le contrôle aérien que l’avion descend. Elle décrit l’altitude qui change et une inclinaison de 60 degrés, c’est-à-dire un appareil quasiment couché sur le flanc.

Son message est sans détour : « Descente de 20 000 pieds par minute… on va s’écraser au sol. » En fond sonore, selon la même source, Jeffrey Gregory récite le Notre Père. Le Daily Mail précise avoir choisi de ne pas publier les dernières secondes de l’audio, jugées extrêmement éprouvantes.

Quelques minutes plus tôt, la jeune femme écrivait à son petit ami, également pilote, qu’elle affrontait du mauvais temps. Selon sa famille, citée par le New York Post, elle lui a envoyé : « J’ai de la turbulence, j’ai du givre. »

Le jet volait alors vers l’est, à 35 000 pieds, au-dessus de la Floride. Quelques minutes plus tard, il s’écrasait en pleine ville. Reste à comprendre comment un appareil à cette altitude a pu perdre le contrôle aussi vite, une question qui rappelle d’autres accidents récents en Floride, comme celui du cargo d’Amazon à Miami. Les premiers éléments de l’enquête apportent une ébauche de réponse, et elle ne tient pas qu’à la météo.

Cockpit de jet privé face à un orage menaçant

Orage, pièce détachée et « coffin corner » : la piste que l’enquête explore

Avant d’aller plus loin, une précision sur l’ampleur de la catastrophe : dans un autre crash d’avion, un chien seul survivant avait bouleversé les riverains. Ici, personne n’a survécu. Le jet s’est enfoncé dans une intersection de Greenacres, laissant un énorme cratère et endommageant les infrastructures voisines.

Le National Transportation Safety Board (NTSB), l’agence fédérale américaine chargée des enquêtes, estime que la météo violente a été un « facteur significatif ». Selon l’organisme, une partie de l’appareil semble s’être détachée avant l’impact. Un météorologue a par ailleurs avancé que le pilote pourrait avoir volé en plein cœur d’un orage.

Certains experts en aviation évoquent aussi une autre explication possible : le « coffin corner », littéralement le « coin du cercueil ». Le jet aurait cherché à grimper au-dessus de deux cellules orageuses, ce qui l’aurait amené dans cette zone délicate.

Le phénomène se produit à haute altitude, quand la vitesse minimale et la vitesse maximale de sécurité se rapprochent dangereusement. La marge devient minuscule : trop lent, l’avion décroche ; trop rapide, il perd lui aussi sa stabilité. Dans les deux cas, il devient très vite incontrôlable.

Attention, il s’agit d’une hypothèse avancée par certains spécialistes, pas d’une conclusion de l’enquête. Selon le Daily Mail, les causes exactes de la chute restent à ce stade inconnues. Le NTSB poursuit ses travaux, et le rapport final pourrait confirmer, nuancer ou écarter cette piste.

Ce que les familles ont dit, et ce que l’enquête doit encore établir

À bord se trouvaient le chef d’entreprise tech Adam Robinson, 45 ans, son épouse Helen Sharp, 40 ans, et leurs deux enfants en bas âge, Emma, 4 ans, et Charlie, 2 ans. Selon TMZ, ils quittaient Austin pour les Bahamas, où ils devaient fêter l’anniversaire d’Adam.

Deux amis du couple, Rachael Reed et Charmi Fehr, ainsi que la nounou des enfants, Anita Maria Cetina, voyageaient avec eux. Dans un communiqué commun, les familles décrivent Adam et Helen comme des « parents dévoués » dont les enfants étaient « la lumière de leur vie ».

Pour Charmi et Rachael, elles évoquent deux femmes « pleines de joie et d’aventure ». Quant à Anita Maria, elle faisait « vraiment partie de la famille » et laisse un « héritage d’amour et de dévouement inconditionnels ».

Le drame s’est produit à environ huit miles de Mar-a-Lago. Le président Trump et Air Force One avaient quitté l’aéroport de Palm Beach environ une heure plus tôt, en pleine campagne avant les élections de mi-mandat. Sur la page Facebook de Jeffrey Gregory et de son épouse Cheryl, les messages de soutien s’accumulent.

Une amie imagine le pilote « fermant les yeux, préparant son cœur » en priant, pendant que sa copilote lui criait de regarder par la fenêtre. Après une telle tragédie, les rumeurs circulent vite, comme celle qui avait touché Lenny Kravitz après un autre accident en Floride. Elles montrent aussi à quel point une fausse information peut se propager, à l’image de cette marche de 14 cm que le maire d’Orléans a dénoncée comme une fake news.

Ce qu’il faut surveiller maintenant : les conclusions du NTSB sur la pièce qui se serait détachée, le rôle exact de la météo et la validité de la piste du coffin corner. Ce sont elles qui diront si cette chute était évitable.

Une prière, une alerte de 20 ans et un orage : tout s’est joué en quelques minutes à 35 000 pieds. Et si les tragédies vous laissent un goût d’inachevé, la décision d’une grande enseigne de tourner le dos à une chaîne info ouvre un tout autre dossier. Quant à celui qui s’est retrouvé du jour au lendemain sans émission, sa réponse cinglante après son éviction a fait beaucoup réagir.

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