Angleterre : il avait tué son voisin avec une pomme de terre — retrouvé mort en plein live avec ses amis

Un homme de 47 ans, connu pour avoir tué son voisin en obstruant sa chaudière avec une pomme de terre, a été retrouvé sans vie dans son appartement en Angleterre. Deux smartphones diffusaient encore un live vers ses amis américains quand son accompagnant l’a découvert. L’enquête judiciaire a révélé un parcours chaotique, entre schizophrénie, prison et addictions.
Un accompagnant découvre le corps en plein direct
En janvier 2025, Melvyn Stewart, l’accompagnant social de Daniel James Long — aussi connu sous le nom de Daniel Burgess — se présente à son logement assisté de St Austell, en Cornouailles. C’est une visite de routine, comme chaque matin. Mais ce jour-là, Daniel ne répond pas.

Stewart découvre le corps de Daniel affalé entre le canapé et la table basse. Deux smartphones sont posés à proximité, encore en train de diffuser un live vidéo vers des amis aux États-Unis. L’homme est déjà mort.
« J’ai éteint les téléphones pour que personne ne puisse voir ce qui se passait », a déclaré Melvyn Stewart lors de l’audience. Malgré l’intervention rapide des secours, les ambulanciers n’ont rien pu faire.
Trois jours plus tôt, Daniel avait déjà été réanimé après une overdose d’opioïdes. Personne n’avait vu venir que la seconde serait fatale. Mais pour comprendre comment cet homme a fini seul dans cet appartement, il faut remonter bien plus loin.
Une enfance marquée par la schizophrénie
Daniel Long avait grandi entre Newlyn et Penzance, deux petites villes côtières des Cornouailles. Décrit comme intelligent par son entourage, il a pourtant été diagnostiqué schizophrène très tôt. Ses troubles du comportement se sont manifestés dès l’enfance.

Avant même d’être adulte, il avait fait un séjour en centre de détention pour mineurs. Sa mère, Holly Morris, a raconté devant le tribunal combien il avait été difficile de l’accompagner au fil des années. Un témoignage lu à haute voix en audience.
Son dernier contact avec son fils remontait à 2021. À cette époque, Daniel vivait de ses allocations et dépensait tout dans la drogue. Il la harcelait constamment pour obtenir de l’argent, jusqu’à ce qu’elle refuse catégoriquement.
La dernière fois qu’elle a vu Daniel, c’était lors d’une réunion de famille. Il avait descendu une bouteille entière de vodka, ce qui avait provoqué une violente dispute. Sa mère a aussi confié qu’il pouvait devenir « obsessionnel » sur certains sujets. Et cette obsession a pris un tour tragique en 2015.
Une pomme de terre, de la mousse expansive et un voisin mort
En décembre 2015, Michael Horner, 48 ans, est retrouvé mort chez lui à Penzance. La cause du décès : une intoxication au monoxyde de carbone. Quelqu’un a délibérément bouché le conduit d’évacuation de sa chaudière avec une pomme de terre et de la mousse expansive.
Ce quelqu’un, c’est Daniel Long. Les deux hommes vivaient dans le même lotissement, le Gwavas Estate à Newlyn, et s’étaient disputés. Le mode opératoire est aussi absurde que mortel : une simple patate a suffi à transformer une chaudière domestique en piège létal.
En 2017, Daniel a plaidé coupable d’homicide involontaire devant la cour d’Exeter. Il a écopé de deux ans et huit mois de prison. Une peine qui, comparée aux condamnations les plus lourdes, peut sembler légère. Mais le cadre juridique britannique de l’homicide involontaire et les circonstances psychiatriques ont pesé dans la balance.
Après sa libération, Daniel a été placé dans un logement assisté à St Austell. Un cadre censé l’aider à se stabiliser. Ce n’est pas ce qui s’est passé.
Trois jours avant sa mort, une première overdose
L’enquête judiciaire tenue à Truro fin juin a reconstitué les derniers jours de Daniel Long. Trois jours avant sa mort, il avait fait une première overdose d’opioïdes. Les secours l’avaient réanimé in extremis.
Mais aucun dispositif de surveillance renforcée n’a été mis en place entre cet épisode et le matin où on l’a retrouvé mort. L’audience n’a pas détaillé les raisons de cette absence de suivi, mais le coroner Andrew Cox a souligné que Daniel souffrait de schizophrénie, d’anxiété sévère et d’une santé mentale très dégradée.
Le rapport toxicologique a été sans appel. Daniel est mort d’une dépression respiratoire causée par un cocktail d’opiacés, de cannabis et d’opioïdes de synthèse. Ces substances, combinées, écrasent le système nerveux central et provoquent une somnolence fatale.
L’enquêtrice, la Detective Constable Holmes, a confirmé qu’aucun tiers n’était impliqué. Pas de circonstances suspectes. Le coroner a conclu à un « décès lié à la drogue ». Mais un détail continue de hanter les esprits.
Un live que personne n’a interrompu

Ce qui frappe dans cette affaire, c’est ce double live vidéo encore actif au moment de la découverte du corps. Daniel avait des amis aux États-Unis avec lesquels il communiquait régulièrement par smartphone. Deux flux étaient ouverts simultanément quand Melvyn Stewart est entré.
Combien de temps le live a-t-il tourné avant qu’on le trouve ? Les amis américains ont-ils vu quelque chose ? L’audience n’a pas répondu à ces questions. Mais selon Cornwall Live, qui a couvert l’intégralité de l’audience, le détail a marqué tous les présents.
L’histoire de Daniel Long concentre, en une seule trajectoire, tout ce qui peut dysfonctionner dans la prise en charge psychiatrique et sociale. Un homme diagnostiqué très jeune, passé par la détention pour mineurs, condamné pour un homicide aussi improbable que tragique, puis laissé seul dans un logement assisté avec ses addictions.
Il avait 47 ans. Personne ne regardait le live quand il est parti.