Décès de Quentin Deranque : une nouvelle vidéo après son lynchage dévoilée
D’après les images, le jeune homme de 23 ans aurait été dissuadé de se rendre à l’hôpital par ses amis. Une réticence qui suscite l’incompréhension.
Des échanges glaçants. Trois semaines après le décès de Quentin Deranque, jeune militant d’ultradroite mort des suites d’un traumatisme crânien, de nouvelles images font surface. Elles ont été enregistrées peu après qu’il a reçu des coups du camp adverse et rapportent les échanges entre Quentin, certains de ses amis et des riverains qui s’inquiètent de son état.
Les dernières images de Quentin Deranque refont surface
Sur son compte Instagram, le média Le Progrès relaie une vidéo dont il choisit de couper certains passages. On y aperçoit le jeune homme de 23 ans, les mains en sang, livide et visiblement désorienté. Les images auraient été capturées quelques minutes après un affrontement entre militants d’ultradroite et d’ultragauche, en marge d’une conférence de l’eurodéputée Rima Hassan (LFI).
Le 12 février, à 18 h 07, des passants inquiets et quelques amis de Quentin se regroupent autour de lui. Soucieuse de lui venir en aide, une femme appelle immédiatement les secours. « Ils envoient quelqu’un, mais ils ne se téléportent pas : ils viendront quand ils pourront », explique-t-elle après avoir raccroché. Moins inquiets que l’inconnue, d’autres lui suggèrent de quitter les lieux et de ne pas se rendre à l’hôpital.
Ce à quoi la femme répond : « Pourquoi ? Il s’est fait taper sur la tête ce monsieur ! » Une indignation qui ne déstabilise en rien ses interlocuteurs qui lui expliquent calmement : « Non, mais ce sont des trucs qu’ils assument. Ils sont là pour ça. » Et la passante de rétorquer : « Ils étaient là pour ça, pour se faire frapper à la tête ? Vous avez vu les infos ? »
C’est alors qu’un homme lui répond : « Il y a deux groupes qui se sont bagarrés. C’était une bagarre organisée, d’accord ? »
Un trajet retour de deux kilomètres
Face aux échanges de plus en plus tendus, un homme lui suggère de se rendre à l’hôpital, tout en lui indiquant que cela lui vaudrait des problèmes avec la police. Nous ne connaitrons malheureusement pas la suite de leur discussion.
Selon les premiers éléments de l’enquête, Quentin aurait ensuite décidé de rejoindre son domicile à pied et en compagnie d’un ami. Toutefois, son état s’étant dégradé après qu’ils ont parcouru deux kilomètres, son compagnon de route a prévenu les secours qui l’ont transporté à l’hôpital, dans le coma. Il est aux alentours de 19 h 40.
Pris en charge dans un état critique, le Lyonnais présentait des plaies qui ne pouvaient être soignées. Il décèdera deux jours plus tard, le 14 février, des suites de ses blessures.
Sa mort a donné lieu à l’interpellation de onze personnes, dont six ont été mises en examen pour « homicide involontaire » et « complicité ». Si plusieurs reconnaissent avoir frappé Quentin, tous nient avoir eu l’intention de le tuer. Ce mercredi, deux hommes de 22 et 26 ans ont été arrêtés.