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Il a menti sur le nombre d’enfants conçus grâce à son sperme : au moins 199 en Europe

Publié par Cassandre le 01 Sep 2026 à 18:29

Un test ADN, une découverte, et puis le vertige. Des familles entières qui pensaient avoir un enfant unique en son genre réalisent qu’il a des dizaines, voire des centaines de demi-frères et sœurs éparpillés en Europe.

Au centre de cette histoire : un homme, des cliniques néerlandaises, et un mensonge qui a duré des années. Aujourd’hui, les autorités sanitaires s’inquiètent d’un risque bien réel, celui de la consanguinité.

Mère inquiète regardant un test ADN sur son téléphone

Un chiffre qui donne le vertige

Dossier médical de don de gamètes sur un bureau

Tout commence avec un donneur néerlandais dont l’identité a été révélée par plusieurs médias, dont le Daily Mail et le média belge HLN. Cet homme aurait donné son sperme dans de multiples cliniques de fertilité, aux Pays-Bas mais aussi à l’étranger.

Le problème, c’est qu’il aurait sciemment menti sur le nombre de dons effectués. Les cliniques néerlandaises imposent en théorie une limite stricte : un donneur ne peut pas être à l’origine de plus de 25 enfants, répartis dans un maximum de 12 familles.

Sauf que ce donneur aurait multiplié les dons dans différents établissements, parfois sous des identités ou des dossiers distincts, pour contourner ces plafonds. Résultat : au moins 199 enfants recensés à ce jour à travers l’Europe, un chiffre qui pourrait encore grimper.

Comment un tel mensonge a-t-il pu tenir aussi longtemps sans être détecté ? La réponse tient en un mot : la technologie a fini par le rattraper.

Comment les familles se sont retrouvées

Pendant des années, les enfants nés de ce donneur ont grandi sans se douter de rien. Puis les tests ADN grand public, ceux qu’on commande en ligne pour quelques dizaines d’euros, ont tout changé.

Des plateformes comme celles utilisées dans d’autres affaires similaires permettent de retrouver des liens de parenté insoupçonnés. C’est d’ailleurs le même mécanisme qui a permis à un vendeur de voitures belge de découvrir qu’il était en réalité un prince, par simple curiosité.

Des mères ont commencé à comparer les profils génétiques de leurs enfants sur des groupes Facebook privés dédiés aux familles issues de dons de sperme. Les correspondances se sont multipliées à une vitesse effrayante.

En quelques mois, ce qui ressemblait à une coïncidence isolée est devenu une véritable enquête collective, menée par des parents inquiets pour la santé et l’avenir de leurs enfants. Mais une question bien plus grave allait vite se poser.

Groupe de femmes comparant des résultats de tests ADN

La peur qui hante les familles françaises

Avec autant d’enfants issus du même donneur, dispersés dans plusieurs pays européens, le risque de consanguinité involontaire devient une préoccupation sérieuse pour les autorités sanitaires.

Concrètement, deux demi-frères ou demi-sœurs biologiques pourraient se rencontrer, tomber amoureux et fonder une famille sans jamais savoir qu’ils partagent le même père biologique. Les conséquences génétiques pour leur descendance pourraient être lourdes.

C’est précisément ce type de scénario qui pousse plusieurs pays à revoir leurs règles d’encadrement des dons de gamètes. Ce n’est pas la première fois qu’un don de sperme ancien refait surface dans l’actualité : un ex-soldat SS avait déjà donné son sperme dans les années 60, menant à la découverte tardive d’au moins 15 enfants en Suède.

Face à ce type de dérive, comment un pays comme la France parvient-il à éviter ce genre de scandale ?

Pourquoi la France encadre aussi strictement les dons

En France, la loi est claire et beaucoup plus stricte que ce qui semble avoir été appliqué aux Pays-Bas dans cette affaire. Un même donneur ne peut pas être à l’origine de plus de 10 enfants nés grâce à son don.

Ce plafond est suivi de près par l’Agence de la biomédecine, qui centralise toutes les données de dons de gamètes sur le territoire national. Chaque don est tracé, chaque naissance enregistrée, ce qui rend en théorie impossible le type de contournement observé aux Pays-Bas.

Depuis la loi de bioéthique de 2021, les enfants nés d’un don peuvent aussi accéder, à leur majorité, à des informations non identifiantes puis à l’identité du donneur s’ils le souhaitent. Une transparence pensée justement pour éviter les zones d’ombre.

Ce cadre strict explique pourquoi une situation comme celle vécue par les familles néerlandaises et européennes reste, à ce jour, très peu probable en France. Mais l’affaire a tout de même de quoi faire réfléchir sur la fragilité des systèmes de contrôle ailleurs en Europe.

Une leçon européenne à tirer

Cette histoire dépasse largement le cas d’un seul homme malhonnête. Elle pose la question de la coordination entre pays européens en matière de dons de sperme, alors que les cliniques de fertilité opèrent parfois à l’échelle transfrontalière sans partage centralisé des données.

Certaines associations de familles réclament désormais la création d’un registre européen commun, capable de repérer immédiatement les donneurs qui multiplient les dons dans plusieurs pays à la fois.

En attendant une éventuelle réforme, les familles concernées continuent de se regrouper, de comparer leurs profils génétiques et de tenter de cartographier l’ampleur réelle de cette fratrie hors norme. Le chiffre de 199 pourrait bien n’être qu’une étape.

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