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Un ex-soldat SS a donné son sperme dans les années 60 : au moins 15 enfants découvrent la vérité

Publié par Mathieu le 11 Août 2026 à 8:58
Homme choqué tenant un résultat de test ADN

Un test ADN peut parfois ouvrir une porte qu’on aurait préféré garder fermée. C’est exactement ce qui est arrivé à plusieurs dizaines de Suédois et de Danois, tous nés dans les années 1960 grâce à un don de sperme anonyme. Sauf que l’anonymat vient de voler en éclats, révélant une vérité que personne n’avait vu venir. Le géniteur de ces enfants, aujourd’hui adultes, portait un uniforme que l’Histoire n’a jamais oublié.

Un don de sperme anodin, en apparence

Dans les années 1960, l’hôpital universitaire Karolinska de Stockholm reçoit régulièrement des hommes venus faire un don de sperme, souvent dans le cadre de traitements contre l’infertilité proposés à des couples suédois. Parmi eux, un certain Walther Frisch. Rien, à première vue, ne le distingue des autres donneurs. Les contrôles de l’époque sont légers, presque inexistants, et personne ne s’interroge vraiment sur le passé de cet homme venu offrir sa fertilité à des inconnus.

C’est justement ce manque de vérification qui va tout changer, des décennies plus tard, quand la génétique grand public permettra de rouvrir des pages de la Seconde Guerre mondiale qu’on croyait tournées.

Walther Frisch n’était pas un simple donneur anonyme : il avait été soldat de la Waffen-SS pendant le conflit, avant d’écoper d’un an de prison à la Libération. Un détail que l’hôpital, apparemment, n’a jamais su ou jamais transmis.

Résultat : au moins quinze enfants naissent de ces dons, aujourd’hui répartis dans quatre pays différents, ignorant tout de l’identité réelle de leur père biologique. Une situation qui rappelle à quel point certaines vérités mettent parfois des décennies à remonter à la surface.

La découverte qui change tout, des décennies plus tard

Le déclic vient d’un test ADN, comme tant d’autres histoires familiales bouleversées ces dernières années. Thomas Rasmussen, un Danois, décide un jour de faire analyser son patrimoine génétique. Le résultat tombe, glaçant : son géniteur est bien Walther Frisch, l’ancien soldat SS. Il ne le sait pas encore, mais il n’est pas seul dans ce cas.

En creusant, Thomas Rasmussen retrouve un demi-frère suédois, Mats Rydberg, concerné par la même révélation. Les deux hommes échangent, comparent leurs découvertes, et le choc devient collectif. « Comment diable un soldat danois de la Waffen-SS peut-il être mon géniteur ?

C’est tout simplement incompréhensible », confie Thomas Rasmussen à la télévision publique danoise DR. Son demi-frère va plus loin encore dans l’interrogation, évoquant une consigne historique glaçante : Heinrich Himmler aurait exigé que chaque officier SS engendre au moins quatre enfants.

« Sommes-nous le fruit de l’idéologie nazie ? », s’interroge-t-il, une question qui résonne comme un vertige identitaire pour toute une fratrie inattendue. Un vertige qui n’est pas sans rappeler d’autres révélations tardives qui refont surface des décennies après les faits, enfouies mais jamais totalement effacées.

Ancienne salle d'hôpital avec dossier médical vintage

Un compteur qui pourrait grimper bien plus haut

Le plus troublant dans cette affaire, c’est que peu de gens ont encore fait le lien avec leur véritable histoire familiale. Thomas Rasmussen et Mats Rydberg ne pensent pas être arrivés au bout de la liste.

« Peu de personnes ont déjà effectué un test ADN et nous en sommes déjà à quinze, donc nous pourrions largement dépasser les cent », estime Thomas Rasmussen. Un chiffre qui donne le vertige, quand on sait que la démocratisation des tests génétiques ne fait que commencer dans certains pays scandinaves.

Interpellé sur cette affaire, l’hôpital Karolinska affirme aujourd’hui ne détenir aucune information sur Walther Frisch. Les responsables se contentent de préciser que si ce don de sperme reposait sur une idéologie nativiste ou raciste, la situation serait « totalement inacceptable et profondément contraire à l’éthique ».

Une réponse qui sonne creux pour Thomas Rasmussen, qui n’y croit tout simplement pas. « Il est inadmissible qu’il n’existe aucune documentation à ce sujet. On dirait que cela a été fait exprès », conclut-il, amer, face à ce silence institutionnel qui ressemble fort, selon lui, à un effacement volontaire des traces.

Une méfiance qui n’est pas sans écho avec d’autres dysfonctionnements administratifs révélés au grand jour ces dernières années.

Quinze frères et sœurs biologiques, quatre pays, une idéologie nazie en toile de fond : cette histoire ressemble à un roman, sauf qu’elle est bien réelle. Et si le compteur venait vraiment à dépasser la centaine, combien d’autres familles scandinaves porteraient, sans le savoir, le même secret ?

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