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Il demande à ChatGPT comment se débarrasser d’un corps, puis ses deux colocataires disparaissent

Publié par Cassandre le 28 Avr 2026 à 9:08
Floride : il demande à ChatGPT comment se débarrasser d'un corps, puis ses deux colocataires disparaissent

L’affaire a tout du thriller. Deux brillants doctorants de l’Université de Floride du Sud volatilisés en une nuit. Un colocataire au comportement suspect. Et une requête glaçante tapée sur ChatGPT, trois jours avant que tout bascule. Voici ce que l’on sait de cette affaire qui secoue les États-Unis.

Deux doctorants qui ne donnent plus signe de vie

Pont Howard Frankland en Floride avec ruban de police

Zamil Limon et Nahida Bristy avaient 27 ans tous les deux. Doctorants à l’Université de Floride du Sud (USF), sur le campus de Tampa, ils menaient une vie d’étudiants ordinaire. Jusqu’au 16 avril dernier, jour où plus personne n’a réussi à les joindre.

Campus de l'Université de Floride du Sud à Tampa

C’est un ami de la famille, inquiet de ne recevoir aucune réponse à ses appels, qui a donné l’alerte auprès des autorités dès le lendemain. Une disparition simultanée de deux personnes sur un même campus, c’est le genre de signal qui fait immédiatement monter la tension chez les enquêteurs.

Très vite, les recherches se sont intensifiées. Mais ce que les policiers allaient découvrir au fil des jours dépasse ce qu’on peut imaginer. Car le principal suspect n’est pas un inconnu : il vivait sous le même toit que l’une des victimes.

La requête ChatGPT qui a fait basculer l’enquête

Hisham Abugharbieh, 26 ans, était le colocataire de Zamil Limon. Selon des documents judiciaires relayés par le Guardian, l’homme a formulé une requête terrifiante sur ChatGPT le 13 avril, soit trois jours avant la disparition des deux étudiants.

La question posée au chatbot d’OpenAI : « Que se passe-t-il si on met un être humain dans un sac-poubelle noir et qu’on le jette dans une benne à ordures ? » Ce n’est pas la première fois que ChatGPT se retrouve mêlé à une affaire criminelle en Floride. Mais cette fois, la requête semble avoir été formulée comme un mode d’emploi.

Écran d'ordinateur affichant une interface de chatbot IA

D’après NBC News, les enquêteurs ont pu extraire cette recherche des appareils du suspect. Un élément qui, combiné à la suite des découvertes, dessine un scénario de préméditation.

Par le passé, d’autres affaires ont montré que des individus pouvaient solliciter l’aide de l’IA pour commettre des crimes. Mais le niveau de détail de cette requête, couplé à la chronologie des faits, rend cette affaire particulièrement troublante.

Un corps dans un sac-poubelle au bord d’un pont

Le vendredi 24 avril, les recherches ont abouti à une découverte macabre. Le corps de Zamil Limon a été retrouvé dans un sac-poubelle, au bord du pont Howard Frankland, qui relie St. Petersburg à Tampa en Floride. L’autopsie a mis en évidence de multiples blessures par arme tranchante.

Quant à Nahida Bristy, elle reste officiellement portée disparue à ce jour. Mais les enquêteurs ne se font guère d’illusions. CBS News rapporte que des restes humains ont été localisés le dimanche suivant, sans que l’identification ait encore été confirmée.

Deux étudiants brillants, en plein doctorat, dont la vie s’est probablement arrêtée le même soir. Et un faisceau de preuves qui pointe vers un seul homme. Mais ce sont les détails matériels qui rendent l’accusation vraiment accablante.

Des preuves retrouvées dans la benne à ordures de la résidence

Un autre colocataire du suspect a livré un témoignage clé. Il affirme avoir vu Hisham Abugharbieh transporter des cartons depuis sa chambre vers la benne à ordures de la résidence, dès le 17 avril — soit le lendemain de la disparition des deux doctorants.

Les enquêteurs ont fouillé cette benne. Ce qu’ils y ont trouvé ne laisse pas beaucoup de place au doute : la carte d’étudiant de Zamil Limon, ses cartes bancaires, et un t-shirt porteur d’un ADN correspondant très probablement à la victime. Des objets personnels qu’on ne jette pas par hasard dans une poubelle.

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Mais ce n’est pas tout. Le soir même de la disparition, Hisham Abugharbieh a effectué des achats pour le moins révélateurs : des sacs-poubelle, des lingettes désinfectantes et du désodorisant. Le genre de course qu’on ne fait pas un mercredi soir sans raison. Du sang a également été retrouvé dans son logement, et lors de son arrestation, il présentait une blessure au doigt ainsi que des lacérations aux jambes.

Des signes comportementaux troublants qui, mis bout à bout, racontent une histoire bien différente de celle que le suspect a d’abord voulu présenter.

Un récit qui s’effondre face aux données GPS

Lors de son premier interrogatoire, Hisham Abugharbieh a tenté de se mettre hors de cause. Il a nié savoir où se trouvaient Zamil Limon et Nahida Bristy. Mieux encore : il a affirmé que les deux victimes n’étaient jamais montées dans sa voiture.

Problème : les données de localisation du téléphone de Zamil Limon ont montré que celui-ci s’était trouvé à Clearwater, une ville voisine de Tampa. Et la voiture d’Abugharbieh avait été géolocalisée exactement au même endroit, au même moment. Face à cette contradiction flagrante, le suspect a modifié sa version des faits.

Il a finalement déclaré aux enquêteurs avoir « déposé les deux victimes à Clearwater à la demande de Zamil Limon ». Une explication qui n’a manifestement convaincu personne, puisque l’un des deux étudiants a été retrouvé mort peu après, et que les preuves matérielles s’accumulaient. Ce scénario rappelle d’autres affaires américaines où la technologie a joué un rôle décisif dans l’enquête.

Arrêté après une confrontation avec la police

Hisham Abugharbieh a été interpellé le 24 avril, après une brève confrontation avec les forces de l’ordre. Pas de cavale spectaculaire, pas de fuite à l’étranger. L’étau s’était refermé trop vite.

Les charges retenues contre lui sont lourdes. Outre deux chefs d’accusation de meurtre au premier degré — l’équivalent américain de l’assassinat avec préméditation — il est également poursuivi pour séquestration, falsification de preuves et conservation de restes humains.

Le suspect est actuellement maintenu en détention provisoire dans l’attente de son procès. Les autorités n’ont pour l’instant communiqué aucun mobile ayant pu motiver ces crimes. Ni querelle connue, ni différend financier, ni conflit amoureux n’ont été évoqués publiquement.

ChatGPT, complice involontaire ?

Cette affaire relance un débat qui agite les États-Unis depuis plusieurs mois. Les intelligences artificielles conversationnelles doivent-elles signaler certaines requêtes suspectes aux autorités ? La question se pose avec une acuité particulière quand un individu demande explicitement à un chatbot comment se débarrasser d’un corps humain.

En Floride, un procureur avait déjà prononcé une phrase devenue virale : « S’il était une personne, il serait accusé de meurtre », en parlant de ChatGPT. Dans cette nouvelle affaire, l’IA n’a certes pas fourni de mode opératoire criminel. Mais la requête du 13 avril montre qu’un suspect peut tester ses scénarios macabres en toute discrétion sur ces plateformes.

OpenAI affirme régulièrement que ses modèles sont conçus pour refuser les requêtes dangereuses. Mais la formulation employée par le suspect — qui évoque un hypothétique « et si » plutôt qu’une demande directe d’instructions — pourrait avoir contourné les garde-fous. Un flou qui, dans ce genre de dossier, n’a rien d’anodin.

Pour l’heure, aucune information n’a été communiquée sur la réponse apportée par ChatGPT à cette requête. L’enquête suit son cours, et les proches des deux doctorants attendent des réponses. Notamment sur le sort de Nahida Bristy, dont l’identification des restes retrouvés n’a toujours pas été officiellement confirmée.

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