« Voilà ce que tu mérites » : il tue ses enfants de 6 et 10 ans, filme la scène et l’envoie à sa femme

C’est un drame qui a figé toute une commune de Haute-Saône. Un père de famille, une maison en construction, une piscine hors-sol, une balançoire : le décor d’une vie ordinaire, brisée en quelques minutes.
Quatre corps ont été découverts sur ce terrain paisible, dont ceux de deux jeunes enfants. Un témoin proche affirme que l’homme a filmé son geste avant de l’envoyer à sa femme, avec une phrase glaçante.
Ce que révèle l’enquête sur les dernières heures du couple change tout le sens de ce drame.
Un terrain paisible transformé en scène de crime
Tout se joue dans la soirée du mercredi 2 septembre, à Gy, une commune située à environ 30 km au nord de Besançon. Les gendarmes découvrent quatre corps sur une parcelle entourée d’un mur en pierre sèche, coincée entre les vignes et les bois.
Il y a là un bungalow, installé à côté d’une maison encore en chantier. Une piscine hors-sol, une balançoire : les signes d’une famille qui vivait sur ce terrain en attendant la fin des travaux.
Selon l’AFP, les corps des deux adultes, le père de 42 ans et sa belle-mère de 74 ans, ont été retrouvés dans le bungalow. Ceux des garçons de 10 et 6 ans gisaient dans un véhicule utilitaire garé à l’extérieur.
L’affaire rappelle d’autres dossiers familiaux qui ont marqué la France ces dernières années, comme l’affaire Dupont de Ligonnès, où l’enquête continue de réserver des surprises des années après les faits. Comme dans l’affaire Émile, les enquêteurs devront reconstituer un fil précis des événements avant de trancher définitivement.
Une vidéo envoyée à la femme, puis aux frères
C’est un homme croisé par l’AFP près des lieux, se présentant comme le cousin du meurtrier, qui livre le récit le plus détaillé de la scène. Selon lui, le père a commis son geste au moment précis où sa belle-mère venait chercher les enfants chez lui.
Il aurait alors filmé la scène et envoyé la vidéo directement à sa femme, accompagnée d’un message sans ambiguïté : « voilà ce que tu mérites ». Une phrase qui, à elle seule, résume la charge de vengeance du geste.
Toujours selon ce témoin, l’homme aurait ensuite fait suivre les mêmes images à ses frères. Une source proche du dossier a confirmé à l’AFP cet envoi à plusieurs proches, ce qui laisse penser à un acte pensé pour être vu, et non commis dans la seule panique.
Ce type de mise en scène macabre, où l’auteur d’un drame veut que son geste soit su, rappelle d’autres affaires familiales où des révélations tardives viennent bouleverser la compréhension initiale des faits. Le parquet a ouvert une enquête pour homicide volontaire, et l’autopsie des quatre corps doit encore préciser certains points du déroulé.

Une séparation en cours, une réconciliation de façade
Le contexte familial, lui aussi, éclaire différemment ce drame. Selon le cousin interrogé par l’AFP, la compagne du meurtrier voulait le quitter depuis plusieurs mois, après une infidélité de sa part.
Le couple semblait pourtant s’être réconcilié en surface, allant jusqu’à partir ensemble en vacances en Grèce cet été. Une accalmie de façade, comme on en observe parfois avant les ruptures les plus douloureuses au sein des familles.
Mais mercredi, tout bascule. Toujours selon le récit du cousin, la femme aurait demandé à sa propre mère d’aller chercher les enfants, en lui confiant : « je n’ai plus envie d’y retourner ». Une phrase anodine, presque banale, qui aurait précédé de peu le drame.
À ce stade de l’enquête, l’hypothèse privilégiée par les autorités est celle d’un père en instance de séparation ayant donné la mort aux trois autres victimes avant de retourner l’arme, un fusil de chasse selon les premiers éléments, contre lui-même.
Un scénario qui, comme dans d’autres affaires familiales où la violence explose au moment d’une rupture, comme l’ont montré des cas similaires en contextes très différents mais tout aussi tragiques, rappelle combien une séparation mal vécue peut virer au pire.
Les recherches et l’enquête judiciaire se poursuivent pour établir le déroulé exact de cette soirée.
Une phrase filmée, un message envoyé à des proches : ce drame de Gy laisse une communauté sous le choc et une enquête encore ouverte sur les dernières heures de cette famille. Quel rôle exact a joué la rupture annoncée dans le déclenchement de ce geste irréversible ?