« Des chiffons imbibés de liquide inflammable attachés à leur queue » : des chats utilisés pour propager des incendies

L’Europe brûle, et cette fois l’horreur dépasse le simple feu de forêt. En Calabre, dans le sud de l’Italie, des enquêteurs suspectent des incendiaires d’avoir utilisé une méthode aussi cruelle qu’efficace pour propager les flammes à toute vitesse. Des chats auraient servi de torches vivantes, lâchés en pleine nature pour semer le chaos sur plusieurs hectares.
Un été noir pour l’Italie, déjà 36 000 hectares partis en fumée
Depuis janvier, l’Italie a vu partir en cendres 36 000 hectares de végétation. Un chiffre vertigineux, qui illustre l’ampleur d’une saison des feux particulièrement violente. Ce vendredi encore, 6 000 pompiers luttaient sans relâche contre les flammes en Sicile et en Calabre.
Le pays n’est pas seul à affronter ce fléau. La France connaît elle aussi des épisodes de chaleur extrême qui favorisent la propagation des incendies, tandis que la péninsule Ibérique subit des feux tout aussi dévastateurs. Un contexte météorologique explosif, aggravé par des mois de sécheresse.
Mais en Calabre, un élément change la donne : l’hypothèse d’un acte criminel savamment orchestré. Les autorités locales évoquent des dispositifs pensés pour maximiser les dégâts, bien loin d’un simple mégot mal éteint ou d’une étincelle accidentelle. Une piste qui glace le sang et qui pousse la crise écologique vers un terrain judiciaire.
Des chats transformés en torches vivantes pour accélérer le feu
C’est la chaîne CNN qui a relayé l’information, glaçante. Selon les autorités italiennes, des incendiaires auraient attaché des chiffons imbibés de liquide inflammable à la queue de chats, avant de les relâcher dans la nature.
Domenico Costarella, représentant de la Protection civile de Calabre, a détaillé les faits dans une vidéo diffusée sur Facebook. Les animaux, terrifiés et en feu, auraient couru dans les champs, propageant les flammes bien plus vite qu’un feu classique ne l’aurait fait.
Costarella évoque aussi la découverte d’autres indices troublants sur place : des bougies allumées disposées près de chiffons inflammables, ainsi que des dispositifs d’allumage à retardement. Autant d’éléments qui renforcent la thèse d’un incendie parfaitement prémédité, loin d’un accident isolé.
Face à cette cruauté, l’Association italienne pour la défense des animaux et de l’environnement a réagi vite. Une plainte pénale a été déposée, accompagnée d’une récompense de 1 000 euros pour toute information menant à l’identification du ou des responsables. Un geste symbolique, mais qui traduit l’indignation générale.

La mafia calabraise soupçonnée de tirer profit du désastre
Ce n’est pas la première fois que ce genre de procédé refait surface dans la région. La mafia calabraise serait, selon plusieurs observateurs, spécialiste de ce type de manœuvre. Et son intérêt n’a rien d’idéologique : il est purement financier.
Le mécanisme est bien rodé. Via des sociétés écrans, l’organisation criminelle rachèterait ensuite à prix cassé les terrains ravagés par le feu, souvent pour y installer des panneaux photovoltaïques. Une reconversion énergétique qui masquerait, en réalité, une spéculation foncière sur fond de catastrophe environnementale.
Ce type de dérive n’est pas propre à l’Italie. En juillet 2012, un incendie ravageait déjà La Jonquera, en Catalogne. À l’époque, le feu s’était propagé à une vitesse hallucinante à cause des lapins sauvages qui pullulaient dans les bois, transformés malgré eux en boules de feu courant dans toutes les directions. Une tragique répétition de l’histoire, où les animaux paient le prix fort d’une catastrophe environnementale qu’ils n’ont pas provoquée.
Des chats brûlés vifs pour accélérer un incendie, des lapins transformés en torches en Espagne : l’horreur se répète, et elle a souvent la même signature, celle de l’appât du gain. Combien de temps encore la faune sauvage servira-t-elle de combustible à la cupidité humaine ?