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En Suisse, ces rails produisent déjà 16 000 kWh d’électricité solaire… et la SNCF observe de très près

Publié par Elsa Fanjul le 09 Juil 2026 à 12:49

Un train qui roule, des rails qui brillent au soleil, et en dessous, une source d’électricité insoupçonnée. Ça paraît improbable, presque trop simple pour être vrai. Pourtant, en Suisse, une petite start-up a osé poser des panneaux photovoltaïques entre deux rails en pleine exploitation. Et les premiers résultats donnent déjà des idées à la SNCF.

Femme frontalière consultant des documents de retraite à domicile, avec drapeaux Suisse et France en arrière-plan

Un test grandeur nature entre deux rails suisses

Tout commence dans un petit village du Val-de-Travers, à Buttes. Là, la start-up Sun-Ways a installé 48 panneaux photovoltaïques sur seulement 100 mètres, glissés entre les rails d’une ligne ferroviaire toujours en activité. L’idée : récupérer un espace totalement inutilisé, celui qui sépare les deux voies, pour en faire une mini-centrale solaire amovible.

Sur le papier, l’idée fait sourire. Dans les faits, elle intrigue sérieusement les ingénieurs du secteur, un peu comme cette innovation qui recycle l’urine pour rendre les batteries plus écologiques. Le principe reste le même : exploiter ce que personne ne regarde jamais.

Le réseau ferré européen est immense, souvent en plein soleil, et largement sous-exploité en dehors de son usage premier. Autant dire que le potentiel fait rêver, un peu à l’image de ces projets de transition écologique qui cherchent des solutions concrètes face à l’urgence climatique.

16 000 kWh produits en quelques mois seulement

Moins d’un an après le lancement, les chiffres tombent, et ils sont encourageants. Les panneaux installés à Buttes ont déjà produit environ 16 000 kWh, soit à peu près la consommation annuelle d’un foyer entier. Pas mal pour 100 mètres de rails.

Les panneaux ont été inclinés selon un angle précis pour capter un maximum de lumière toute l’année, un détail technique qui change tout dans le rendement final. Et surtout, les craintes initiales semblent s’être envolées.

On imaginait des risques d’incendie, des reflets aveuglants pour les conducteurs de train, un vrai casse-tête sécuritaire. Résultat : les panneaux sont plus résistants que ceux posés sur les toitures classiques, équipés d’un filtre antireflet, et surveillés par des capteurs intégrés.

Même la saleté accumulée est gérée automatiquement grâce à des brosses fixées à l’extrémité des trains, un peu comme ces astuces ingénieuses qui simplifient le quotidien sans y penser. « L’installation a fonctionné parfaitement », résume l’entreprise auprès d’Euronews.

Sun-Ways ne cache pas ses ambitions. Si ce dispositif était déployé sur l’ensemble des 5 320 kilomètres du réseau ferroviaire suisse, la production annuelle pourrait grimper jusqu’à un milliard de kWh, soit 2% de toute l’électricité consommée dans le pays. De quoi faire réfléchir bien au-delà des frontières helvétiques, un peu comme d’autres innovations qui questionnent notre rapport à l’énergie, à l’image du débat toujours vif autour des voitures électriques.

Ingénieur inspectant des panneaux photovoltaïques sur voie ferrée

La SNCF déjà à l’œuvre, et pas seulement en Suisse

C’est là que l’histoire prend une tournure très française. Fin 2025, la SNCF a signé un contrat de collaboration avec Sun-Ways pour tester le dispositif sur ses propres lignes. L’entreprise ferroviaire, très gourmande en électricité, cherche activement à diversifier ses sources d’énergie, un enjeu qui touche aussi bien les trains que les foyers, comme le montre le classement des villes françaises où les dépenses de chauffage explosent.

Concrètement, plusieurs tests sont déjà en cours : pose et dépose des panneaux, analyse de l’éblouissement, mesure de l’écartement des voies, impact sur la maintenance, encrassement. Rien n’est laissé au hasard. La collaboration doit se poursuivre jusqu’à l’achèvement du projet pilote, prévu en avril 2028, avant une éventuelle généralisation sur le réseau français.

En parallèle, la SNCF vise l’installation de 1 000 hectares de panneaux photovoltaïques classiques d’ici 2030 sur ses emprises, une production qui pourrait couvrir jusqu’à 20% de ses besoins actuels. L’appétit pour ces alternatives grandit vite, comme en témoigne aussi l’essor des départements où les dépenses en carburant deviennent insoutenables, poussant à repenser toute la chaîne énergétique.

Et la Suisse ne compte pas s’arrêter là. Sun-Ways a déjà signé un partenariat en Italie, en discussion avec le gestionnaire national des infrastructures ferroviaires. Un test est aussi annoncé en Corée du Sud, avec des échanges en cours du côté des Pays-Bas, de la Chine, de l’Inde et de Singapour.

Des rails qui deviennent des centrales solaires, une idée qui paraissait presque absurde il y a encore un an. Reste à voir si la SNCF franchira le pas d’ici 2028, et si nos trajets en train deviendront, sans qu’on le sache, un peu plus verts.

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