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Les 8 départements français où les habitants dépensent le plus en carburant : le n°1 dépasse 2 000 € par an

Publié par Claire le 29 Juin 2026 à 17:01

Chaque mois, le plein d’essence creuse le budget des Français. Mais selon les départements, la facture varie du simple au double. Certains territoires, pas forcément ceux qu’on imagine, battent tous les records de dépenses à la pompe.

Entre distances domicile-travail à rallonge, absence de transports en commun et habitudes de mobilité bien ancrées, les disparités sont spectaculaires. Le n°1 de ce classement, basé sur les données INSEE et les études du ministère de la Transition écologique, dépasse les 2 000 € par foyer et par an. Et ce n’est pas un département rural isolé.

Positions 8 à 6 : des départements où la voiture est reine

En 8e position, on retrouve la Charente-Maritime (17). Avec une dépense moyenne estimée autour de 1 680 € par foyer et par an, ce département littoral souffre d’un réseau de transports en commun quasi inexistant hors La Rochelle. Les actifs parcourent en moyenne 28 km pour rejoindre leur lieu de travail.

Automobiliste faisant le plein dans une station-service rurale

La Charente-Maritime n’est d’ailleurs pas le seul territoire où la dépendance à la voiture explose. Mais ici, le tourisme estival gonfle aussi la consommation : beaucoup de résidents possèdent deux véhicules pour se déplacer entre les îles et le continent.

En 7e place, l’Ain (01) affiche environ 1 720 € par an. Ce département frontalier de la Suisse concentre des milliers de travailleurs transfrontaliers. Chaque matin, ils avalent entre 40 et 60 km de route pour rejoindre Genève ou Lausanne, souvent sans alternative ferroviaire directe.

Le 6e rang revient à la Haute-Savoie (74), avec près de 1 750 €. Même logique transfrontalière qu’en Ain, aggravée par un relief montagneux qui allonge les trajets. Rouler en montagne, c’est aussi consommer 15 à 20 % de carburant en plus qu’en plaine, selon l’ADEME. Et la facture grimpe encore pour ceux qui utilisent leur voiture quotidiennement.

Positions 5 et 4 : là où le prix au litre n’est pas le seul problème

En 5e position, la Vendée (85) surprend avec une moyenne de 1 790 € par an et par foyer. Ce département rural et périurbain n’a ni métro, ni tramway, ni réseau de bus dense. Résultat : 87 % des actifs vendéens se rendent au travail en voiture, l’un des taux les plus élevés de France selon l’INSEE.

Route de campagne française traversant un paysage périurbain

La Vendée est aussi un département où les déménagements se multiplient, souvent vers des zones encore plus éloignées des centres d’emploi. L’étalement urbain alimente mécaniquement la facture carburant.

En 4e place, le Var (83) atteint 1 830 € par an. Et là, ce n’est pas le manque de transports qui explique tout. Le Var combine des trajets longs entre les communes du littoral et l’arrière-pays, un trafic routier dense qui fait tourner les moteurs au ralenti, et un prix du carburant régulièrement supérieur à la moyenne nationale.

Toulon reste la seule agglomération du département à proposer un réseau de bus conséquent. Partout ailleurs, la voiture n’est pas un choix mais une obligation. Même les retraités installés dans les villages perchés du Var comme Bargème doivent faire 30 km pour le premier supermarché.

Le podium : trois départements qui dépassent toutes les projections

La 3e marche revient à l’Eure (27), avec environ 1 880 € par an et par foyer. Ce département normand est l’un des plus dépendants de l’Île-de-France pour l’emploi. Des dizaines de milliers d’Eurois font le trajet chaque jour vers la banlieue parisienne, parfois 80 km aller simple.

L’Eure paie le prix de l’immobilier francilien devenu inaccessible. Les ménages qui ont fui les temps de transport parisiens se retrouvent finalement à rouler autant, voire plus, mais sur des routes départementales sans covoiturage ni ligne de train directe.

En 2e position, la Seine-et-Marne (77) atteint 1 950 € par an. C’est le paradoxe : un département francilien, censé bénéficier du réseau de transports le plus dense de France. Sauf que la Seine-et-Marne est immense — le plus grand département d’Île-de-France — et que ses zones rurales au sud et à l’est restent des déserts de mobilité.

Un habitant de Provins ou Coulommiers n’a souvent aucune gare directe vers Paris. Sa voiture consomme en moyenne 7,2 litres aux 100 km pour des trajets embouteillés. Le coût du carburant en zone francilienne, supérieur de 5 à 8 centimes au litre par rapport à la moyenne nationale, achève le budget. Mais un département inattendu fait encore pire.

Le n°1 : un département que personne n’attendait à cette place

Le champion toutes catégories, c’est l’Oise (60). Les foyers oisiens dépensent en moyenne 2 050 € par an en carburant, selon les estimations croisées de l’INSEE et du Commissariat général au développement durable. C’est 35 % de plus que la moyenne nationale, qui tourne autour de 1 520 €.

Pourquoi l’Oise ? D’abord, la géographie. Ce département picard est devenu la première couronne low-cost de Paris. Des dizaines de milliers de ménages se sont installés à Creil, Compiègne ou Beauvais pour devenir propriétaires à des prix impossibles en Île-de-France.

Sauf que le TER Picardie reste l’un des plus critiqués de France : retards chroniques, suppressions de trains, et des gares trop éloignées de nombreuses communes. Résultat, même ceux qui pourraient prendre le train finissent par reprendre leur voiture.

Un actif oisien parcourt en moyenne 38 km par trajet domicile-travail, contre 25 km au niveau national. En cumulant aller-retour, cinq jours par semaine, ça représente environ 17 000 km par an rien que pour le boulot. À 1,75 € le litre de SP95 et une consommation moyenne de 7 litres aux 100, le calcul est vite fait : plus de 2 000 € engloutis chaque année.

Le phénomène s’aggrave d’année en année. L’Oise fait partie des départements où les habitants déménagent le plus, et chaque nouvelle installation en périphérie allonge encore les distances moyennes.

Un fossé qui se creuse entre territoires

Ce classement révèle une fracture nette : les départements où le carburant pèse le plus ne sont pas forcément les plus isolés. Ce sont souvent des zones périurbaines, prises en étau entre emploi concentré dans les métropoles et logement repoussé toujours plus loin.

Les régions où les salaires sont les plus élevés ne compensent pas toujours cette hémorragie à la pompe. Dans l’Oise, le revenu médian reste inférieur à la moyenne francilienne alors que les dépenses de mobilité, elles, dépassent celles de Paris.

La prime carburant de 100 € mise en place par le gouvernement en 2023 n’a couvert que 5 % de la facture annuelle d’un foyer oisien. Et les véhicules électriques, présentés comme la solution, restent inaccessibles pour les ménages modestes de ces territoires.

Alors, tu aurais deviné l’Oise en tête de ce classement ? Un département à moins d’une heure de Paris, mais où rouler coûte plus cher que partout ailleurs en France.

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