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« Voilà ce que tu mérites » : ce que l’on sait du père qui a tué ses deux enfants et sa belle-mère en Haute-Saône

Publié par Cassandre le 04 Sep 2026 à 9:01

Un mobil-home, une piscine hors-sol, une balançoire. Un terrain paisible sur les hauteurs d’un village de 1 000 habitants. Et pourtant, mercredi soir, c’est là que tout a basculé.

À Gy, en Haute-Saône, un homme a tué ses deux enfants et sa belle-mère avant de retourner l’arme contre lui. Un drame familial qui laisse une commune entière sous le choc.

Mobil-home et terrain isolé où s'est déroulé le drame à Gy

Un terrain paisible transformé en scène de crime

Le drame s’est produit sur une parcelle entourée d’un mur en pierre sèche, entre vignes et bois, sur les hauteurs de Gy. Cette commune tranquille se situe à seulement 30 kilomètres au nord de Besançon.

La famille vivait dans un mobil-home installé juste à côté d’une maison en cours de construction. Une trentaine de pompiers et une cinquantaine de gendarmes sont intervenus mercredi soir sur les lieux.

Quatre corps ont été découverts : ceux de deux enfants âgés de six et neuf ans, celui de leur grand-mère maternelle, et celui du père de famille. Un bilan glaçant pour un couple qui, selon une source proche du dossier, était simplement « en instance de divorce ».

Mais derrière cette formule administrative se cache une histoire bien plus sombre, que les proches du père commencent à raconter.

Ce que révèle le témoignage de son cousin

Selon un homme croisé par l’AFP près des lieux, qui s’est présenté comme le cousin du père de famille, le drame se serait déclenché au moment où la belle-mère venait chercher les enfants.

Le quadragénaire aurait alors commis l’irréparable. Et il aurait filmé la scène. Ces images, il les aurait envoyées directement à sa compagne, avec un message glaçant : « Voilà ce que tu mérites ». Il aurait ensuite fait suivre la vidéo à ses propres frères.

Intervention des secours et gendarmes de nuit en Haute-Saône

Ce geste de mise en scène macabre rappelle d’autres drames familiaux où la violence conjugale s’est retournée contre les enfants, dernières victimes collatérales d’une séparation qui tourne au cauchemar.

Le couple, toujours selon le cousin, traversait une période compliquée depuis une infidélité du père, découverte plusieurs mois plus tôt. La compagne aurait alors voulu le quitter.

Une réconciliation en trompe-l’œil

Pourtant, tout semblait s’être arrangé. Le couple était même parti en vacances ensemble en Grèce, cet été. Une parenthèse heureuse qui a précédé le pire.

Mercredi, quelque chose a changé. La compagne aurait demandé à sa propre mère d’aller chercher les enfants, en lui confiant : « Je n’ai plus envie d’y retourner ». Une phrase qui, rétrospectivement, résonne comme un signal d’alarme ignoré.

Ce type de rupture différée, où la violence explose après une accalmie apparente, se retrouve dans plusieurs affaires de féminicides précédés de menaces. Le danger ne diminue pas avec le temps, il se déplace.

Le père travaillait dans le bâtiment. Il appartenait à la communauté des gens du voyage, selon une source officielle citée par L’Est républicain. Un voisin dit avoir entendu « deux coups de fusil » ce soir-là.

« Il ne causait aucun problème », se souviennent les habitants

Devant la mairie de Gy, les langues se délient, timidement. Liliane, une habitante qui refuse de donner son nom de famille, décrit un homme sans histoires.

« Il ne causait aucun problème : il construisait sa maison, il travaillait », raconte-t-elle. « Il était calme, sportif ». Le portrait d’un père tranquille, presque banal, qui rend le drame encore plus incompréhensible aux yeux du village.

Habitante du village se souvenant des enfants disparus

Elle se souvient surtout de l’aîné des deux enfants tués. « Il était gentil, je l’ai dans la tête, le gosse, je le vois encore avec sa trottinette, c’est horrible », confie-t-elle, la voix nouée.

Selon elle, les autres enfants du village qui le connaissaient peinent encore à réaliser. « Ils n’arrivent pas à croire qu’il est mort, ils sont traumatisés », dit-elle.

Une cellule psychologique ouverte pour les enfants du village

Face au choc collectif, le rectorat de Besançon a annoncé l’ouverture d’une cellule psychologique au pôle scolaire de Gy. L’objectif : accueillir la parole des enfants bouleversés par la mort de leurs camarades.

Le maire de la commune a exprimé sa tristesse dans un communiqué. « Ce drame, qui a coûté la vie à quatre personnes, dont deux enfants, plonge notre commune dans une profonde tristesse et suscite naturellement beaucoup d’émotion parmi nous tous », a-t-il déclaré.

Sollicité par l’AFP, le parquet de Vesoul n’avait pas encore répondu jeudi matin aux questions concernant l’enquête en cours.

Ce type de féminicide élargi, où les enfants deviennent les victimes d’un conflit conjugal, n’est malheureusement pas isolé.

Des affaires similaires se sont produites récemment, comme ce père qui a tiré sur ses deux enfants avant de se donner la mort, ou encore ce mari qui a tué sa femme avant de retourner l’arme contre lui.

Des drames qui interrogent, une fois de plus, sur les signaux d’alerte trop souvent invisibles avant qu’il ne soit trop tard.

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