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Nitrate de potassium, 10 kg de soufre… : ce que les gendarmes ont trouvé chez ce quinquagénaire de Manthes

Publié par Cassandre Jolivet le 08 Nov 2026 à 14:50
Fourgon de gendarmerie devant une maison de village

Un kilo de nitrate de potassium, 10 kg de soufre en poudre. Sur le papier, une commande en ligne comme une autre. Dans la Drôme, elle a pourtant mis les gendarmes en alerte, et la perquisition qui a suivi a de quoi surprendre : 40 armes à feu et 25 bâtons de dynamite auraient été retrouvés chez un habitant de Manthes.

Une « liste de courses » qui a fait sonner l’alerte à Manthes

Tout commence par un achat discret. Selon Le Parisien, un quinquagénaire domicilié à Manthes, petit village de la Drôme, est allé retirer des produits commandés sur une plate-forme en ligne. Un kilo de nitrate de potassium, d’un côté. Dix kilos de soufre en poudre, de l’autre.

Pris séparément, ces produits n’ont rien d’illégal en soi. Mais ensemble, ils forment des ingrédients idéaux pour préparer de la poudre explosive. De quoi attirer l’attention des enquêteurs, informés de cet achat.

Premier réflexe des gendarmes : craindre le pire. Selon le quotidien, ils ont d’abord pensé avoir affaire à un potentiel activiste. Quelqu’un qui aurait pu se fournir pour fabriquer des mortiers et passer à l’action dans le contexte des récents mouvements sociaux.

Dans ce genre de dossier, la prudence prime. Un profil inconnu, des produits sensibles, un climat tendu : l’hypothèse la plus sombre est toujours examinée en premier, comme dans ce climat d’inquiétude qui plane sur l’Europe.

Restait à savoir qui était vraiment cet homme. Et surtout ce qu’il gardait chez lui.

Mercredi, la brigade de recherche et le PSIG passent à l’action

L’intervention est lancée mercredi. Elle mobilise la brigade de recherche et le peloton de sécurité et d’intervention de la gendarmerie (PSIG) de Romans-sur-Isère. Ce sont des unités habituées aux interpellations à risque, ce qui en dit long sur le niveau de vigilance.

L’homme est interpellé dans son village. Rien, à ce stade, ne permet de dire qu’il préparait un passage à l’acte, et la source ne fait état d’aucune menace formulée. Les gendarmes, eux, doivent d’abord sécuriser les lieux.

Car la fouille du domicile change vite la nature de l’affaire. Ce n’est plus seulement une question de poudre et de produits chimiques. C’est tout un arsenal qui apparaît, pièce après pièce, dans un décor que rien ne désignait de l’extérieur.

On connaît ce type de scène : des affaires où un voisin discret se révèle bien moins ordinaire qu’il n’y paraît. Comme dans cette autre affaire qui a secoué la Drôme, un département qui fait régulièrement la une des faits divers.

Alors, qu’ont-ils trouvé exactement ? Le bilan de la perquisition, d’après Le Parisien, donne le vertige : 40 armes à feu et 25 bâtons de dynamite auraient été saisis au domicile du quinquagénaire.

40 armes, 25 bâtons de dynamite et un mot : « collectionneur compulsif »

Gendarme de dos devant un mur d'armes anciennes

Voilà le cœur de l’affaire. Selon la même source, l’homme est présenté comme un « collectionneur compulsif ». L’expression figure dans le titre du quotidien, et elle donne une tout autre lecture de la fameuse commande en ligne.

Dans cette version, pas d’activiste prêt à passer à l’action, mais un passionné qui accumulerait armes et matériel sans limite. Reste que la frontière est mince : détenir autant d’armes et d’explosifs pose, en soi, de sérieuses questions de légalité.

À ce stade, la source ne précise pas le détail du statut de chaque arme, ni leur origine. Elle ne dit pas non plus si le nitrate et le soufre devaient servir à fabriquer quelque chose de précis. Ces points relèvent de l’enquête.

Ce que l’on sait, en revanche, c’est la suite judiciaire. L’homme a été présenté à la justice vendredi. Il doit être jugé prochainement à Valence, sans que la date soit communiquée dans les éléments dont on dispose.

Autrement dit, la présomption d’innocence s’applique pleinement tant qu’aucun jugement n’est rendu. Les faits décrits reposent, à ce stade, sur le récit du Parisien, et la version de l’intéressé n’est pas détaillée.

Ce que cette affaire dit de la vigilance autour des armes

Premier enseignement : tout est parti d’un simple achat en ligne. Deux produits courants, commandés légalement, ont suffi à déclencher une intervention de gendarmes spécialisés. La vigilance sur les plates-formes semble donc avoir joué son rôle.

Deuxième enseignement : l’hypothèse de départ n’était pas la bonne, ou pas entièrement. Les enquêteurs craignaient un projet militant, ils se retrouvent face à un profil que la presse qualifie de collectionneur. Un écart saisissant, qui rappelle combien les premières hypothèses peuvent être trompeuses.

Ces faits divers dérangent aussi parce qu’ils surviennent là où on ne les attend pas. Comme ce drame survenu sur un boulodrome de Mimizan, où un différend ordinaire a viré au tragique.

Ce qu’il faudra surveiller ensuite : l’audience à Valence, et ce qu’elle dira des armes saisies. Détenues légalement ou non ? Déclarées ? Le tribunal devra trancher ces questions, ainsi que la finalité du nitrate et du soufre.

D’ici là, une chose est sûre : dans la Drôme, un village discret a vu débarquer le PSIG. Et un autre fait divers récent montre que la région n’est pas épargnée, comme l’accident survenu dans un lycée agricole.

Une commande en ligne, une perquisition, un arsenal : tout tient dans ce fil, en attendant le jugement. Ailleurs, d’autres histoires laissent le même vertige, comme ce conducteur contrôlé à 3,56 g d’alcool sans avoir bu une goutte. Et si le plus troublant se cachait derrière une porte de pavillon, comme dans cette maison des horreurs dont des enfants ont fini par sortir ?

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