« Mon père a été incinéré par erreur » : cet échange de cadavres à la morgue vire au cauchemar en Italie

Un dernier hommage, une église pleine, et puis ce coup de fil qui change tout. À Florence, en Italie, une famille s’apprêtait à enterrer son père quand un appel des pompes funèbres a tout fait basculer. Ce que révèle cette affaire sur les failles d’un système censé être infaillible dépasse l’entendement.
Une cérémonie interrompue à dix minutes de la fin
Bernardo se trouvait à l’église, entouré de ses proches, prêt à dire adieu à son père Leonardo Bonazzi, 87 ans. Dix minutes avant l’enterrement, son téléphone sonne. Les pompes funèbres lui demandent de venir « urgemment » pour une « information importante ».
« Ils m’ont dit que mon père avait été incinéré par erreur, je ne voulais pas le croire », a-t-il confié, selon le quotidien La Nazione. Une phrase glaçante, prononcée en pleine cérémonie, devant une famille qui ne comprend pas encore l’ampleur du désastre.
Ce genre d’erreur administrative, aussi rare soit-elle, rappelle à quel point certaines démarches restent fragiles jusqu’au bout, un peu comme le don d’organes, encadré par des protocoles stricts pour éviter précisément ce genre de confusion.
Les proches endeuillés vivent souvent des situations administratives lourdes, à l’image de la famille de l’ancien Premier ministre Édouard Balladur, disparu à 97 ans dans des circonstances tout autres mais qui montrent combien chaque détail compte au moment des obsèques.
Comment deux cercueils ont pu être confondus
L’enquête administrative a permis de reconstituer le fil des événements. Deux dépouilles reposaient dans la même morgue, en attente de leurs obsèques respectives, prises en charge par deux entreprises distinctes de pompes funèbres.
Au moment de la mise en bière, les corps ont été intervertis. Celui de Leonardo Bonazzi s’est retrouvé dans le cercueil au nom d’une femme, qui avait elle demandé à être incinérée. L’erreur n’a été détectée par aucune des deux structures avant la crémation.
Résultat : les cendres remises à la famille portaient le nom de l’autre défunte, mise sous clé au crématorium en attendant que la situation se clarifie.
Ce type de confusion d’identité évoque, toutes proportions gardées, la manière dont certaines enquêtes tardent à établir la vérité, comme dans l’affaire Émile où une trace ADN inconnue a récemment relancé les investigations.
Quant à la femme qui devait être incinérée, elle ne l’avait, à ce stade, toujours pas été, selon les informations relayées par le média italien.

Un deuil impossible et une plainte en préparation
Dans certaines affaires troublantes, ce sont des détails inattendus qui révèlent l’ampleur d’un dysfonctionnement, comme lors de la disparition médiatisée dans l’affaire Dupont de Ligonnès, où une sixième victime avait longtemps été négligée. Ici, c’est une famille entière privée d’un dernier moment avec son père.
« On ne m’a pas donné la possibilité de revoir mon père une dernière fois, de lui faire mes adieux, de célébrer une messe en sa mémoire », a déploré Bernardo. Une souffrance renforcée par une seconde découverte : le certificat de décès de Leonardo comportait une date erronée.
La famille a désormais fait appel à un avocat et n’exclut pas d’engager des poursuites pénales et civiles contre les responsables de cette double erreur.
Ce genre d’épreuve rappelle combien la santé et la fin de vie restent des sujets sensibles, à l’image de l’inquiétude suscitée récemment par l’hospitalisation en urgence de Yannick Noah.
Bernardo a néanmoins tenu à remercier la Confrérie militaire, une structure d’aide aux victimes, pour son soutien durant cette épreuve, comme le rapporte La Nazione.
Un dernier adieu volé, des cendres échangées, une date falsifiée : cette affaire italienne illustre à quel point une simple négligence administrative peut briser un deuil pour toujours. Combien de familles, ailleurs, découvrent trop tard une erreur similaire sans jamais pouvoir la corriger ?