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Épilation laser à 50 € les 6 séances : 126 clientes portent plainte après des brûlures et des centres volatilisés

Publié par Cassandre le 28 Juin 2026 à 17:00
Brûlure visible sous l'aisselle d'une femme inquiète

Des séances d’épilation laser à prix cassé, promues par des stars d’Instagram aux millions d’abonnés. Un rêve accessible pour des centaines de femmes. Sauf que derrière les filtres et les codes promo, certaines clientes ont hérité de brûlures, de taches de dépigmentation et de centres fermés du jour au lendemain. Voici comment Epil House est passée de success story à plainte collective.

Epil House : comment les influenceuses ont rempli les centres en un temps record

La recette était redoutable. Prenez des personnalités de téléréalité, ajoutez des stories Instagram bien calibrées, saupoudrez de tarifs imbattables — six séances pour cinquante euros — et vous obtenez une file d’attente devant chaque centre. À son apogée, la chaîne comptait dix-huit établissements répartis dans toute la France.

Les influenceuses ne se contentaient pas de faire de la pub. Certaines affirmaient que l’exposition solaire récente ne posait aucun problème, contredisant directement les propres recommandations d’Epil House publiées sur ses réseaux. Un comble.

Pour beaucoup de clientes, la notoriété des visages connus valait certificat de sérieux. Quand une influenceuse à deux millions d’abonnés vous dit que c’est sûr, vous ne vérifiez pas si la praticienne a un diplôme. Et c’est précisément là que le système s’est fissuré. Car derrière les slogans rassurants, les témoignages dessinent une réalité autrement plus sombre.

268 clientes, 32 brûlées, et une plainte collective déposée au parquet de Paris

Le 28 mai 2026, le collectif d’aide aux victimes d’influenceurs (AVI) a officiellement saisi le procureur de la République de Paris, comme le rapporte Le Parisien. Les chefs d’accusation sont lourds : escroquerie, pratique commerciale trompeuse et blessures involontaires.

Sur 268 clientes qui dénoncent le comportement de la chaîne, 126 ont formellement porté plainte. Et 32 déclarent avoir subi des brûlures, parfois graves. Le porte-parole du collectif, Jean-Baptiste Boisseau, est catégorique : les centres fonctionnaient hors de tout cadre légal, avec du personnel non formé, sans contrat, dans le seul but d’encaisser un maximum avant de disparaître à la première réclamation.

Les témoignages sont glaçants. Hanane, 41 ans, a mis une année entière à se remettre de ses brûlures sous les aisselles. Myriam, 35 ans, a vu la peau de ses aisselles noircir — plus de déodorant, plus de débardeur pendant tout un été. Safya était mineure en 2023 quand elle a été brûlée. Aujourd’hui, des taches de dépigmentation courent du genou au mollet. Elle ne porte plus de short.

L’avocate du collectif, maître Rebecca Lahoud, précise que certaines clientes ont subi des brûlures vaginales ou vulvaires. Des séquelles qualifiées d’invalidantes dans plusieurs dossiers. On n’est plus dans le domaine du simple désagrément cosmétique.

Appareil laser et lunettes de protection dans un centre d'épilation

Personnel formé en une journée, deux paires de lunettes pour cinq employées : les dessous d’Epil House

Ce qui se passait en coulisses achève de glacer le tableau. Sarah, ancienne vendeuse en parfumerie, raconte avoir été recrutée en dix minutes. Zéro expérience en épilation. Sa formation théorique ? Une journée. Sa pratique ? Une semaine à s’entraîner sur ses collègues. Pendant sa propre formation, la formatrice lui a causé une brûlure au visage.

Le matériel de protection manquait cruellement. Deux paires de lunettes de sécurité pour cinq employées, alors que ces équipements sont présentés comme indispensables contre les lésions oculaires provoquées par le laser. On parle d’un appareil médical, pas d’une lampe de bureau.

Le contexte réglementaire n’a rien arrangé. Depuis juillet 2024, les esthéticiennes peuvent légalement pratiquer l’épilation laser, à condition que leurs compétences soient validées par un jury incluant un médecin. Sauf que, selon le président du Syndicat national des médecins esthétiques, la rémunération insuffisante des médecins jurés freine considérablement ces validations. Résultat : de nombreuses praticiennes exercent sans certification.

La Direction générale de la santé évoque des « travaux réglementaires en cours ». La répression des fraudes indique avoir contrôlé plus de 180 professionnels du secteur depuis 2025. Contactée à plusieurs reprises, Epil House n’a donné aucune suite.

Un code promo, un filtre Instagram et zéro diplôme : le cocktail parfait pour transformer un soin esthétique en cauchemar. Reste une question qui dépasse largement le cas Epil House — quand une influenceuse vante un acte médical sans rien vérifier, qui est vraiment responsable des dégâts ?

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