Il entre pour une opération des sinus, il ressort avec un œil en moins

Une opération de routine pour désengorger les sinus. Un bloc opératoire, une anesthésie générale, et la promesse d’en finir avec des mois d’inconfort. Sauf que Maxime, 35 ans, ne se doutait pas qu’il allait se réveiller avec une orbite vide. Voici le récit d’une intervention qui a basculé en cauchemar médical, et les mots terrifiants du patient pour décrire ce qui s’est passé.
6 janvier 2026 : Paris sous la neige, Maxime hésite à se rendre au bloc
Depuis plusieurs mois, Maxime souffrait de sinusites chroniques. Rien ne fonctionnait. Ni les traitements classiques, ni les rinçages. Son médecin finit par lui proposer une méatotomie moyenne endonasale, une intervention chirurgicale destinée à agrandir l’ouverture naturelle des sinus pour améliorer leur drainage. Rien de spectaculaire sur le papier.
Le jour J, le 6 janvier 2026, Paris est paralysé par la neige. Maxime hésite. Il se rend finalement à la clinique Paris-Bercy, à Charenton-le-Pont dans le Val-de-Marne. L’opération est programmée sous anesthésie générale et doit durer environ une heure. Mais au lieu de soixante minutes, le patient restera cinq heures sur la table d’opération. Une hémorragie abondante survient pendant l’intervention, compliquant la visibilité de la chirurgienne ORL. C’est là que tout les choses basculent de façon irréversible.
Un shaver, du sang, et un globe oculaire « aspiré » par erreur
Face au saignement persistant, la chirurgienne détecte la présence de polypes. Elle décide d’utiliser un shaver, un instrument médical équipé d’une lame rotative et d’un petit aspirateur, conçu pour retirer les tissus indésirables. Le problème : l’hémorragie l’empêche de distinguer clairement ce qu’elle aspire.
Et c’est le drame. L’outil aspire le globe oculaire gauche de Maxime. Selon ses mots rapportés par Le Dauphiné Libéré, la chirurgienne aurait confondu son œil avec un polype. « Elle a vidé mon œil comme un raisin », a-t-il déclaré. Le compte-rendu opératoire, lui, mentionne simplement « un saignement palpébral » — sans préciser la cause réelle. C’est au moment de retirer le sparadrap recouvrant l’œil que la médecin a constaté l’absence clinique de globe oculaire. Cinq heures d’opération pour un nettoyage de sinus. Un œil en moins au réveil.
À lire aussi

Une prothèse, un fils qui a peur, et une indemnisation en cours
Transféré en urgence dans un hôpital spécialisé en ophtalmologie, Maxime a subi une greffe dermo-graisseuse pour combler la cavité orbitaire vide. Les médecins ont également nettoyé ses sinus — ce que la chirurgienne n’avait pas fait — et lui ont retiré une dent, identifiée comme la cause réelle de ses sinusites à répétition.
Aujourd’hui, Maxime porte une prothèse oculaire qu’il dissimule sous un patch. « Mon œil ne bouge pas, mon regard est mort à gauche, un peu comme une poupée. Mon fils a peur de moi », confie-t-il. Il assure ne ressentir « aucune haine » envers la chirurgienne, mais regrette qu’elle n’ait jamais reconnu publiquement son erreur. Elle lui a toutefois adressé une lettre d’excuses. La clinique Paris-Bercy a exprimé sa « plus grande compassion » et précisé que c’était « la première fois » qu’un tel accident survenait dans l’établissement. La chirurgienne n’y exerce plus. Maxime a entamé une procédure d’indemnisation.
Un œil perdu pour des sinus bouchés. L’histoire de Maxime rappelle que même les gestes chirurgicaux dits « de routine » peuvent déraper de façon irréversible. Et toi, tu as déjà hésité à te rendre à un rendez-vous médical à cause de la météo ?