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« Je n’ai jamais touché cet argent » : pièce en or à 475 € sur Vinted, la vendeuse jure avoir été piratée

Publié par Cassandre le 05 Oct 2026 à 1:48
Femme au regard tendu et indigné dans un couloir de tribunal

Une pièce Napoléon en or, 475 euros, une transaction qui semblait banale sur Vinted. Sauf que le colis n’est jamais parti, et que les messages ont disparu. Devant le tribunal de Foix, la vendeuse présumée a nié en bloc, parlé de piratage et d’usurpation. Ses arguments ont-ils tenu face aux juges ? Le verdict est tombé après quelques minutes de délibéré.

475 euros pour une pièce en or : l’affaire qui s’est jouée à l’écran avant d’arriver à la barre

Tout commence sur la plateforme de revente d’occasion, là où chacun avance masqué derrière un pseudo. Une internaute repère une pièce Napoléon en or, une pièce dont la valeur peut approcher le millier d’euros. Elle est proposée à 475 euros. L’occasion paraît belle, l’acheteuse commande.

Son interlocuteur lui promet alors un envoi dès le lendemain. Rien ne part, ni ce jour-là, ni les suivants. Selon La Dépêche, qui a suivi l’audience, les échanges de la transaction ont ensuite été supprimés.

L’acheteuse porte plainte le 19 décembre 2025. Les enquêteurs doivent alors reconstituer un dossier dont une partie des preuves s’est volatilisée. Ce type de fraude, où la marchandise n’existe peut-être jamais, laisse parfois peu de traces visibles. On retrouve d’ailleurs la même mécanique dans ces arnaques où l’on truque des photos pour se faire rembourser.

Presque deux ans de vie numérique s’arrêtent d’un coup, le mardi 29 septembre 2026, dans une salle d’audience. Amélie*, une trentaine d’années, s’avance vers la barre. Elle a un plan : tout nier, de bout en bout.

Reste à savoir ce que les enquêteurs avaient réellement sous la main. Car la discussion supprimée n’était pas la seule piste.

Un compte à son nom, un appel vidéo, un tapissage photo : ce que le dossier posait sur la table

Le président de séance, Stéphane Bourdeau, reprend le litige point par point. Premier élément solide selon la source : l’argent versé via Vinted aurait fini sur un compte bancaire au nom de la prévenue. Sa réponse est immédiate : « Ce n’est pas mon compte, je n’ai jamais touché cet argent. »

Le tribunal lui répète que le compte est bien à son nom. Elle riposte alors par une question qui résume sa ligne de défense : « Mais alors si quelqu’un ouvre un compte avec mon nom, c’est forcément moi ? » Un argument que les juges, d’après le récit, n’ont pas semblé goûter.

L’usurpation d’identité n’a rien d’une fiction. Certaines victimes découvrent des dettes ouvertes à leur nom, parfois sans rien avoir vu venir. Mais encore faut-il que le reste du dossier ne pointe pas vers la même personne.

Or le dossier avait un autre atout. Une communication en direct avait eu lieu entre l’acheteuse et la vendeuse : un appel vidéo. Les enquêteurs ont ensuite organisé un tapissage photo, c’est-à-dire une série de portraits présentée à la victime.

Elle a reconnu la personne qui lui avait promis la pièce en or. Le président le lance à la prévenue : « Cette personne a parlé avec quelqu’un en direct par appel vidéo, et après, elle vous reconnaît sur une photo. C’était bien vous. »

Réponse d’Amélie : « Non, ce n’était pas moi. On m’a piratée, il y a des photos de moi sur Facebook. » Une explication qui laisse les juges très perplexes. Et ce n’était visiblement pas la première fois qu’elle l’avançait.

Pièce en or posée près d'un smartphone et d'un colis vide

Un premier litige, le même argument : et le verdict est tombé en quelques minutes

Dans cette salle, un détail a pesé lourd : les histoires de photos et d’identités détournées existent bel et bien, mais ici le tribunal avait un précédent sous les yeux. D’après le dossier retracé par les juges, un premier litige avait eu lieu sur la même plateforme.

Il opposait la prévenue à un homme. Une autre tentative apparente d’escroquerie aurait été entamée, avant que la vendeuse ne se décide à rembourser l’acheteur. Là encore, Amélie avait avancé l’explication d’un piratage.

Deux affaires, un même compte, la même défense. Pour les magistrats, la coïncidence devenait difficile à avaler. Le ministère public a fini par résumer l’audience d’une phrase : « Madame s’entête. On ne tirera rien de cette audience. »

La délibération a débuté, puis s’est achevée en quelques minutes. Amélie a été déclarée coupable des faits reprochés. Elle est condamnée à 4 mois d’emprisonnement avec sursis, une amende de 250 euros et une peine d’inéligibilité de cinq ans.

Elle est ressortie de la salle remontée, selon la source. Son piratage supposé n’a donc pas convaincu le tribunal judiciaire de Foix. Mais que retenir de cette histoire pour ne pas se retrouver à la place de l’acheteuse ?

Ce que cette affaire dit des achats entre particuliers

Le premier enseignement tient dans le prix. Une pièce qui peut approcher le millier d’euros proposée à 475 euros aurait pu alerter. L’acheteuse a saisi l’occasion, comme beaucoup d’internautes devant une affaire apparemment avantageuse.

Le deuxième tient aux preuves. La conversation de la transaction a été supprimée, mais l’appel vidéo, le compte bancaire et la reconnaissance photo ont permis de remonter jusqu’à la prévenue. Sur ce point, mieux vaut garder ses propres captures de tout échange avant de payer.

Autre réflexe utile : connaître ses droits. Le droit de rétractation sur les achats en ligne ne couvre pas toutes les situations, notamment entre particuliers, mais il rappelle que le remboursement n’est pas un cadeau.

La source ne précise pas si le jugement fera l’objet d’un recours, ni si l’acheteuse a été remboursée. Ce que l’on sait, c’est que la décision repose sur un faisceau d’éléments, pas sur un seul. Et que la ligne « on m’a piratée » a été écartée deux fois.

Certains produits sont d’ailleurs plus risqués que d’autres sur les sites de petites annonces. Un expert pointe le seul produit à éviter sur Leboncoin, une piste utile avant de cliquer sur « acheter ».

Reste une certitude : derrière un pseudo, il y a toujours quelqu’un. Et dans cette affaire, il avait un visage.

Avant de vous lancer dans un prochain achat, demandez-vous une chose : quelle boisson que vous n’avez jamais bue peut gonfler discrètement votre addition en vacances ? Et si ce sont les comptes bancaires qui vous inquiètent, un hacker a intercepté le mail d’un notaire pour détourner 96 400 euros.

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