78 jours en réanimation, 33 opérations : une expérience de classe tourne au drame et l’école est condamnée

Un laboratoire, des élèves en groupes, une expérience qui se veut spectaculaire. En septembre 2022, à Córdoba, en Argentine, la scène a viré à la catastrophe en quelques secondes. Une adolescente a été très gravement brûlée et l’école vient d’être condamnée à l’indemniser. Ce que les experts ont découvert dans ce laboratoire explique en grande partie la décision du juge.
Une « serpent du pharaon » qui dégénère devant toute la classe
Tout commence par une séance de travaux pratiques ordinaire. Les élèves réalisent l’expérience baptisée « la serpent du pharaon », une réaction qui fait jaillir une sorte de long ruban de cendres. Elle exige des substances inflammables, donc une vigilance de tous les instants.
Selon la décision judiciaire rapportée par la presse argentine, une autre élève a ajouté de l’alcool à un mélange. Cela a provoqué une déflagration, qui a touché de plein fouet l’adolescente. Le geste d’une camarade a suffi à transformer un exercice de classe en urgence vitale.
Le bilan médical donne le vertige. La jeune fille est restée 78 jours en soins intensifs et a subi 33 interventions chirurgicales. Nettoyages des plaies, ablations, autogreffes de peau : le parcours a été long et lourd.
Elle a quitté l’hôpital fin novembre 2022. Mais les séquelles ne se sont pas effacées : elle reste atteinte d’une incapacité psychophysique permanente. Une scolarité ordinaire, d’un coup, s’est transformée en combat de longue haleine, un peu comme dans ces accidents survenus pendant un exercice en lycée qui interrogent la sécurité des élèves.
Reste une question centrale : qui devait répondre de ce drame ? L’école a vite tenté de se défausser, et sa ligne de défense n’a pas tenu.
L’école met en cause une élève, l’assureur parle d’imprévisible
Le dossier est arrivé devant le Juzgado en lo Civil y Comercial de 51e nomination de Córdoba. C’est le juge Gustavo A. Massano qui a tranché. Face à lui, deux lignes de défense bien préparées.
L’établissement a soutenu que l’accident était dû à la conduite d’une autre élève. Autrement dit, la faute serait chez une camarade, pas dans l’organisation du cours. L’assureur, lui, a plaidé un fait imprévisible ou inévitable, donc impossible à anticiper.
Le magistrat a écarté les deux arguments. Pour lui, les élèves ne sont pas des tiers étrangers à l’établissement. Dès qu’ils participent à une activité encadrée, l’école doit garantir leur sécurité.
Il a aussi rappelé que manipuler de l’alcool et du feu est une activité à risque. Les maladresses d’adolescents font donc partie de ce qu’il faut prévoir quand on organise ce genre de manipulation. Un principe qui rappelle que la loi impose parfois de lourdes obligations, comme avec ce moniteur qui encadrait sans en avoir le droit.
Restait à savoir ce qui, concrètement, clochait dans ce laboratoire. Ce sont les expertises techniques en hygiène et sécurité qui ont fait pencher la balance.
Elles ont été déterminantes pour établir les responsabilités. Et leur verdict est sévère : selon ces rapports, le laboratoire ne disposait pas des équipements de protection de base ni des mesures de prévention nécessaires pour mener cette expérience.
Ce n’est pourtant pas la seule faille relevée. Une autre, plus gênante encore pour l’établissement, concernait ses propres règles.

Une seule enseignante pour plusieurs groupes, sans personne pour vérifier
Quand une institution doit garantir la sécurité, la loi prévoit des devoirs précis, tout comme un propriétaire est tenu de réaliser certaines réparations urgentes. Ici, l’inspection a mis le doigt sur des manquements très concrets.
D’abord, l’école n’avait pas appliqué correctement son propre manuel de sécurité. Le règlement existait sur le papier, mais il n’a pas été suivi le jour de l’expérience. C’est un point que le juge a retenu contre elle.
Ensuite, la surveillance. Une seule enseignante encadrait plusieurs groupes qui menaient l’expérience en même temps. Il n’y avait aucun assistant de laboratoire pour l’épauler.
Personne n’avait non plus contrôlé à l’avance les récipients d’alcool que les élèves allaient utiliser. Dans une manipulation où un simple ajout de liquide peut déclencher une flambée, ce détail pèse lourd.
Pour le magistrat, l’ensemble de ces carences prouve que l’établissement n’avait pas pris les précautions nécessaires pour éviter un accident d’une telle gravité. La condamnation à indemniser l’élève découle directement de ce constat : sécurité insuffisante, supervision débordée, règles ignorées.
Ce que cette décision rappelle à toutes les écoles
La source ne précise pas le montant de l’indemnisation. Elle ne dit pas non plus si une suite judiciaire est envisagée. Ce qui ressort, c’est la logique du jugement : une école ne peut pas se retrancher derrière le geste d’un élève quand l’activité était risquée et mal encadrée.
Le raisonnement du juge a une portée qui dépasse ce seul dossier. Dès qu’on met des adolescents devant du feu et de l’alcool, il faut anticiper l’erreur plutôt que la découvrir après coup. Cela suppose du matériel adapté, des adultes en nombre suffisant et des contrôles avant le début.
Cette idée vaut bien au-delà d’un laboratoire. Elle fait écho à des débats plus quotidiens, comme ce que la loi interdit à ceux qui ont une responsabilité envers autrui.
Pour l’élève, la reconnaissance judiciaire ne gomme rien : les 33 opérations et l’incapacité permanente restent. Mais elle établit noir sur blanc que l’organisation du cours était en cause.
Sur un autre terrain, un danger méconnu derrière une pratique jugée inoffensive montre à quel point l’encadrement compte aussi dans les activités qu’on croit sans risque.
Pour les parents comme pour les enseignants, la leçon tient en une phrase : un manuel de sécurité ne protège que s’il est vraiment appliqué.
Une expérience censée émerveiller a coûté 78 jours de réanimation à une adolescente, et la justice a désigné clairement le responsable : l’école. Si les rapports de sécurité vous intriguent, ce que des millions de Français enroulent autour de leur carte bancaire a une raison que vous ne soupçonnez sans doute pas. Et si vous vous demandez comment protéger votre santé sur le long terme, les 5 gestes qui feraient rajeunir le cerveau de 8 ans méritent votre attention.