Ils ouvrent le cercueil de leur père de 84 ans et découvrent un inconnu : le corps aurait déjà été incinéré

Perdre un parent est déjà une épreuve. Imaginez ouvrir son cercueil pour lui dire adieu et tomber sur le visage d’un parfait inconnu. C’est exactement ce qu’a vécu une famille new-yorkaise fin mai 2025. Le pire : selon le funérarium, le corps du vrai défunt aurait déjà été réduit en cendres — sans que personne ne puisse le certifier.
Un homme de 84 ans, un cercueil, et un visage inconnu
L’histoire commence par un deuil ordinaire. Un octogénaire de 84 ans s’éteint à New York au mois de mai. Sa famille organise une veillée mortuaire au funérarium RG Ortiz, un établissement bien connu dans la ville. Le rendez-vous est fixé au jeudi 28 mai.
Les proches arrivent. Le cercueil est là. Tout semble en ordre, jusqu’au moment où quelqu’un soulève le couvercle. L’homme allongé à l’intérieur n’est pas leur père. Ce n’est même pas quelqu’un qui lui ressemble, de près ou de loin.
Le défunt était chauve et de petite taille. L’inconnu dans le cercueil avait des cheveux et était nettement plus grand. La confusion n’avait rien de subtil. « Nous avons ouvert le cercueil et nous avons trouvé un autre homme », raconte le fils de la victime à NBC 4 New York.
Le choc aurait pu s’arrêter là si le personnel avait immédiatement reconnu l’erreur. Mais ce n’est pas ce qui s’est passé. Des cas similaires d’échanges de corps ont déjà défrayé la chronique ailleurs dans le monde. Et chaque fois, c’est la même stupeur pour les familles.
Pendant plusieurs heures, les employés du funérarium auraient tenté de convaincre la famille que l’homme dans le cercueil était bien leur père. « Ils ont essayé pendant des heures de nous convaincre que c’était notre père », ajoute le fils, abasourdi. Une situation qui rappelle d’autres drames funéraires où des familles découvrent l’impensable bien trop tard.
L’explication du funérarium : un homonyme incinéré par erreur
Face à l’évidence — un homme chauve remplacé par un homme chevelu —, RG Ortiz a fini par reconnaître la méprise. L’explication avancée par l’entreprise tient en une coïncidence : une autre personne portant exactement le même nom que l’octogénaire serait décédée la même semaine.
Les deux dépouilles auraient été confondues dans leurs locaux. Un mélange d’étiquettes, de dossiers, de cercueils. Le genre d’erreur administrative qui, dans n’importe quel autre domaine, provoquerait un simple désagrément. Ici, elle est irréversible.
Car le funérarium a ajouté un détail qui a achevé la famille : le corps du véritable défunt aurait déjà été incinéré. Ses cendres seraient stockées au siège social de l’entreprise. Le conditionnel est de rigueur, et c’est justement ce qui ronge les proches.
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« Mais nous ne savons pas avec certitude s’il s’agit de notre père », déplore le fils. Aucune preuve formelle, aucun test ADN annoncé, aucune garantie. Juste une urne et la parole d’un établissement qui venait de passer des heures à nier l’évidence. Des situations où des familles reçoivent les mauvais restes ne sont malheureusement pas inédites.
Comment faire son deuil quand on ne sait même pas si les cendres qu’on vous tend sont celles de votre propre père ? La question reste sans réponse. Et les antécédents de ce funérarium n’arrangent rien — bien au contraire. Des croque-morts peu scrupuleux ont déjà été condamnés pour avoir remis de fausses cendres à des familles endeuillées.

RG Ortiz : 50 plaintes, 600 000 dollars et un passé qui rattrape
L’erreur n’a surpris personne parmi ceux qui connaissent le dossier de cette entreprise. Comme le révèlent d’autres affaires funéraires aux États-Unis, les dysfonctionnements dans ce secteur sont plus fréquents qu’on ne l’imagine. RG Ortiz, en particulier, traîne un historique accablant.
Le Département de la protection des consommateurs et des travailleurs de New York a porté plainte contre l’entreprise après avoir reçu près de 50 plaintes. Les griefs portaient sur l’état des dépouilles confiées à leurs soins, mais aussi sur la présentation trompeuse des tarifs et la dissimulation des prix réels.
En 2024, la société avait conclu un accord à l’amiable pour éviter un procès. Montant total : 600 000 dollars reversés aux clients lésés, plus 100 000 dollars d’amendes civiles. Un règlement financier, donc. Pas une fermeture. Pas un retrait de licence.
Résultat : un an plus tard, la même entreprise confond deux corps, incinère le mauvais, et tente de convaincre une famille que leur père chauve est devenu chevelu dans son cercueil. Des erreurs qui rappellent le cas de cet homme déclaré mort à tort retrouvé vivant chez un croque-mort au Brésil. La confiance accordée aux professionnels funéraires repose sur un contrat moral élémentaire : prendre soin des morts avec dignité.
Quand ce contrat est rompu, il ne reste aux familles que le doute. Un doute qui, contrairement au deuil, ne s’apaise jamais vraiment.
Un père de 84 ans, un cercueil ouvert, un inconnu dedans, et des cendres dont personne ne peut jurer l’identité : voilà ce qu’une famille new-yorkaise gardera comme dernier souvenir. Avant de confier un proche à un funérarium, peut-être faudrait-il vérifier son casier judiciaire autant que ses tarifs — qu’en pensez-vous ?