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Cahors : à 18 ans, Faustine raconte l’accident qui l’a rendue paraplégique le jour de ses 15 ans

Publié par Cassandre le 20 Sep 2026 à 20:35

Un anniversaire qui devient une date de deuil. C’est ce qu’a vécu Faustine Poettoz, percutée par une voiture le jour de ses 15 ans, à Cahors. Quatre ans plus tard, devenue une jeune femme de 18 ans, elle a pris la parole devant le tribunal correctionnel. Son témoignage, d’une rare intensité, a bouleversé la salle d’audience — et révèle ce que l’accident lui a vraiment coûté.

Un accident qui a tout changé un jour d’anniversaire

Le 21 septembre 2022, à Cahors, une voiture stationnée dans la rue Fondue Haute dévale la pente, cogne les murs, et écrase Faustine dans le dos. Le véhicule était garé à un endroit interdit, le frein à main mal ou pas serré, et son conducteur, Ali Makoul, avait fumé du cannabis avant de partir boire un café.

La jeune fille hurle de douleur sous la voiture, sans savoir si elle va survivre. Ce jour-là marque aussi, pour elle, la perte de l’usage de ses jambes. Un drame qui rappelle d’autres affaires où une voiture devient le théâtre d’un instant tragique et irréversible.

Jeudi 17 septembre 2026, quatre ans après les faits, Faustine se présente à la barre du tribunal de Cahors. Une jeune femme décrite comme lumineuse, déterminée à témoigner malgré l’appréhension de croiser, pour la première fois, le regard de l’homme qui a bouleversé sa vie. Un moment que certaines familles attendent parfois des années, à l’image de procédures qui s’étirent bien au-delà du raisonnable.

« Une peur immense » : le récit qui a fait pleurer la salle

Face aux magistrats, Faustine refuse de se limiter aux faits déjà consignés dans les dossiers médicaux. « Un dossier ne raconte pas une vie », lance-t-elle, avant de décrire l’instant précis où tout a basculé : « Je me souviens de ce que j’ai ressenti sous la voiture (…) une peur immense. À cet instant-là, je ne savais pas si j’allais mourir. »

Elle évoque l’odeur du goudron brûlé, la chaleur, le sang, et cette certitude glaçante d’être « une enfant coincée sous une voiture ». Un langage cru, sans filtre, qui tranche avec la froideur habituelle des prétoires. Comme dans d’autres témoignages bruts sur une vie basculée, c’est la sincérité du récit qui frappe l’auditoire.

Puis vient l’annonce, dans une chambre d’hôpital : elle ne remarchera jamais. « J’ai pleuré. Mais au fond de moi, je refusais encore d’y croire », confie-t-elle. Suivront deux mois d’hospitalisation, puis des « moments sombres » en centre de rééducation, où sa souffrance devient si intense qu’elle cherche non plus comment vivre avec elle, mais comment ne plus la ressentir. Un aveu poignant qui rappelle que certaines épreuves brisent des vies entières.

« J'avais 15 ans et je me suis vue mourir » : le témoignage de Faustine à 18 ans bouleverse le tribunal de Cahors

Une condamnation jugée insuffisante par la famille

À l’issue de l’audience, Ali Makoul, déjà connu de la justice avec trois mentions au casier et cité dans un dossier lié à une mort survenue à Cahors en 2024, est condamné à trois ans de prison, dont deux avec sursis, les douze mois restants étant aménageables. Il risquait jusqu’à sept ans d’emprisonnement.

Pour Coraline Poettoz, la mère de Faustine, cette peine est une insulte. « Faustine a pris perpette, lui va continuer sa vie d’avant. Les jambes de ma fille valent douze mois ferme, qu’il ne fera sûrement pas en prison, mais sous bracelet électronique », déplore-t-elle, dénonçant aussi la lenteur de la procédure : quatre années d’instruction avant un verdict.

Faustine, elle, ne réclame pas la pitié. Elle regrette surtout l’absence de remords sincères de la part du conducteur, resté impassible durant toute l’audience : « Je n’ai jamais eu le sentiment qu’il mesurait réellement les conséquences de son geste. Parce que moi, je les mesure. Tous les jours. » Elle conclut en demandant à la justice de « regarder au-delà des faits, la personne qu’il y a derrière ».

Faustine a survécu à l’accident, mais aussi à elle-même. Sa parole, offerte sans filtre au tribunal, restera comme la preuve qu’un fauteuil roulant ne fait pas taire une adolescente qui rêvait simplement d’une balançoire. Que reste-t-il de justice quand une vie brisée se résume à douze mois aménageables ?

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