« Il m’a enlevée, il va me tuer » : elle craignait son ex mais n’avait jamais porté plainte

Elle avait quitté son compagnon quelques semaines plus tôt, terrifiée par son comportement. Elle en avait parlé à ses amies, mais jamais à la police. Ce dimanche-là, en Italie, cette peur sourde s’est transformée en cauchemar absolu, filmé en direct par un appel au 112 qui allait durer vingt minutes.
Une rupture qui vire à l’obsession
Mi-août, Lorena Isceri décide de quitter Federico Vella après avoir découvert un possible adultère. Le couple vivait près de Florence, en Italie. La rupture ne calme rien : au contraire, elle déclenche chez le trentenaire une avalanche d’appels et de tentatives de reconquête que Lorena juge de plus en plus inquiétantes.
Elle confie ses craintes à plusieurs amies. Le comportement de son ex-compagnon lui semble anormal, presque obsessionnel. Un scénario qui rappelle d’autres drames familiaux glaçants, comme ce triple homicide en Haute-Saône où les signaux avant-coureurs avaient, eux aussi, été minimisés.
Malgré tout, Lorena ne porte jamais plainte. Aucune main courante, aucun signalement officiel. Une décision que beaucoup de victimes prennent, souvent par peur d’aggraver la situation, comme dans cette autre affaire d’une femme de 72 ans retrouvée morte, ligotée à son domicile dans le Nord.
Vingt minutes au téléphone pour tenter de survivre
Dimanche 6 septembre, Lorena rentre du travail. Dans le parking de sa résidence, Federico Vella l’attend, embusqué. Dès que le SUV pénètre dans le garage, il s’introduit dans le véhicule, la frappe, puis lui immobilise les poignets et les chevilles avec des colliers de serrage avant de l’enfermer dans le coffre.
Malgré la panique et ses liens, Lorena parvient à récupérer son téléphone resté dans son sac. Elle prévient d’abord un ami, puis compose le 112. « Il m’a enlevée. Il va me tuer », lance-t-elle. La ligne reste ouverte pendant vingt minutes, le temps que les policiers tentent de localiser l’appel, un peu à la manière du procès de Lindsay Clancy aux États-Unis, où chaque minute de retard avait pesé lourd.
Pendant ce temps, le SUV file vers le viaduc de Barberino di Mugello, sur l’autoroute A1. Un automobiliste aperçoit Federico Vella immobile sur l’ouvrage et alerte immédiatement les forces de l’ordre, qui convergent en urgence vers les lieux.

Le message final et le suicide du bourreau
Comme l’a annoncé Le Corriere della Sera, lorsque les policiers arrivent sur le viaduc, Lorena est déjà morte, projetée par-dessus la barrière. Federico Vella, lui, se tient encore sur les lieux : une négociation de quarante minutes s’engage aussitôt avec les autorités.
À 15h10, il écrit à la mère de Lorena : « Lorena est morte ». Il appelle ensuite sa propre mère, qui prévient elle-même les secours en larmes : « Mon fils m’a appelé et m’a dit qu’il avait tué son ex-fiancée ». Malgré les tentatives des policiers pour le convaincre de renoncer, Federico Vella se jette à son tour du haut du viaduc.
Les enquêteurs estiment que l’enlèvement et le meurtre étaient prémédités. Le trentenaire, suivi par un psychiatre, avait publié peu avant sur les réseaux sociaux une story au message sombre : « Adieu à tous ». Un signal de plus que personne n’avait su interpréter à temps.
Une peur tue, un appel désespéré, un viaduc : l’histoire de Lorena Isceri résume à elle seule le silence qui entoure trop souvent les violences conjugales. Combien d’autres femmes hésitent encore, aujourd’hui, à franchir le pas d’un commissariat ?