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20 ans de mystère autour d’une femme retrouvée dans un tonneau : son mari de 78 ans avoue enfin le double meurtre

Publié par Cassandre le 24 Juin 2026 à 15:02
20 ans de mystère autour d'une femme retrouvée dans un tonneau : son mari de 78 ans avoue enfin le double meurtre
Tonneau en plastique abandonné au bord d'un chemin forestier brumeux

En 2005, un cadavre démembré est découvert dans un tonneau en plastique au bord d’une route forestière de Moselle. Pendant 20 ans, personne ne sait qui est cette femme. L’ADN, la patience des enquêteurs et un vieil homme de 78 ans viennent de refermer l’une des affaires les plus glaçantes du quart de siècle.

7 janvier 2005, Saint-Quirin : la macabre découverte qui a hanté la Moselle

Ce jour-là, sur une route forestière de Saint-Quirin, près de Sarrebourg, des passants tombent sur un tonneau en plastique. Le genre de bidon qu’on utilise pour récupérer l’eau de pluie. Sauf que celui-ci est emballé dans des sacs-poubelles noirs, ficelé avec des cordelettes.

À l’intérieur, un corps de femme portant des lésions d’armes blanches. Le cadavre est démembré. L’horreur est totale, mais le plus cruel reste à venir : personne ne parvient à identifier la victime. Aucun signalement de disparition ne correspond. Aucun proche ne se manifeste.

Selon la fiche Interpol, ce même tonneau avait été repéré mi-octobre 2004, flottant dans la rivière Sarre rouge. Les experts estiment que la victime est morte entre septembre et octobre 2004. L’affaire est baptisée « la femme du tonneau ». Et pendant deux décennies, ce surnom reste la seule chose qu’on sait d’elle.

Les enquêteurs n’ont alors ni nom, ni mobile, ni suspect. Le dossier stagne. Mais il ne dort jamais vraiment. Dans les couloirs de la justice messine, cette affaire hante les esprits. Et un procureur n’a jamais lâché le fil.

20 ans plus tard, l’ADN révèle l’identité d’Hakima Boukerouis — et mène droit à son mari

C’est grâce aux progrès de l’analyse ADN que tout bascule. En recoupant des bases de données génétiques, les enquêteurs finissent par mettre un nom sur la victime : Hakima Boukerouis, née en avril 1970 en Algérie. Un prénom, un visage, une histoire. Après 20 ans dans l’anonymat.

L’identification mène à un homme : Saïd Lalaouna, son époux, lui aussi originaire d’Algérie. Il est interpellé en juin 2025. À 78 ans, il est mis en examen et placé en détention provisoire. Un détail fait froid dans le dos : il avait continué à déclarer sa femme aux impôts bien après sa disparition. Comme si de rien n’était.

Lors de son premier interrogatoire, Lalaouna affirme avoir fait appel à un tiers pour « faire du mal » à Hakima. Mais le 9 juin, lors d’un nouvel interrogatoire, il change de version. Et ce qu’il dit dépasse tout ce que les enquêteurs avaient imaginé.

Le vieil homme reconnaît avoir tué sa femme de ses propres mains. Mais ce n’est pas tout. Il avoue également avoir assassiné son propre fils, né en 1974, issu d’une précédente union. Le mobile invoqué ? Selon le procureur de Metz, David Touvet, Lalaouna justifie ce double meurtre par ce qu’il décrit comme « leur relation adultérine ».

Mains gantées tenant un échantillon ADN en laboratoire

Une nièce complice, un fils disparu : ce que les aveux de Saïd Lalaouna révèlent de plus sombre

L’affaire ne s’arrête pas au seul suspect. Une des nièces de Saïd Lalaouna a été mise en examen pour complicité de meurtre. C’est le suspect lui-même qui l’a « mise en cause pour son implication dans les faits », selon les mots du procureur. Elle est désormais placée sous contrôle judiciaire.

Quant au fils assassiné, son corps n’a, à ce jour, pas été retrouvé. On sait seulement qu’il est né en 1974 et qu’il était issu d’une précédente union de Lalaouna. Le procureur n’a pas communiqué davantage de détails sur les circonstances de ce second meurtre. Ni sur le lieu où le corps pourrait se trouver.

Autre zone d’ombre : après avoir été placé en détention provisoire en 2025, Lalaouna avait été libéré pour raisons médicales. Le procureur n’a pas précisé si, après ses aveux complets du 9 juin, il a été de nouveau incarcéré. À 78 ans, le suspect se retrouve face à la justice pour deux meurtres qu’il a dissimulés pendant plus de vingt ans.

Hakima Boukerouis n’était plus « la femme du tonneau ». Elle avait un nom, une date de naissance, une histoire effacée par celui qui aurait dû la protéger. Le double aveu de Lalaouna ne clôt pas tout : il reste un corps à retrouver, une nièce à juger, et des décennies de silence à comprendre.

Vingt ans pour qu’un tonneau livré par une rivière rende justice à une femme oubliée. Et si c’était l’ADN, bien plus que les aveux, qui avait eu le dernier mot ?

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